À l’épicentre du conflit ? Jérusalem ! Le berceau des trois religions
monothéistes est en première ligne. Bilan provisoire depuis le début de la deuxième
Intifada, en septembre 2000 : plus de 1 200 morts.
Après une série d’attentats particulièrement meurtriers, en début d’année (dont
deux commis à trois jours d’intervalle dans le secteur commerçant de Ben Yehuda),
le dispositif de sécurité israélien autour de la rue de Jaffa a été renforcé.
Le quartier arabe, à l’est de la ville, est littéralement encerclé par les militaires.
Après avoir approuvé le principe du plan dit « d'enveloppement de Jérusalem »
présenté par le ministre de la Sécurité intérieure, Uzi Landau, fin janvier,
Ariel Sharon a donné l’ordre à cinq compagnies de gardes-frontières de se déployer
à la limite des quartiers juifs et arabes. Il a également annoncé qu’il envisageait
de construire un mur de 11 kilomètres de long, séparant les deux communautés !
Difficile, dans ces conditions, de passer d’un secteur de la ville à l’autre.
L’esplanade des mosquées est complètement bouclée. On n’approche plus d’Al Aqsa !
C’est de loin qu’il faut désormais admirer le dôme doré qui abrite le Rocher
d’Abraham. Jérusalem-Est, témoin d’accrochages quasi-quotidiens entre jeunes
lanceurs de pierre palestiniens et forces de l’ordre, demeure plus que jamais
déconseillée aux promeneurs. Sans doute la situation n’y est-elle pas aussi
dramatique qu’à Gaza ou à Ramallah, mais la prudence commande d’éviter l’ensemble
de ces « territoires ». Inutile donc de rêver découvrir la campagne
verdoyante de Cisjordanie. Depuis l’attentat suicide du 19 février dernier,
la zone est entièrement bouclée par les tankistes israéliens.
La ville sainte des trois grands monothéismes, bien
qu’au cœur du conflit, n’a jamais été aussi belle. Et la vieille cité, qui englobe
quartiers arabes, juifs et chrétiens n’a paradoxalement jamais été aussi sûre
que ces jours-ci. Cernée par l’impressionnante muraille de Soliman, la capitale
du royaume de David a pris de faux airs de forteresse. Le déploiement policier
y est impressionnant. Des commandos armés gardent chacune des portes de pierre.
Et l’on croise beaucoup de militaires dans les rues étroites du plus vieux souk
du monde.