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Semana santa, fiesta en Sevilla


Du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, donc du 16 au 23 mars en 2008, toute l’Espagne est en fête. C’est à Séville que la tradition de la Semaine sainte est la plus forte : pas moins de 52 confréries et des milliers de visiteurs déambulent au rythme des processions vénérant, chantant, pleurant les reproductions de la Vierge et de Jésus-Christ. Une semaine où Séville se fait religieuse et enflammée, où elle devient piétonne et sent bon la fleur d’oranger. Un véritable enchantement pour le voyageur, mais aussi un authentique bain de foule…



Le défilé de la Passion


Musique, saeta et déguisements


La Madrugada et les moments phares


Informations pratiques

:: Le défilé de la Passion


Pour bien comprendre l’importance et la grandeur de la Semaine sainte, sachez qu’elle est en Espagne une symbiose entre l’art, la spiritualité et la passion. Le pays, culturellement très catholique, vit cette semaine avec une grande ferveur religieuse. La Semaine sainte évoque bien sûr la Passion du Christ en route vers la crucifixion mais aussi la Passion des Espagnols envers le Christ et la Vierge Marie.
La tradition des processions, qui perdure aujourd’hui, remonte au XVIe siècle. À l'époque, l’Église désirait accroître la foi du peuple. C’est pourquoi elle imagina le rapprocher du mystère de la Passion de Jésus, en lui faisant physiquement revivre son chemin de croix. Aujourd’hui encore, à l'occasion de la Semana santa, le peuple espagnol continue d’incarner nazaréens et pénitents avec somptuosité, pathétisme, douleur et résignation.


:: Musique, saeta et déguisements


Sachez que tous les matins, au cours de la Semaine sainte, les frères sortent en tenue de procession et rejoignent leur confrérie. Les défilés débutent entre 13 et 19 h, selon les confréries, et se terminent parfois tard dans la nuit. Des sorties des différentes paroisses à la cathédrale, point ultime de leur parcours, les frères marchent au son des tambours, des clairons et des typiques et enivrantes saetas (court flamenco chanté par les femmes du haut de leur balcon).
Les processions sont de véritables scènes théâtrales avec musique, tableaux et acteurs. Des membres de chaque confrérie portent deux pasos (plates-formes de bois richement ornées). Le premier paso représente une scène de la Passion du Christ, le second est consacré à la Vierge. Parmi les autres figures marquantes des défilés, il y a les Nazaréens, les fameux pénitents vêtus d’une tunique et d’un capuchon symbolisant la couronne d’épine portée par Jésus.
Pour la petite histoire, les capuchons permettaient autrefois aux pénitents de s’infliger des châtiments physiques pour se purger de leurs péchés sans être reconnus (la pénitence étant relative à la gravité du péché). N’ayez crainte, si les déguisements sont restés, la coutume n’a plus cours aujourd’hui.


:: La Madrugada et les moments phares


Si vous avez décidé d'aller à Séville à cette période, sachez qu'il y a des choses à savoir et des curiosités à ne pas rater pour bien en profiter… D’abord, les festivités à ne pas manquer se déroulent le dimanche des Rameaux (le 16 mars), les jeudi et vendredi saints, (d’ailleurs fériés en Espagne) et particulièrement à la madrugada, (l’aube), en fait la nuit entre ces deux jours. C’est la nuit « des grands contrastes et de toutes les sensations ». C’est là que vous verrez la Esperanza de Triana, el Señor de Gran Poder et la Macarena, les statues les plus vénérées. C’est là que la fièvre et le mystère de la passion envahissent les rues. Les autres jours, la ville est plus calme, les plus sensibles pourront ainsi éviter les bullas, mouvements de foule autour des pasos.
Enfin, même si vous n'aimez pas les bondieuseries, il faut vous rendre à Séville pour assister à l'incroyable ferveur qui s'empare de la ville. En marge des processions, c'est la fête ! Des tables de banquet sont dressées dans les rues, où l'on déguste des spécialités andalouses comme les torrijas (pain perdu) et les flamenquines (boulettes de veau). En fait, cette fête sacrée et spirituelle ne fait pas perdre aux Sévillans leur goût très prononcé des nourritures terrestres : tant mieux !

Gaëlle Neau
Photo : © Office espagnol du tourisme
Mise en ligne le 14 mars 2008

Informations pratiques


À voir
- Entre autres processions, la confrérie de la Amargura, ou du Silence blanc, qui doit son nom à la première madone couronnée. Sa marche est considérée comme l’hymne de la Semaine sainte.
- El Amor ouvre la scène avec des enfants, l’amour est représenté dans un paso où un pélican s’ouvre le poitrail d’un coup de bec pour donner à manger à ses bambins.
- La Candelaria, très typique : elle s’égare la nuit au son des clochettes dans les jardins de Murillo.
- Los Panaderos, pour sa Vierge illuminée par des chandelles.
- Los Negritos, dont la particularité est de défiler pieds nus.
- La Mortaja, qui avance au son de multiples sonnettes aux tintements différents.

Un dernier conseil et avis aux respectueux voyageurs, les processions de la Semaine sainte sont un réel moment d’émotion qui serait fortement perturbé par… une stridente sonnerie de portable.

Où se renseigner ?
Programme et itinéraire
- Sur place, le programme est dans tous les journaux, ainsi que dans des livrets gratuits (ou payants, pour certains).
- Office du tourisme : avenida de la Constitucion, 21B. Tél. : 954-22-14-04




 


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