:: Une France contemporaine
Le Brésil voit les choses en grand : au cours des prochains mois, des centaines d’expositions, de concerts, de spectacles, de cycles de cinéma, de conférences, de colloques et de débats célèbreront la France et l’amitié franco-brésilienne.
Les 646 projets labélisés par les commissariats français et brésilien ont reçu des financements des deux gouvernements et des entreprises privées. L’objectif : faire découvrir « une France contemporaine, diverse et ouverte », selon l’appel officiel à candidature.
Les artistes qui seront de la fête représentent la culture française contemporaine, moins connue par les Brésiliens que les grands classiques. Citons, par exemple, la chanteuse Camille (São Paulo), l’artiste multimédia Miguel Chevalier (Brasilia) ou des artistes jazzy : Pierrick Pedron, Manu Codjia, Emile Parisien, Alain Vankenhove, Adrian Iaies, Paulo Montero, Pierre-Alain Goualch et Jarno Kukkonen Present (Recife).
Des expositions rendront hommage à Serge Gainsbourg (São Paulo), à Le Corbusier (Brasilia). D’autres grands noms seront célébrés, comme le cinéaste Chris Marker (Brasilia), le compositeur Michel Legrand (São Paulo, Salvador, Recife...), le couturier Yves Saint-Laurent (Rio de Janeiro) ou le dramaturge Bernard-Marie Koltès (Rio de Janeiro). Et ce ne sont que quelques exemples tirés d’une longue liste.
Le grand concert de clôture des manifestations aura lieu à São Paulo le 15 novembre, jour de la proclamation de la République au Brésil. Gilberto Gil, Lenine et Tom Zé feront partie de la programmation.
La diversité de la culture française n’est pas oubliée par ce grand pays métissé qu’est le Brésil. À São Luís do Maranhão elle fera l’objet d’un grand spectacle de musique française, africaine et caribéenne à l’occasion de l’anniversaire de la ville, le 8 septembre.
À Ouro Preto (du 14 au 20/09), São Paulo (du 21 au 27/09), Recife et Olinda (du 28/09 au 04/10) et Paraty (du 5 au 09/10) le festival Tambour et Tambouille célèbrera cette diversité sous tous ses aspects. Les principales attractions sont les sœurs camerounaises Les « Nubians », le chanteur et compositeur Malien Adama Yalomba et le festival « Table d’hôte », avec des banquets préparés par des cuisinières françaises d’origines variées.
Une édition spéciale du festival Musiques métisses d’Angoulême sera présentée au musée do Ritmo à Salvador pour inaugurer un centre de musiques noires, avec la participation d’artistes africains et bahianais.
Les danseurs de la compagnie de danse Moboye (www.ladanse.com/momboye), issus des grands ballets nationaux d’Afrique, symboliseront le mot « diversité » dans leur création Boyakodah. Ils seront à Rio de Janeiro, São Paulo, Juiz de Fora et Salvador du 2 juin au 1er juillet.
Une grande partie des manifestations de l’année de la France au Brésil s’intègreront à des festivals déjà existants.
À Recife, les 18 et 19 septembre, le festival No Ar Coquetel Molotov, organisé par le magazine musical du même nom, reçoit Sébastien Tellier, François Virot et Zombie Zombie qui joueront avec des musiciens brésiliens. Après, le festival itinérant se rendra à Porto Alegre et São Paulo. Le festival de théâtre Porto Alegre em Cena (www.poaemcena.com.br) accueille, de son côté, les pièces Quartet et Le Grand Inquisiteur mises en scène par Patrice Chéreau.
Gira-França ou, en français, « roule-France » (www.sesc.com.br/palcogiratorio) sera le nom de l’édition spéciale 2009 du plus grand festival d’arts scéniques du Brésil. Il aura lieu jusqu’en novembre aux SESCS (maisons de la Culture) de toutes les capitales du Brésil. Les noms français au programme sont : Cie Boomerang, Vivarium Studio et Cie Käfig, Cie 3.6/3.4. Ils sont seize groupes régionaux du Brésil.
La France est aussi l’invitée d’honneur au Festival Mondial de Cirque (www.festivalmundialdecirco.com.br) qui aura lieu du 19 au 28 juin à Belo Horizonte, avec notamment la traditionnelle fête du « Cabaret du cirque » qui mêle des attractions de cirque à des concerts.
:: Une francophilie de longue date
Cette année de la France au Brésil illustre la longue relation d’amitié entre les deux pays. Les rapports entre la France et le Brésil remontent au XVIe siècle. Avant même la colonisation portugaise, les Français tentèrent de s’installer dans la région de Rio de Janeiro. Des marins vécurent auprès des Indiens, devinrent interprètes et utilisèrent la main-d’œuvre locale pour la coupe du fameux bois rouge pau brasil, qui donna son nom au pays. Une idéalisation réciproque, issue de la forte différence entre les deux civilisations, ne tarda pas à voir le jour.
Au cours des siècles suivants, les Brésiliens ont entretenu de forts liens avec la culture française, reçue fréquemment par l’intermédiaire des Portugais. Dans la chaleur des tropiques, Paris dictait la mode. Les salons littéraires étaient légion. La bourgeoisie lettrée attendait avec impatience les livres d’Alexandre Dumas, d’Eugène Sue et de Balzac. Inspirés par les idées des Lumières, les intellectuels de l’intérieur du pays ont fomenté la conjuration du Minas Gerais, l’« Inconfidencia » menée par le révolutionnaire Tiradentes, qui, bien qu’écrasée, fut le premier pas vers l’indépendance du Brésil.
En 1807, après l’installation de la cour du Portugal en exil à Rio, les artistes français ont eu une grande influence sur la Cidade Maravilhosa qui devint une sorte de capitale culturelle européenne. Par la suite, la France continuera d’influencer fortement tous les domaines de la culture brésilienne, notamment l’avant-garde artistique des années 20 ou même le poète Vinicius de Moraes, qui a écrit parmi les plus belles chansons de la bossa nova. Toutefois, depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont suppplanté la France comme modèle culturel.
Des séminaires et des colloques célèbreront les échanges intellectuels entre les deux pays. Les stéréotypes entre les deux nations sera l’un des thèmes d’un colloque organisé à Rio de Janeiro les 10 et 11 septembre : « Les images de la France et du Brésil : du modèle à la caricature ». Souhaitons que les manifestations de l’année 2009 parviendront à redonner des couleurs à cette vieille amitié...
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