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Arménie, mon amie : l'année de l’Arménie en France


Jusqu’au 14 juillet 2007, c’est l’année de l’Arménie en France. Plus de 400 manifestations à travers le pays vont nous faire découvrir la vitalité culturelle de ce peuple singulier, dont l’histoire chaotique et tragique est en grande partie marquée par l’exil. De Paris à Marseille, en passant par Toulouse et Lyon, c’est donc le moment de faire connaissance avec l’Arménie et les Arméniens, dont la francophilie remonte au temps des Croisades.



L’Arménie, 27 siècles d’histoire


Quatre cents manifestations pour découvrir ce peuple unique


À voir à Paris


À voir en province


Pour en savoir plus

:: L’Arménie, 27 siècles d’histoire

De l’Arménie, nous n’avons finalement qu’une connaissance sommaire : un grand de la chanson, Charles Aznavour, des cinéastes, Robert Guédiguian et Henri Verneuil, le mythique mont Ararat et le souvenir d’un génocide perpétré par les Turcs en 1915-1916. Et, pourtant, l’histoire de ce petit pays du Caucase, indépendant depuis 1991, remonte au VIIe siècle av. J.-C.. Le peuple arménien fut le premier à adopter le christianisme comme religion officielle en 314, ce qui lui valut bien des ennuis de la part de ses voisins musulmans. Enfin, de par sa position géographique, ce pays, situé sur une zone de passage entre Orient et Occident, a connu une histoire tourmentée. L’horreur a atteint son paroxysme avec les terribles massacres de 1915-1916 et la politique d’éradication systématique mise en œuvre par les Turcs.
Après la fin de l’Empire ottoman, l’Arménie connut sept décennies de glaciation communiste jusqu’à son indépendance. Ce passé chaotique est à l’origine d’une importante diaspora. Sept millions d’Arméniens vivent hors de leur pays, qui compte à peine plus de trois millions d’habitants. En France, près de 500 000 personnes sont d’origine arménienne. C’est l’un des nombreux liens qui nous rendent l’Arménie si attachante. Un pays dont le dernier roi Léon VI de Lusignan est mort en France au XIVe siècle. Son cénotaphe se trouve d’ailleurs à la basilique de Saint-Denis.


:: Quatre cents manifestations pour découvrir ce peuple unique

L’année de l’Arménie en France, intitulée « Arménie, mon amie », va nous permettre, jusqu’au 14 juillet prochain, de découvrir la riche culture de ce peuple au destin singulier, qui a su préserver ses traditions contre vents et marées. Une culture façonnée par trois mille ans d’histoire, dont une grande partie est frappée du sceau de l’exil. Alors que la Turquie, candidate à l’entrée dans l’UE, s’entête à nier le génocide arménien, l’année de l’Arménie a le mérite de mettre en valeur les trésors que cette culture longtemps menacée a su apporter au monde entier.
Les quelque 400 manifestations programmées dans l’Hexagone vont nous présenter toutes les facettes de l’Arménie, des traditions ancestrales aux œuvres les plus contemporaines de la diaspora. De grands musées, comme la fondation Gulbenkian à Lisbonne, ainsi que la plupart des institutions culturelles arméniennes, ont apporté leur concours aux expositions et aux manifestations du festival. Le public français pourra ainsi se familiariser aussi bien avec les khatchkars, ces croix de pierre sculptées typiquement arméniennes, qu’avec les manuscrits du Matenadaran (l’une des plus vieilles bibliothèques du monde), l’expressionnisme abstrait du peintre américain Arshile Gorky ou les films troublants du cinéaste canadien Atom Egoyan, tous deux d’origine arménienne.


:: À voir à Paris

De nombreuses manifestations méritent le détour. À Paris, il ne faudra pas manquer « les douze capitales d’Arménie » à la Conciergerie, une exposition sur le patrimoine architectural du pays à travers trois mille ans d’histoire (du 15 décembre au 18 mars) ; le Louvre accueille, pour sa part, la première exposition consacrée à l’art chrétien arménien depuis la conversion du pays au IVe siècle jusqu’à l’aube du XIXe. On pouura y admirer deux cents œuvres, dont des manuscrits enluminés, des objets d’orfèvrerie ou une trentaine de khatchkars (littéralement croix de pierre), ces imposantes professions de foi gravées dans la pierre (du 17 février au 15 mai). Toujours à Paris, l’Institut du monde arabe dévoilera l’Orient des photographes arméniens (du 19 février au 1er avril), le Centre Georges Pompidou rendra hommage à Arshile Gorky, le maître de l’expressionnisme abstrait américain d’origine arménienne (du 2 avril au 4 juin), et au cinéaste canadien Atom Egoyan, tandis que la Cinémathèque française programmera en avril l’intégrale des films de Rouben Mamoulian.


:: À voir en province

La province ne sera pas épargnée par la vague arménienne, particulièrement Lyon et Marseille, où réside une forte communauté originaire de ce pays. Le mois prochain, de nombreux concerts de chants de Noël arméniens seront donnés dans les églises de la cité phocéenne, où l’on pourra voir aussi, au Musée de la Vieille Charité, l’exposition « Arménie, la magie de l’écrit » consacrée au 1 600e anniversaire de l’alphabet arménien (du 27 avril au 22 juillet). De son côté, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM) consacrera une exposition aux diasporas arméniennes (du 15 avril au 15 septembre). Toujours en Provence, Arles présentera des splendeurs de l’Arménie antique dans l’exposition « Au pied du mont Ararat », tandis que le Musée Grimaldi de Cagnes-sur-Mer s’intéressera aux peintures arméniennes des XIXe et XXe siècles (du 2 décembre au 4 mars).
Le grand cinéaste Serguei Paradjanov fera, de son côté, l’objet de rétrospectives et d’hommages à l’Institut Lumière de Lyon, à la Cinémathèque de Toulouse et au Magic Cinéma de Bobigny. À Valence, le centre du patrimoine arménien scrutera l’immigration arménienne en France du 3 mars au 29 avril avec une exposition et des rencontres. Autre rendez-vous à ne pas manquer : la présentation de splendides pièces d’art liturgique arménien (tentures de chœurs, calices, évangéliaires) provenant du Musée historique d’Erevan et du trésor d’Etchmiadzine (capitale religieuse) au Musée de Fourvière et au Musée des tissus et des arts décoratifs à Lyon (du 22 mars au 15 juillet).
Enfin, parce que l’amitié se forge dès l’enfance, plusieurs centaines d’enfants arméniens francophones seront accueillis pendant une semaine dans des collèges français début mars dans le cadre l’opération « jeunes ambassadeurs pour l’Arménie » : une chouette initiative. Dans quelques mois, vous en serez certainement convaincus : l’Arménie ne se réduit pas, malgré toute l’admiration qu’on lui porte, à Charles Aznavour !

Jean-Philippe Damiani
Photo : © Droits réservés
Mise en ligne le 20 novembre 2006

Pour en savoir plus

L’intégralité du programme d’Arménie, mon amie :
www.culturesfrance.com.
Site d’informations sur l’Arménie : www.netarmenie.com.
Nouvelles d’Arménie : www.armenews.com.
À voir au cinéma Voyage en Arménie de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride et Gérard Meylan (2006) : www.allocine.fr.





 



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