Violons tziganes et bougies ? Oui, mais version world !
Même s’ils se font rares, il existe encore quelques
restaurants typiques connus des Budapestois où l’on va déguster des mets relevés
au paprika accompagnés d’orchestres de violons qui vous mettent tous les sens
en éveil. Le Fészek Muvészklub Etterem (Kertész utça 36, 7e arrondissement),
jadis un lieu d’animation et de rencontres pendant les années du socialisme,
est devenu un resto-club où les véritables musiciens tziganes jouent de la musique
live, pas romantique ou pleurnicharde pour un sou, les bougies en moins, le
talent en plus.
Dans un registre plus contemporain, le label hongrois
Fono Records s’est engagé, il y a cinq ans déjà, dans l’enregistrement, la distribution
et la production des groupes de musique folklorique de toutes les régions de
la Hongrie, voire des Carpates et des Balkans, ainsi que des groupes « fusion »
qui explorent des registres aussi divers que la musique de Transylvanie ou des
chants de Bulgarie mélangés au rock, au blues, au jazz ou à la country irlandaise.
Aujourd’hui, plus de cent disques de ce genre de « world music » ont
été enregistrés dans leurs propres studios (qui doit sa notoriété, entre autres,
aux films de Kusturiça). Parmi les titres produits par cette maison de disques
alternative (que l’on peut écouter dans la borne interactive de leur café-boutique-salle
de concert) figurent des groupes comme Baba Yaga, Ghymes, Dresch Quartett, Szilvasi
Gipsy Folk Band, Besh o droM ou la Boban Markovic Orkestar. Fono Records a aussi
réédité en trois CD-Rom la collection de musique folklorique « Pátria »,
une compilation lancée dans les années trente par des maîtres comme Bartok,
Kodaly et Ortutay. Ils s’efforcent également à enregistrer les titres des vieilles
bandes villageoises des Carpates avant qu’elles ne disparaissent (un peu la
même démarche que celle de Ry Cooder avec les musiciens cubains de Buena Vista)
et ont déjà édité plus de 45 CD dans leur collection « New Pátria ».
Leur « complexe multiculturel » est ouvert tous les jours de 10 h
à minuit et – ô bonheur – ils organisent des concerts et des spectacles
de danse tous les soirs à partir de 21 h dans l’une des trois salles, dont
la plus grande a une capacité d’accueil de trois cents places. Les prix des
entrées oscillent entre les 300 et les 1 000 forints (soit 1,22 €
et 4,07 €). L’adresse de Fono Records à Buda est Sztregova utça 3,
et leur téléphone est le (+36-1) 203-1751, ou www.fonorecords.hu
pour consulter le programme du mois. L’endroit est un peu excentré, mais on
arrive en une vingtaine de minutes par le tram 47 que l’on prend soit à
la place Deak Ter à Pest ou à la place Moricz Zsigmond Korter à Buda, descendre
à l’arrêt Hengermalom utça, puis première rue à gauche. Le tram s’arrête à 23 h,
mais les bus de nuit prennent la relève. Pas de panique, l’endroit est résidentiel
et sûr. Les moins farouches pourront toujours aller prendre un café, écouter
ou acheter un CD et même rejoindre l’un des cours de danses folkloriques qui
ont lieu pendant la journée.
Le Kultiplex est le dernier né des projets culturels budapestois incluant les
concerts en salle, une terrasse et un cinéma de plein air. Ouvert début mai 2002
et situé dans la rue Kiniszi utça 28, derrière le musée des Arts Décoratifs
(métro Ferenc körut), ce projet a germé dans la tête du créateur de Tilos (traduisez :
interdit), la radio pirate de Budapest, qui a décidé de lancer son propre espace
culturel où se produisent des bandes hongroises et étrangères. Au bar, les consommations
ne sont pas chères et les grillades sont bonnes tout comme les salades. Consultez
le programme sur le dépliant gratuit Pesti Est disponible dans tous les bars
ou sur leur site web www.tilos.hu