:: Une invitation à partager
Même si Sainte-Bernadette est la patronne de l’église des Grands Fonds, elle
n’a rien à voir avec la fête même. Il ne s'agit donc pas d'une fête religieuse,
mais profane. C’est une fête familiale, traditionnelle, populaire et conviviale.
Familiale, parce qu'à l'origine les gens allaient se rendre visite d'une maison
à l'autre. Les parents, les enfants et les cousins se recevaient, passant des
heures et des heures à discuter, à palabrer, à jouer, à manger, à rigoler, à
faire la fête, au rythme indolent des tropiques. Autrefois, pour marquer le
début de la fête, un porc était tué.
Populaire, parce que n'importe qui y participe, quelle que soit sa classe sociale.
Traditionnelle, parce qu’elle n'a pas été inventée par l'industrie touristique.
Conviviale, parce qu'elle crée du lien social entre les êtres.
Aujourd'hui, la fête se perpétue : elle a lieu chaque année, autour du
premier de l'an. « Elle est un peu moins conviviale qu'avant, mais l'esprit
demeure », précise Christian Baptiste, organisateur de la fête et chef
du cabinet à la mairie de Sainte-Anne.
Cette fête offre aussi l’occasion de découvrir une succession de paysages de
collines et de petites vallées verdoyantes et fertiles, où poussent des bananiers,
des manguiers, des papayers, des caramboliers, toute la flore tropicale qui
fait la richesse de l’île.
:: Bêtes de concours et convivialité tropicale
Le 29 décembre, le programme prévoit plusieurs concours. Un concours de
bœufs tirant de force où des attelages doivent accomplir un parcours chronométré
en pente raide sur des courtes distances. Ils portent une charge de 1 440 ou
de 1 680 kg et le charretier n'a droit qu'à douze coups de fouets
maximum. Le gagnant est celui qui va le plus vite. Un concours de la plus belle
vache est également prévu. Les vaches furent introduites en Guadeloupe au XVe siècle
par les premiers navigateurs espagnols. Et le plus beau bouc est également l’objet
d’un concours. Héritage d'une lointaine Afrique ?
Le soir, on écoute des contes. Les sportifs peuvent suivre des courses cyclistes
par monts et par vaux, le relief se prêtant au vélo.
Le moment fort de la fête est le jour du 1er janvier :
les habitants des « sections » se reçoivent dans la bonne humeur,
sans rendez-vous. Les sections ? Ce sont les différents quartiers, hameaux
ruraux qui composent la commune (celle-ci est très étendue). Les noms de certaines
sections sont très poétiques : Montchéry, Morne à Choute, Belle Hôtesse,
Beaumanoir, Bois Plaisir. D'autres moins : Calvaire, Coma ou Molasse. On
va chez qui on veut, quand on veut. On peut arriver les mains vides, mais c'est
mieux d'apporter quelque chose. Une façon de retrouver la simplicité humaine
et la douceur de la Guadeloupe d'avant le boom touristique. Nostalgie !
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