Dans cette enquête perpétuelle, on traverse tout Paris. Où est enterré le dernier chien de Marie-Antoinette ? Sur la pelouse de l’hôtel de Seignelay, dans le 7e. On aperçoit la petite plaque claire depuis les grilles du quai Anatole-France. Coco (1792-1814), un bichon, fut la dernière consolation de la famille royale enfermée au Temple. De même pour Louis XVII (1785-1795), espoir des Royalistes : lorsqu’en 1894, on exhuma la dépouille de l’enfant du Temple de la modeste tombe sise dans la cour de l’église Sainte-Marguerite (9e arrondissement), on s’aperçut de l’erreur.
Autre méli-mélo que celui des corps entassés sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Dans la précipitation du convoi funèbre de 1840, en mémoire des Trois Glorieuses, on mélangea les dépouilles des combattants de 1830 et quelques ossements de momies égyptiennes, en réserve de la campagne de Bonaparte.
Autre casse-tête, celui des restes de Léon Gambetta (1838-1882) : ce héros national fut disséqué après sa mort et chacun des amis docteurs emportèrent « un souvenir »… Seul le cœur du grand homme est exposé dans une urne située dans la crypte du Panthéon.
Mieux, le père Magloire, alias François-Éloy Bègue (1750-1837) n’a pas craint, lors de ses beuveries, de se faire passer pour le secrétaire de Robespierre, comme il est gravé au cimetière de Charonne (20e arrondissement). Des vols et disparitions de bustes et de statues, il n’en manque pas !