Face au Trocadéro, le petit cimetière de Passy est bien fréquenté. La magnifique grille d’entrée et le pavillon d’accueil art déco de l’architecte Berger (1934), sont dans le ton. La rampe d’accès longe les virilités musclées de la tombe Dupont où « tout est bon » (1888-1970, 13° div.) et les détails des meubles d’Émile-Jacques Ruhlmann (1879-1933, 13° div.) gravés dans le bas-relief de son monument. Un mausolée, que dire, un panthéon s’élève en l’honneur de l’artiste ukrainienne Marie Bashkirtseff (1858-1884, 11° div.), qui avait peur d’être oubliée ! N’oubliez donc pas de regarder, par la porte, son atelier reconstitué.
Proche de Fernandel (1903-1971, 1° divi.), ou plutôt le « Fernand d’Elle » comme l’appelait sa belle-mère, se trouvent les tombes des aviateurs. Henri Farman (1874-1958, 10° div.) sur son manche à balai, Dieudonné Costes (notre photo) (1892-1973, 2° div.) avec un avion Bréguet au-dessus de la traversée de l’Atlantique nord, son associé Maurice Bellonte (1896-1984) et Marcel Dassault (1892-1986), racontent l’histoire de l’aviation.
Se dirigeant vers l’extrémité assez sombre du cimetière, il faut s’engager à travers les hauts mausolées noircis par le temps — brrr… — pour repérer en hauteur un angelot appuyé sur un crâne, près du tombeau pharaonique de la famille Madrenas y Sartorres (15 ° div.). Cette œuvre remarquable a fait couler beaucoup d’encre et l’ambiance « Halloween » est garantie. Les chats du quartier apprécient.
Texte : Anne-Marie Minvielle. Photo : Anne-Marie Minvielle
Partir à Paris