À moins de trois quarts d’heure en hydroglisseur de Naples, Ischia, avec ses airs de belle alanguie, a tout du petit paradis balnéaire où il fait bon être en villégiature. Cette île invite à la nonchalance, en un contraste flagrant avec l’agitation perpétuelle napolitaine. Nul ne pourrait imaginer que la placide Ischia est née d’une éruption volcanique. Pourtant, à bien y regarder, sa forme de chapeau pointu, les pentes raides de ses collines, ses routes en lacets, ses cultures étagées lui donnent un air de famille avec Madère, autre île volcanique. Mais Ischia est plus douce que sa consœur atlantique : son point culminant, le monte Epomeo (un volcan éteint) ne dépasse pas les 788 mètres. On peut d’ailleurs facilement y accéder après une petite promenade d’une heure depuis le village de Fontana. De là, le panorama sur le golfe de Naples est bien entendu superbe.
La lave sous Ischia est toutefois loin d’être éteinte. L’île doit même une fière chandelle à ses origines volcaniques. Sur une superficie d’à peine 47 km², elle possède l’un des patrimoines thermaux les plus riches au monde : 29 bassins, des centaines de sources, des fumerolles que l’on retrouve dans bon nombre d’endroits dont la plage de Maronti où l’eau est chaude toute l’année ! Depuis les Romains, Ischia est réputée pour ses eaux salines, alcalines et sulfureuses aux vertus relaxantes ou thérapeutiques.
Situés à deux pas de la mer, entre la plage et les collines, nichés dans des jardins fleuris, les parcs thermaux de l’île sont exceptionnels. On s’y baigne dans des piscines naturelles d’eau chaude, en plein air, sous le ciel de la Méditerranée. Magique ! La liste des V.I.P. qui ont fréquenté l’île, de Goethe à Elizabeth Taylor en passant par Lamartine et Garibaldi, est d’ailleurs impressionnante. Luchino Visconti, le réalisateur de Mort à Venise, y acheta une villa, tout comme l’éditeur Angelo Rizzoli. Leurs propriétés ont été transformées en musée et en centre culturel.