Cuba, une vieille histoire

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Cuba, une vieille histoire

Cuba a dû entrer dans ma tête en 1976, quand j’entretenais de la sympathie pour les comités révolutionnaires. Fidel venait d’être consacré Chef de l’État, le Che n’était pas encore un produit marketing, René Dumont nous parlait d’autogestion tout en critiquant déjà le régime…

Il a fallu 35 ans pour que j’y mette les pieds, avec toute la prudence du voyageur que j’étais devenu vis à vis des pays « trop connus avant d’y être allé ». Je savais que Cuba s’était ouvert au tourisme particulier et que, depuis peu, les Cubains étaient autorisés à coucher à l’hôtel, à vendre et à acheter des voitures et des logements, à faire commerce de leur savoir-faire en matière de cuisine et d’hébergement, à s’improviser commerçants... Bref qu’un petit vent de liberté soufflait sur la Caraïbe.

Loger dans un grand hôtel, même les pieds dans l’eau, ne me disait rien du tout. J’avais tout simplement envie de La Havane, de ses alignements de façades décrépites, de ses rues gorgées de couples enamourés et de soirées salsa « caliente », accoudé au comptoir acajou d’un troquet de la vieille ville, le nez dans un mojito.

On m’avait parlé de Cuba l’Africaine, de la Santeria, de la musique omniprésente qui habillait la ville en permanence et de ses peñas endiablées où les danseuses entrent en transe au rythme des congas. Finalement, j’avais envie de parcourir à pied cette ville transpirante et métisse qui fut jadis « le bordel de l’Amérique », pour voir ce qu’elle était devenue.


Texte : Eric Milet. Photo : Eric Milet

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