:: Pourquoi lancer un festival en plein désert ?
« Tout déplacement dans le Grand Sud algérien reste déconseillé. »
À la mi-décembre 2004, dans sa rubrique « Conseils aux voyageurs »,
le ministère français des Affaires étrangères persévérait dans les avertissements
alarmistes à l’attention des aspirants à un séjour en Algérie. Le spectre du
terrorisme islamiste puis, l’année dernière, l’enlèvement dans le Sud saharien
d'un groupe de touristes européens, ont durablement imprimé sur l’Algérie une
image de destination à risque.
Pourtant, faut-il le rappeler, le terrorisme est aujourd’hui endigué, à défaut
d’être éradiqué. Et depuis les enlèvements de 2003, des mesures de sécurité
très strictes s’appliquent au tourisme dans le Sahara algérien : impossible
par exemple de s’aventurer dans le désert sans recourir à un guide. À la mi-novembre,
la disparition de cinq touristes allemands a provoqué des sueurs froides aux
autorités algériennes. Quelques jours plus tard, on apprenait que ceux que l’on
croyait enlevés n’étaient en fait que des pillards, qui avaient tenté de se
faire la malle avec une belle collection d’objets archéologiques. Le Sahara
a-t-il plus à craindre de ses visiteurs que ceux-ci ne craignent le Sahara ?
Malgré ces problèmes d’image, le tourisme saharien,
qui séduit particulièrement les marcheurs et les amateurs d’immensités sauvages,
connaît depuis quelque temps un regain d'intérêt timide mais palpable. Selon Le Quotidien
d’Oran du 22 novembre 2004, 4 985 touristes ont visité
le Hoggar ces derniers mois, et l’on en attendait 400 de plus d’ici la
fin de l’année. Ne manquait plus qu’un bon coup de pub, ce que le ministère
algérien du Tourisme et le wilaya [Ndlr : division administrative algérienne, équivalent de nos préfectures] de Tamanrasset espèrent bien se payer en organisant, du 29 décembre
au 1er janvier, le premier festival du tourisme saharien dans
la capitale du Hoggar, carrefour emblématique des tribus nomades
du désert. Un festival voué à devenir annuel et dont le but affiché est la « mise
en valeur des potentialités touristiques des régions sahariennes ». Avec,
au programme, tout ce que le désert a de plus beau à dévoiler.
:: Plongée dans la culture des grands « hommes bleus »
Pendant quatre jours pleins, Tamanrasset va donc
se transformer en vitrine culturelle et touristique du Grand Sud algérien. Dès le 28 décembre, ce ne sont pas moins de 1 400 représentants de 14 wilayat du Sud algérien qui convergeront sur la capitale du Hoggar pour l’inauguration officielle, le lendemain, du festival. Celle-ci sera marquée par une parade de chameaux et des représentations folkloriques. Pour les visiteurs, un tas d’activités gratuites a été concocté afin de découvrir la richesse des traditions locales, l’étendue des possibilités offertes
pour découvrir la région (en deux ou quatre roues, à pied ou à quatre pattes
de chameau...) et, par-dessus tout, l’accueil et l’hospitalité légendaires des
Touaregs. À l’heure où nous rédigeons cet article, nous ne disposons malheureusement
que d’un programme incomplet, mais dont on peut déjà dégager les grandes lignes.
À vous de compléter sur place, en vous renseignant à l’annexe de l’office du tourisme qui sera installée sur la place principale, celle du 1er Novembre.
Commençons par la théorie. Le 29 décembre, une série de conférences et de rencontres aura lieu à la Maison de la culture, en présence de représentants du ministère du Tourisme
et de professionnels du secteur. On y développera notamment le thème du tourisme
durable, un concept essentiel pour permettre à la population locale de recueillir
les fruits du développement touristique de la région. Les visiteurs seront invités à passer à la pratique le 30 lors d’une séance d’apprentissage de montée
à dos de chameau ; on assistera aussi à des courses de camélidés au « chameaudrome »,
mais là, c’est pour les pros ! Sont également programmés des visites guidées
dans les différents quartiers de Tamanrasset ou encore de l’alpinisme sur le
mont Adrien. Enfin, un village saharien sera dressé sur la place du 1er Novembre. On y présentera notamment les tenues
traditionnelles des hommes bleus, les Touaregs enturbannés de leur indispensable
chèche, mais aussi les traditions culinaires ou le très sérieux cérémonial du
thé. Chez les Touaregs, on le boit trois fois : le premier est amer comme
la vie, le deuxième est suave comme l’amour et le troisième doux comme la mort...
Le 31 décembre, ceux qui le souhaitent pourront participer, après s’être inscrits auprès de M. Arouj, de l’agence Tin Misaw, à une excursion organisée jusqu’à l’Assekrem où l’on passera la nuit en campement, après avoir visité le gueltas d’Afilal. Le pique-nique est inclus, mais le transport et l’hébergement seront à la charge des participants. Passer la soirée du nouvel an 2005 en plein cœur du Sahara avant, pourquoi pas, d’enchaîner
avec un circuit en 4x4 à travers les paysages lunaires des tassilis du Hoggar et ses vestiges préhistoriques
gravés sur la roche, voilà de quoi faire des envieux.
Agences de voyages
- En France : Mille et un soleils, 22, rue Richer,
75008 Paris. Tél. : 01-40-60-58-05. Ce jeune T.O. spécialisé sur la
Méditerranée propose quatre beaux circuits dans le Sahara algérien, à partir
de 990 €.
- Sur place : Akar Akar, le pionnier du tourisme à
Tamanrasset. Circuits en 4x4 dans le Hoggar et les tassilis ou balades à dos
de chameau, avec d’excellents guides touaregs. Très sérieux. Tél. : (00-213)
29-34-60-09. Demander notre ami Mokthar. E-mail : akarakartam@hotmail.com.
Internet : www.akar-akar.com.
Excursions à l'Assekrem : Tim Missaw Tours. Tél : (00-213) 29-34-75-16. Mail : arouj@caramail.com.
Où dormir ?
- Camping Assekrem : un peu à l’écart du centre, au pied d’une
montagne. Tél. : (00-213) 29-34-20-92. E-mail : tamtamtours@yahoo.fr.
Tenu par notre ami Sidi Ali Youlansar, qui se plie en quatre pour ses invités.
Bungalows en dur dans un grand jardin. Sanitaires collectifs. Pas cher du tout.
- Campement Dromadaire : quartier Mouflon, au sud de l’hôtel Tahat.
Tél. : (00-213) 29-34-82-52. Cour fleurie. Bungalows bien tenus à 850 DA.
Repas à 350 DA.
- Domaine d’Outoul : à 12 km de la ville. Dans une oasis avec
verger, chèvres et gazelles. Bungalows spacieux, douches collectives avec eau
chaude, feu de camp dans la cour de sable et salon-salle à manger très agréable.
Délicieuse cuisine locale. Environ 25 € la nuit en pension complète.
Où manger ?
- Restaurant Nina : dans le centre, à deux pas de la place principale
(1er Novembre). Une gargote avec terrasse qui ne paye pas de
mine, mais qui propose une bonne cuisine du Niger : grillade d’agneau,
couscous et brochettes. De 50 à 100 DA.
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