Noël autour du monde


Noël autour du monde

À la veille du retour du Père Noël, Routard.com a mené pour vous une grande enquête sur sa véritable histoire et les coulisses d’une tournée extraordinaire autour de la Terre. L’occasion de s’arrêter sur les particularités locales qu’il rencontre sur son parcours, car les fêtes de Noël ne sont pas célébrées de la même manière partout dans le monde...



La création d’un mythe


Les célébrations catholiques


Les collègues du Père Noël


Que la fête continue !


Pour en savoir plus


:: La création d’un mythe


Malgré sa barbe blanche, le Père Noël passe pour un jeunot au regard du temps qu’il a fallu pour forger sa légende. Noël tel qu’on le célèbre aujourd’hui s’est construit progressivement, par la fusion de la fête chrétienne de la nativité du Christ, le 25 décembre, et du culte voué à Saint-Nicolas le 6 du même mois. La première fut établie au IVe siècle par les autorités religieuses romaines, pour mieux influencer la population qui s’attachait toujours aux rites païens. Leur tactique était fine : elles confondirent volontairement la date de la venue du Sauveur dans le monde et celle du solstice d’hiver, quand les journées se font plus longues, qui était célébré joyeusement chaque année. Le peuple a vite opéré l’amalgame : le 25 décembre est devenu jour de fête chrétienne.
Quant au Père Noël, il s’appelait à l’origine Nicolas. La légende dit que ce saint homme, qui fut évêque de la ville de Myre en Asie mineure au IVe siècle, ressuscita trois enfants qui avaient été mis à saler par un cruel boucher. Depuis le Moyen Âge, quand il a été décrété saint patron des écoliers, on le célèbre chaque année, le jour présumé de sa mort un 6 décembre. Le vieillard à barbe blanche arrive alors sur sa mule, coiffé d’une mitre et une crosse à la main, pour distribuer aux enfants sages des gourmandises. La réforme protestante du XVIe siècle a aboli son culte dans certains pays européens. Mais les colons hollandais qui s’installèrent au Nouveau Monde le siècle suivant emportèrent avec eux cette tradition.

Nos cousins américains se sont chargés de transformer le néerlandais Sinter Klaas (Saint-Nicolas) en Santa Claus, papi jovial, qui sous la plume du pasteur Clement Clarke Moore troque en 1821 la mitre contre un bonnet rouge bien chaud, et remplace sa mule par des rennes plus efficaces pour parcourir de longues distances. Il faut dire que Santa Claus (ou Père Noël pour les francophones) emménage dès 1885, sur les conseils de l’illustrateur Thomas Nast, sous les frimas du pôle Nord, qu’il ne quitte qu’au mois de décembre pour apporter des cadeaux aux enfants sages. Le personnage est désormais au top, et il mène sa promotion avec brio (Coca-Cola utilise son image dans ses campagnes publicitaires à partir de 1931, ce qui assied sa renommée). Tour à tour Saint Nicolas ou Santa Claus, le vieil homme assume sa schizophrénie en débarquant, pour les uns, paré d’atours épiscopaux le 6 décembre et, pour les autres, vêtu de son long manteau rouge le 25, puisque la proximité des deux dates a progressivement entraîné la confusion entre les deux fêtes. Une mécanique bien rôdée, qui lui assure un retour glorieux en Europe, où l’image du Père Noël est vite adoptée...


:: Les célébrations catholiques


Noël est chrétien, même si là où on le fête, les agnostiques y prennent part sans états d’âme ! Cela explique qu’on ne le célèbre pas dans les régions du globe où cette religion n’a pas de prise (pas la peine de chercher un vieillard barbu en Asie ou en Afrique, à moins de tomber sur maître Miyagi, le vénérable entraîneur de Karaté Kid). Dans les pays où Noël est une tradition bien ancrée, son histoire hétéroclite explique aussi qu’on ne « pratique » pas les fêtes partout de la même manière. Pour la majorité des Français, la nuit du 24 décembre est associée, parfois à la messe de minuit, et toujours au passage du Père Noël par la cheminée, pour déposer des cadeaux au pied du sapin qu’on a décoré de guirlandes et de lumière. Le repas du réveillon est copieux, huîtres ou foie gras, dinde aux marrons et bûche glacée. En Provence, on perpétue la tradition des treize desserts : fruits ou confiseries, ils symbolisent sur la table, le Christ et ses douze apôtres. Dans les pays catholiques, on célèbre l’événement de la même manière, parfois avec des particularités locales. En Australie, par exemple, pour le repas de Noël, certains pique-niquent sur la plage, car au mois de décembre, on est en plein été... Au Canada, dans le port de Vancouver, cette période correspond à l’arrivée des mandarines venues d’Orient : le Père Noël accueille chaque année leur première livraison, accompagné de geishas. Au Mexique, les enfants doivent briser à l’aide d’un bâton, les yeux bandés, la piñata, une jarre de terre cuite à forme humaine ou animale, pour récolter des gâteaux à l’intérieur. Il existe tout plein d’autres variantes exotiques !


:: Les collègues du Père Noël


Ne sous-estimons pas la capacité de ses rennes, mais le Père Noël serait bien en peine de faire en une nuit le tour complet des pays chrétiens. C’est pourquoi, dans certaines régions, de sympathiques collègues se chargent de le relayer ! Quelquefois, c’est l’enfant Jésus qui apporte les cadeaux aux enfants, comme au Portugal ou en Allemagne du Sud. On comprendra que, pour des raisons de planning, ils ne peuvent pas tous se déplacer le 25 décembre. Saint-Nicolas continue de visiter les régions de confession protestante, le 6 décembre. En Hollande, en Belgique, dans le nord et l’est de la France, en Allemagne, en Autriche, en Pologne ou en Russie, il arrive à dos d’âne pour récompenser les enfants méritants. Mais attention ! Il est suivi de près par le méchant Père Fouettard, qui se charge de punir ceux qui n’ont pas été sages... À cette occasion, de grandes fêtes et des parades ont lieu : elles sont féeriques à Nancy (le premier dimanche de décembre) ou à Fribourg, en Suisse, ville dont il est le saint patron. En Grèce, c’est Saint-Basile qui débarque le 31 pour distribuer des cadeaux ; au Nouvel An, on confectionne un gâteau, la vassilopita (d’après le nom grec du saint), dans lequel on cache une pièce d’or qui portera bonheur à celui qui la trouve. En Espagne, le 6 janvier, les rois mages reproduisent leur pèlerinage vers l’enfant Jésus lors de grands cortèges dans les villes, pour offrir leurs présents aux bambins. Une recrue féminine complète cette équipe virile, puisqu’en Italie, c’est la vieille sorcière Befana qui se charge le même jour d’apporter sur son balai volant des cadeaux pour les enfants !


:: Que la fête continue !


Les semaines entourant Noël sont prétexte à d’autres célébrations qui annoncent ou suivent cet événement.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, Thanksgiving aux États-Unis n’est pas la version locale de Noël. Le quatrième jeudi du mois de novembre est férié, et les Américains se réunissent en famille, autour d’une bonne dinde rôtie. On commémore le souvenir des pionniers qui, grâce à l’aide des Indiens qu’on n’exterminait pas encore, survécurent au rude hiver de 1620 et fondèrent une colonie prospère. Cette célébration est non religieuse, mais elle donne le coup d’envoi aux festivités de Noël, que l’on prépare pendant tout le mois de décembre.
En Europe, l’Avent sonne comme le compte à rebours, à partir du dimanche le plus proche du 30 novembre, de la naissance du Christ. Dans certaines régions catholiques du Nord et de l’Est (pays scandinaves, Allemagne, Autriche), chacune de ces quatre semaines est symbolisée par une bougie que l’on allume sur une couronne de pin. La tradition du calendrier de l’Avent vient quant à elle de Provence : du 1er au 25 décembre, chaque petite case renferme une image ou un bout de prière...

Les fêtes de Noël se concluent généralement le 6 janvier avec l’Épiphanie, ou jour des rois, qui évoque l’arrivée des rois mages auprès de l’enfant Jésus. C’est l’occasion pour les Français gourmands de déguster, le premier dimanche de janvier, la fameuse galette fourrée à la frangipane dans laquelle on a caché une fève. L’occasion, après un mois de festivités en tout genre autour du monde, de retomber sur une coutume universelle : l’inévitable régime...

Clémentine Bougrat
Photo : © Céline Potard
Mise en ligne le 20 décembre 2005

Pour en savoir plus

Un site très complet sur les fêtes tout au long de l’année ! Vous y trouverez notamment l’histoire de Saint-Nicolas et du Père Noël, mais aussi la manière dont on les célèbre dans le monde : www.joyeuse-fete.com



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