Pour Athènes, c’est aussi une formidable opportunité pour se projeter dans
le troisième millénaire. Depuis sa désignation officielle, le 5 septembre 1997,
comme hôte des J.O. 2004, la ville s’est considérablement transformée.
Aujourd’hui encore les préparatifs en cours offrent une vision surréaliste de
la ville : quel que soit l’angle choisi, le regard s’accroche aux centaines
de grues qui hérissent le ciel, les rues sont transpercées de toutes parts,
la circulation - déjà intense - est encore plus compliquée, les sites
archéologiques et les bâtiments néoclassiques se cachent derrière des échafaudages,
certains musées sont fermés, et aucun des horaires officiels affichés n’est
respecté... Bref, la capitale entière est un gigantesque chantier qui ne se
fermera sans doute qu’à l’ultime moment, juste avant le début des épreuves !
Avec ces grands travaux, Athènes prépare ce que le comité d’organisation appelle
« l’héritage olympique ». À commencer par le nouvel aéroport international
Eleftherios Venizelos inauguré en mars 2001, dont la construction (décidée
avant qu’Athènes soit désignée ville olympique et confiée à une société allemande)
a duré de longues années. Tout comme le métro, mis en service en 2000,
dont la construction aura pris près de sept ans. Il faut dire que les travaux
furent régulièrement interrompus, car à chaque nouvelle percée, apparaissaient
des vestiges archéologiques, entraînant un véritable branle-bas de combat au
ministère de la Culture. Mais au final, le résultat est un somptueux ouvrage,
archi-moderne et très efficace. Les deux nouvelles lignes, qui se sont ajoutées
à la ligne de train n° 1 commencée à la fin du XIXe siècle
et qui, depuis les années 1950 relie le port du Pirée à la banlieue nord
et chic de Kifissia, desservent très bien le centre. Dans certaines stations
conçues comme des musées, sont exposés des vestiges trouvés sur place ou des
copies d’antiquités conservées dans les musées nationaux. Ainsi, l’immense station
Syndagma, nœud central du réseau, situé sous la principale place d’Athènes face
au Parlement, ou la station Acropole. À cela s’ajoutent une autoroute, des routes,
une future ligne de tramway entre le centre et Glyfada, au bord de la mer, mais
aussi de nouveaux stades et équipements sportifs, un village olympique... pour
un budget total de travaux de 4,4 milliards d’euros !
Autrefois montrée du doigt comme la ville la plus polluée d’Europe, Athènes
profite de l’occasion pour se refaire une virginité écologique qui se remarque
tant dans les comportements des citoyens que dans la conception de certains
équipements comme le site qui accueillera les épreuves de canoë kayak :
la piste d’atterrissage de l’ancienne base militaire de Schinias a pu être transformée
en bassin sans utiliser de béton. Située au milieu d’un ancien marécage, elle
sera reconvertie en parc national, où la nature et les oiseaux migrateurs reprendront
leurs droits. De même, les appartements du village olympique, construit autour
de l’ancien aqueduc de l’empereur Hadrien découvert à l’occasion des travaux,
deviendront des logements sociaux.