:: La ville la plus cosmopolite du monde
Peter Ustinov, qui ne manquait pas d’esprit, disait de Toronto qu’elle est « une sorte de New York gérée par les Suisses ». Aujourd’hui, il ne reconnaîtrait plus la ville coincée qu’il a connue dans les années 60. Grâce à l’apport des multiples vagues d’immigration qui en ont fait la ville la plus cosmopolite de la planète, Toronto est désormais bien plus proche de New York que de la Suisse. On ne s’y ennuie plus !
Mieux, dans bien des domaines, la Ville-Reine, comme on la nomme au Canada, fait figure de référence : son festival de cinéma compte, avec ceux de Cannes et Venise, parmi les plus importants de la planète ; son Entertainment District accueille, à l’instar de Broadway, les plus grandes comédies musicales ; et son Caribana Festival est l’une des fêtes de rue les plus chaudes d’Amérique du Nord. Et Toronto, c’est également des galeries et des musées parmi les plus importants au Canada, des boutiques de designers et une mosaïque culturelle des plus vibrantes.
Là réside, en effet, le secret de la capitale de l’Ontario. C’est grâce au multiculturalisme que la soporifique ville d’affaires s’est muée peu à peu en métropole à la fois effervescente et cool, en un mot : canadienne. Première richesse culturelle de Toronto : ses quartiers ethniques. Plus de cent communautés venues du monde entier composent les 4,6 millions d’habitants de cette ville à l’image de ce grand pays d’immigration qu’est le Canada.
:: Une mosaïque de cultures
Flâner dans les rues de Toronto (qui signifie « lieu de rencontre » en algonquin) revient à faire un tour de la planète en miniature. En plein centre-ville, Chinatown, qui est le 3e quartier chinois d’Amérique du Nord avec 200 000 personnes, a des airs de Hong Kong. Plus à l’ouest sur College Street, Little Italy et Little Portugal, décorés aux couleurs de leurs origines respectives, regorgent de cafés et d’épiceries typiques où l’on peut déguster un capuccino, des canolli, des pasteis de nata et, bien sûr, de la morue. Et ainsi de suite…
Bref, à Toronto, vous pouvez chiner chinois l’après-midi, commander un campari en italien à l’apéro, dîner grec dans une gargotte qui rappelle la plaka et aller vous déhancher dans des boîtes latino le soir. Ici, tout le monde parle l’anglais avec un accent, si bien que même le touriste peut passer pour un Torontois « pure souche » (c’est-à-dire venu d’ailleurs). Génial, non ? Dernier petit conseil : faites un tour au Kensington Market, marché populaire où toutes les communautés se retrouvent. Coup de foudre assuré.
:: Stars, carnaval et music-hall
Un tel métissage a entraîné une certaine émulation culturelle qui a propulsé Toronto aux premiers rangs d’Amérique du Nord. Tous les ans en septembre, les stars (mais aussi les films d’auteur) se pressent au Toronto International Film Festival (le TIFF) qui sert de plus en plus de rampe de lancement médiatique des films en Amérique du Nord. Et, contrairement à Cannes, les séances sont ici ouvertes au public. Les deux autres grandes manifestations culturelles sont le Toronto Downtown Festival (en juin), où de nombreuses grosses pointures du jazz se produisent sur les scènes et dans les cafés autour de Queen Street West ; et, enfin, le Caribana Festival, le plus grand carnaval antillais d’Amérique du Nord qui s’achève sur une gigantesque parade de rue et un pique-nique géant sur les Toronto Islands, sur le lac Ontario.
Toronto, ce n’est pas que des festivals. Juste après Broadway, la Ville-Reine s’est hissée au premier plan quant à l’offre de spectacles et de comédies musicales. Les salles de l’Entertainment District, à l’instar du Royal Alexandra Theater, mettent à l’affiche des grands shows comme Chorus Line, Mamma Mia, Phantom of the Opera ou Dirty Dancing. Pour les nostalgiques de la langue de Molière, rendez-vous au Théâtre français, du côté de Dundas & Bloor, qui programme de grands classiques ou des pièces québécoises. Enfin, depuis juin 2006, Toronto compte un opéra (le seul au Canada) de 2 000 places : le Four Seasons Centre for the Performing Arts.
:: Mode, design et galeries d'art
Il existe aussi une mode made in Toronto. Pour découvrir les créations des designers locaux, il faut musarder du côté de Queen Street West, la rue « alternative », dans le Art & Design District où boutiques de mode, de meubles design et galeries d’art se succèdent. C’est le SoHo de Toronto, un quartier en ébullition à l’atmosphère jeune et sympa. Une pépinière de talents a été créée, le Toronto Fashion Incubator, pour soutenir et aider les jeunes créateurs de mode.
Enfin, pour les adeptes de la culture avec un grand C, Toronto offre deux grands musées : le Royal Ontario Museum, superbement rénové par l’architecte Daniel Libeskind (à qui l’on doit le Musée Juif de Berlin) qui a imbriqué une structure de cristal au bâtiment central de l’institution. La collection chinoise, parmi les plus grandes du monde, retrace des millénaires d’art d’Extrême-Orient. Ne manquez pas les galeries consacrées aux Premières Nations canadiennes. L’autre grand musée, la Art Gallery of Ontario a fait également peau neuve : consacré aux beaux-arts et réputé pour sa collection de sculptures d’Henry Moore, il rouvrira le 14 novembre totalement rénové par Frank Gehry, l’architecte du Guggenheim de Bilbao, natif lui-même de Toronto.
|