Turquie : la Lycie, terre de lumière

Arycanda ou l’harmonie

Arycanda ou l’harmonie
Eric Milet

Oubliée des circuits touristiques, Arycanda (photo), à mi-chemin entre le port de Finike et la petite ville d’Elmalı, cultive l’indolence comme une parure à sa beauté. Lovée au creux d’un cirque montagneux dont elle semble être le prolongement naturel, Arycanda fait aujourd’hui l’objet de fouilles de la part d’un groupe d’archéologues d’Ankara. Pierre après pierre, ils tentent de mettre à jour les témoins de sa prestigieuse histoire.

On ignore encore l’âge exact de cette cité habitée jusqu’au XIe siècle, découverte dans la première moitié du XIXe par l’archéologue britannique Charles Fellows. Le suffixe « anda » atteste d’une appartenance anatolienne. La disposition du site laisse penser qu’il devait être un lieu important dédié au culte solaire. Pour le moment, seules quelques pièces de monnaie datant du Ve siècle avant J.-C. ont permis de remonter le fil de son histoire. On sait qu’Alexandre le Grand y fit étape avec son armée. Au lendemain de la paix d’Apamée (188 avant J.-C.) qui sonna le glas de l’empire séleucide en Méditerranée occidentale et marquant l’éclatement de l’Asie mineure, elle revint à Rhodes. À l’époque romaine, Hadrien y séjourna également.

Il fait bon se balader parmi les murs cyclopéens, les arches, les niches et les tombes, imaginer les statues sur les piédestaux et gravir les marches jusqu’au théâtre admirablement conservé, ou poursuivre encore plus haut vers le stade. Ce site paraît en accord avec la Nature. Est-ce qu’il s’agit des pins ou les fragrances des plantes aromatiques que le vent transporte ? Ici, harmonie n’est pas un vain mot. Sous les grands pins qui déchirent le ciel en lambeaux, toute une épopée défile devant les yeux des visiteurs. Bien plus qu’une escapade « culturelle », la visite du site d’Arycanda est un véritable voyage dans le temps.

L’entrée du site, accessible en voiture de tourisme, coûte 3 livres (1,5 €). Il est combinable avec la visite du site de Limyra, situé un peu au nord de la petite ville de Finike, connue dans toute la Turquie pour ses plantations d’agrumes sous serre, et notamment pour ses oranges. Les plus curieux pousseront vers Elmalı, bourgade de montagne rafraîchie par la brise d’altitude en plein été. Là-haut se déroule chaque année à la fin du mois d’août, le festival Yeşil Yayla qui met en avant la culture régionale. On assiste ici à de nombreux concerts, mais aussi à du théâtre et à l’un des sports rois en Turquie, la lutte.

Texte : Eric Milet

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