Abdellatif Aït Ben Abdallah, l’un
des rares Marocains à s’intéresser à ce patrimoine architectural que sont les
riads, est, lui, aux antipodes de ces agitations mercantiles. Pour ce jeune
autodidacte, avant d’être un business, les riads sont un art de vivre à sauvegarder.
Depuis douze ans qu’il sillonne la médina de Marrakech, il a visité plus de
six mille maisons et a participé à une bonne trentaine de restaurations dans
le respect de l’architecture d’origine en utilisant les matériaux traditionnels.
Il explique le désintérêt de ses congénères pour la médina : « Après
le protectorat français, les gens ont commencé à quitter la médina pour aller
habiter dans la ville nouvelle, suivant la mode occidentale. Ce sont les familles
modestes qui sont restées dans la médina. Quand on rencontrait une jeune fille,
on n’osait même pas dire qu’on habitait la médina. C’était de la terre, les
gens étaient éblouis par le béton armé. Depuis cet engouement, pour les riads,
quelques Marocains reviennent aujourd’hui dans la médina. »