:: L’eau et le développement durable à l'honneur
L’eau, c’est la vie, la phrase est connue. Mais elle peut aussi être la mort, si l’homme ne peut y accéder. L’eau peut attiser les tensions, créer des conflits. Il est nécessaire que les hommes gèrent ensemble ce patrimoine commun, le maîtrisent, le protègent, surtout à l’ère du réchauffement climatique.
L’eau est plus que jamais un enjeu géopolitique crucial. L’exposition internationale de Saragosse célèbre son rôle dans les différentes communautés humaines en sensibilisant le public au développement durable. L’expo Saragosse 2008 présentera, aux quelque sept millions de visiteurs attendus, les expériences innovantes et les avancées technologiques venues du monde entier qui permettent la durabilité des ressources en eau.
:: Physionomie de l'exposition
Situé sur le méandre de Ranillas à l’ouest de la ville de Saragosse, le parc de l’exposition reflète, dans son organisation même, ce souci constant de respect de l’environnement.
Pour accéder à cet ensemble de 25 hectares, le visiteur franchit le fleuve par le tout nouveau pont conçu par l’architecte Zaha Hadid. En forme de glaïeul, il est le seul en Espagne à faire office, en plus de sa fonction de pont, de pavillon. Il renferme trois espaces d’exposition, sur le thème des bonnes pratiques de la gestion de l’eau.
Dans le parc, l’architecture audacieuse des nouveaux bâtiments attire le regard. Ainsi, une tour de l’eau de 76 m de haut, conçue par l’architecte Enrique de Teresa, accueille l’exposition « L’eau pour la vie ». Un aquarium fluvial, le plus grand du monde, abrite plus de 300 espèces issues de la faune caractéristique des fleuves de la planète. Ce parcours naturel conduit le promeneur le long de cinq grands fleuves de la planète : le Nil, l’Amazone, le Mékong, le Darling et l’Èbre.
Parmi les pavillons nouvellement édifiés, citons le pavillon de l’Espagne. Ce dernier est construit selon des critères d’économie énergétique afin de développer un microclimat. Le pavillon français est quant à lui placé sous le thème de la relation primitive qui unit l’eau et l’homme.
Le promeneur peut également se balader au gré de six places, toutes sur les thèmes de l’eau : la soif, les villes d’eau, l’eau extrême, l’eau et l’énergie, l’eau partagée, et les inspirations aquatiques.
Réfléchissant déjà à l’« après-exposition », la ville de Saragosse souhaite reconvertir le parc en un nouvel espace vert. Les bâtiments du parc deviendront un grand parc d’activités de 160 000 m2.
:: Une tribune libre sur le problème de l’eau
Mais l’exposition de Saragosse ne se cantonne pas à une architecture innovante. Il s’agit aussi de favoriser le dialogue interculturel pour trouver des solutions en matière d’eau et de développement durable. La création d’une tribune libre a paru nécessaire. Elle s’enrichira chaque jour d’exercices de réflexion, de débats et de recherche de solutions. Plus de deux mille spécialistes se relayeront. Scientifiques, techniciens, gestionnaires, chefs d’entreprise, politiciens, philosophes, universitaires, chercheurs et étudiants participeront aux séances de travail prévues entre 10 h et 16 h.
Chaque semaine aura son thème : l’eau pour la vie, l’eau et l’énergie, l’eau et la production alimentaire, l’eau, la ville et le territoire, l’eau dans l’éducation et la culture…
La tribune libre de l’eau se clôturera le 11 septembre par le Symposium international sur l’eau et le développement durable. Il synthétisera et donnera une plus grande cohérence et signification aux résultats et aux propositions rassemblés. Les pays participants signeront la charte de l’eau, l’objectif étant de faire de Saragosse une référence mondiale dans ce domaine.
L’exposition internationale sur l’eau de Saragosse est aussi le moyen de célébrer l’eau par la musique ou la danse. N’oublions pas que nous sommes en Espagne, pays où l’art de la fiesta est tous les soirs à l’honneur. Le Palais des congrès réalisé par les architectes Nieto et Sobejana, au profil brisé et irrégulier, peut accueillir 1 500 personnes. Les spectacles, qui y sont prévus, obéiront à deux mots d’ordre : diversité et modernité.
Trois grands spectacles, basés sur le principe fondateur de l’exposition, seront représentés quotidiennement. Iceberg, Une Symphonie poétique visuelle fera partie de la cérémonie d’inauguration avant d’être présenté chaque soir sur la berge du fleuve. Le Réveil du serpent, œuvre du Cirque du Soleil, sera tous les jours à l’affiche. Enfin, le troisième spectacle, L’Homme versant, est conçu par Pichón Baldinu, créateur du groupe argentin De La Guarda.
À ces trois spectacles, s’ajouteront des petits spectacles d’animation, dont certains seront représentés dans le palais des congrès de l’exposition et dans l’auditorium de la ville. Au sein même de l’exposition, et particulièrement dans l’amphithéâtre du fleuve Èbre, une grande programmation culturelle, faite de nombreux spectacle et animations, réjouira les visiteurs à n’importe quel moment du festival.
:: Et pour les enfants...
Nos petites têtes blondes ne sont pas oubliées ! La mascotte officielle de l’exposition « Fluvi » se charge de leur faire découvrir les mystères de l’eau. En effet, Fluvi, au corps semi-transparent et gélatineux, est plutôt bien placé, puisqu’il est un être de l’eau, de la famille des Posis. Il possède le don de nourrir tout ce qu’il touche en rendant les paysages plus agréables.
Fluvi est également la vedette de dessins animés projetés spécialement pour les enfants. Le but de Fluvi est de diffuser des concepts liés à la durabilité et aux bonnes pratiques environnementales afin que les enfants, dès leur plus jeune âge, soient sensibilisés aux problèmes de l’eau et au développement durable. Histoire de bien préparer l’avenir…
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