Au centre, Madrid. Tout autour, un vaste plateau ondulant en collines légères, que couvrent ici des champs, là une garrigue ponctuée par endroits de pins. L’hiver, la neige y déroule son blanc manteau. L’été, le pays rissole sous le soleil. Entre les deux, le printemps est merveilleux : soulignant les carrés vert tendre du blé jeune, s’épanchant entre les ceps et les oliviers, les coquelicots s’étendent en tapis invraisemblables. Sur les clochers, les cigognes ont retrouvé leur nid.
À bien y regarder, une chaîne de montagnes, peinant à dépasser les 2 000 mètres, coupe la Castille en deux. Au nord s’étend la Vieille-Castille (l’actuelle Castille-León), la première à avoir été reconquise par les Chrétiens, dès le XIe siècle. Pour marquer les positions, une ligne de castillos (châteaux) la défendit bientôt : ce sont eux qui ont donné son nom à la région.
Au sud, la Nouvelle-Castille (Castille-La Mancha), reprise peu après, conserve l’empreinte de celui qui s’ingéniait à y pourchasser les moulins à vent : Don Quichotte. De part et d’autre, les villes – Tolède, Cuenca, Salamanque, Ségovie (photo)… - témoignent de l’essor fabuleux du Siècle d’Or espagnol. L’architecture y est splendide et les classements à l’Unesco se multiplient comme des petits pains.
Texte : Claude Hervé-Bazin. Photo : Claude Hervé-Bazin
Mise en ligne le 25 mai 2011
Partir en Espagne