Châsses et reliquaires précieux, mages guérisseurs, sont l’objet de tous les espoirs. Il suffit d’y croire. Ainsi, n’hésitez pas à pousser la porte de la discrète chapelle des Lazaristes, près du Bon Marché. Dès l’entrée, une silhouette scintillante semble planer dans les hauteurs du chœur. 130 kilos d’argent furent nécessaires pour réaliser cette magnifique châsse que l’on atteint par un petit escalier. La statue en cire recouvre la dépouille de saint Vincent de Paul (1581-1660), protecteur des pauvres. L’histoire raconte que l’orfèvre Charles-Nicolas Oudot mit à l’abri son chef-d’œuvre lors de la révolution de 1830. Le calme rétabli, il réclama des intérêts et ne rendit son trésor qu’au bout de quatre ans…
Autre châsse précieuse, celle de sainte Geneviève (422-502), patronne de Paris, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, voisine du Panthéon. Le pape Jean XXIII vint même s’agenouiller devant ces reliques qui attiraient la population de la capitale, lors des processions médiévales.
Dans un autre genre, les tombeaux peuvent, eux aussi, guérir les croyants. Celui du mage Joséphin Péladan (notre photo) (1858-1918, 6° div.), au cimetière des Batignolles (17e arrondissement), conserve encore sa mosaïque multicolore, à quelques mètres du tombeau de Paul Verlaine (1844-189611° div.). Ce Sâr rosicrucien extravagant connut un succès retentissant auprès des Symbolistes. Autre guérisseur, le zouave Henri Jacob (1829-1913), bon enfant, vous attend au cimetière de Gentilly, à l’ombre du stade Charléty (13e arrondissement). Touchez au buste de cet hypnotiseur, et vous serez comblé… paraît-il.