La capacité d’orientation des
monarques laisse toujours perplexes les scientifiques. On a d’abord pensé qu’ils
se dirigeaient en fonction des ondes magnétiques terrestres, ou qu’ils utilisaient
la position du soleil et les vents. Les hypothèses les plus récentes – et
les plus probables – font état d'une mémoire génétique au mécanisme complexe.
En effet, un même papillon n’accomplit jamais un cycle migratoire complet :
il faut en réalité cinq à six générations, poursuivant au cours d'une même saison
la remontée de l'espèce vers le Nord. C'est la quatrième ou cinquième, parvenue
aux confins du Canada, à la fin de l'été, qui se voit confier la lourde tâche
du retour.
La nature ayant tout prévu, ce papillon-là, plutôt que quelques semaines,
vivra huit à neuf mois. Sur l'arbre même qui vit naître ses trisaïeuls, il donnera
à son tour le jour à une nouvelle génération.