On prendra bien garde, néanmoins, d’éviter la porte de Damas. La place et le
marché qui lui font face figurent en effet parmi les lieux les plus sensibles
en ce moment. Dans les ruelles étroites où ne se promènent plus que de rares
courageux, pas de problème. Vous ne risquez rien de plus que de vous faire arnaquer
par des marchands. Les commerçants, las d’attendre le chaland, se montrent en
effet de plus en plus entreprenants. Ils n’hésitent plus à agripper la manche
des passants pour les faire pénétrer dans leurs échoppes obscures. Tristes boutiques
où se côtoient, outre les articles religieux et les babioles bon marché traditionnelles,
des T-shirts de mauvais goût portant l’inscription « I survived Jerusalem ».
C’est sans crainte que vous pourrez visiter le Saint-Sépulcre ou suivre le tracé
de la Via Dolorosa. Restez tout de même vigilant. Si un cordon policier vous
barre le chemin, ne tentez pas de forcer le passage. Là où vous seriez simplement
verbalisé en France, n’oubliez jamais que vous risquez un peu plus ici !
Depuis l’interception du navire « Karine A » dans les eaux de la mer
Rouge, en décembre, et la saisie de la cargaison d'armes lourdes destinées à
équiper les mouvements armés palestiniens, les soldats israéliens ont en effet
reçu des consignes très strictes. Le pays est en quasi-état de guerre. Et l’on
ne plaisante pas avec Tsahal ! Inutile de préciser que l’extrême volatilité
peut conduire à tous les débordements. Dès que les commerçants baissent leurs
rideaux métalliques (surtout en pleine journée), dépêchez-vous de rentrer à
l’hôtel. C’est sûrement que quelque chose se trame. Ne vous risquez pas non
plus la nuit dans les quartiers de la Vieille Ville. Des échauffourées peuvent
survenir à tout instant. Renoncez enfin à une visite du mont des Oliviers où
est situé le tombeau de la Vierge. Isolé, l’endroit peut également se révéler
dangereux.
Ne paniquez cependant pas si vous
entendez retentir la sirène municipale le vendredi soir. Elle indique simplement
le début de shabbat. La vie suit son cours. Après plusieurs heures passées dans
les rues, vous verrez que les Israéliens mènent leurs affaires comme si de rien
n’était. Et font même la fête ! Comme dans le quartier russe, dans ces
bars de nuit qui se sont multipliés depuis cinq ans, à deux pas du quartier
orthodoxe de Mea Shearim. Ou encore dans les cafés de King David. Nous ne saurions
néanmoins trop vous conseiller d’éviter de vous installer en terrasse, ni trop
près de la porte d’entrée. Les attentats-suicides sont malheureusement une triste
réalité. Sans doute des policiers en civil veillent-ils sur votre sécurité.
Mais ne vous risquez pas non plus sur les marchés. Essayez de contourner ces
endroits. Ce n’est, là encore, pas de la paranoïa de notre part mais une mesure
élémentaire de prudence.