:: Des fêtes hautes en couleur
Essayez de rencontrer un habitant de Bayonne en dehors de sa ville natale quand
arrive le premier mercredi d’août. La tâche s’annonce difficile, voire impossible,
et pour cause. Tous les ans depuis 1932, Bayonne devient, l’espace de cinq
jours début août, " la " ville où il faut être si on veut
faire la fête, ou plutôt les fêtes.
Inspirées d’une tradition basque espagnole toute droit venue de Pampelune, les
fêtes de Bayonne annoncent d’entrée de jeu la couleur, les couleurs devrait-on
dire : le rouge (pour le foulard noué autour du cou et la ceinture) et
le blanc (le pantalon, le tee-shirt et les chaussures). Les origines proviennent
des fêtes de Pampelune, durant lesquelles on arbore un foulard rouge en l’honneur
du sang versé par San Fermin, le saint patron de la ville, qui fut égorgé.
La tenue blanche, quant à elle, fut adoptée par les bourgeois pour se distinguer
des paysans, traditionnellement vêtus de costumes sombres. Quant à la ceinture
rouge, elle est là pour tenir les pantalons ! La plupart des magasins et
grandes surfaces vendent l’attirail du parfait festayre pour se fondre
dans la masse. Mais comme la règle veut qu’on soit impeccable chaque soir, il
est conseillé d'acheter plusieurs tenues si l’on souhaite rester plusieurs jours.
Au fil du temps, la ville a développé un certain savoir-faire dans la manière
d’organiser l’événement le plus célèbre et le plus attendu de la région Sud-Ouest.
Des ingrédients incontournables font sa réputation comme les fameuses bandas,
ces groupes de musique qui animent les rues au son des cuivres et des grosses
caisses. Et que seraient les Fêtes de Bayonne sans le roi Léon, le jet des clés
de la ville, les vachettes et les peñas ? Rien ! Les courses
de vachettes - qu’on lâche dans les rues - sont organisées depuis
la première édition des Fêtes de Bayonne. Quant au roi Léon, c'est la marionnette
incontournable qui veille sur les festayres pendant toute la durée des fêtes.
Ce petit personnage est inspiré d’une figure de la vie bayonnaise, Léon Dachary,
réputé à l’époque pour ses frasques. Il est maintenant le héros d’une bande
dessinée de Jean Duverdier.
Autre coutume faisant l’histoire des Fêtes : le jet symbolique des fameuses
clés de la ville. Le maire accompagné d’une personnalité monte au balcon de
la mairie et remet les clés aux habitants, comme pour dire que durant cinq jours,
la ville est à eux. Après Johnny Hallyday, Jean-Jacques Goldman ou Patrick Bruel,
cette année, c’est à l’imitateur Laurent Gerra, qui sera par ailleurs en spectacle
le 5 août dans les arènes, qu’incombera cet honneur. Le jet des clés sera
suivi d’un impressionnant feu d’artifice de sept minutes.
:: Des rendez-vous incontournables
Si le programme ne varie quasiment pas d’une année sur l’autre, il s’enrichit
de nouveautés : pour la première fois, le mercredi 4 août dans la
journée, se déroulera le championnat d’omelette aux piments ! Y a-t-il
des courageux pour relever le défi ? Le lauréat se verra offrir un saladier
en argent et recevra les compliments des plus grands chefs restaurateurs de
la ville. Autre innovation : à l’heure de l’apéritif et en soirée, une
" swing fiesta jazz " animera la rue de Thiers. Le thème
choisi étant la danse, les musiciens devront jouer un jazz festif.
Tous les matins, un défilé arrive jusqu’à la place de la mairie et un orchestre
est chargé de réveiller le roi Léon à midi. L’après-midi, les vaches envahissent
les rues de la ville, et plus particulièrement la place Saint-André. C’est amusant
de les suivre, mais cela peut être dangereux si on est devant elles. Prudence…
En plus des courses, des corridas se déroulent dans les arènes. N’oublions pas
que Bayonne est la première ville taurine de France. Le 7 août, les meilleurs
toreros à cheval (Pablo Hermoso de Mendoza, Sergio Galan et la Française Marie
Sara) montreront au public tout l’art d’un spectacle taurin à part entière.
Chaque fin d'après-midi, vers 19 h des centaines de Basques se rassemblent
place Montaut pour un dantzazpi, danse traditionnelle de la région. Et
le soir venu, les terrasses des restaurants, bars et autres troquets ne désemplissent
pas et l’alcool coule à flot. D’ailleurs, ne pas manquer de goûter un cocktail
" spécial Fêtes ", la Jacqueline, composé de vin blanc,
limonade et grenadine. Un autre breuvage mérite une dégustation : le Kalimutxo(typiquement basque), mélange de vin rouge et de cola. Avis aux amateurs,
mais à consommer avec modération !
Pour les insomniaques ou les inconditionnels du goulot, les peñas ouvrent les
portes de leurs bodegas dès la fermeture des bars classiques et jusqu’au chant
du coq. Il est possible de boire (bière, cidre, vin) et de se restaurer (gras
double, soupe à l’oignon), en compagnie de ces bandes de copains regroupées
en associations.
Les enfants non plus ne sont pas en reste, puisque le jeudi leur est traditionnellement
réservé. Après avoir parcouru les rues de la ville en costume, deux mille têtes
blondes âgées de six à douze ans réveillent le roi Léon. Ils se retrouvent dans
les rues pour une course de taureaux en carton (l'encierro txiki) et
un pique-nique géant.
Autre élément incontournable des Fêtes de Bayonne, le défilé de chars du samedi
soir, appelé corso lumineux. Des chars décorés par des passionnés et associations
se regroupent autour d’un thème et défilent au cœur de la foule, devant un jury
chargé de désigner le plus original. Cette année, les onze chars devront redoubler
d'imagination et de créativité autour du thème " Bayonne et son patrimoine ".
Les Fêtes s'achèveront le dimanche 8 août par un programme très chargé.
Jour du Seigneur oblige, les cloches de l’église Saint-André résonneront à 11 h
pour la traditionnelle messe des bandas. L'après-midi se poursuivra avec la
grande corrida (vers 18 h), pour s’achever à 23 h avec l’énorme feu
d’artifice qui précède, à minuit, la cérémonie de l’enlèvement des foulards.
Chaque année, les milliers de festayres encore présents dénouent leur foulard
rouge, le brandissent et promettent de le renouer l’année d’après !
On peut planter sa tente gratuitement en dehors du centre-ville, par
exemple à côté de la salle Lauga ou sur le terrain du Prissé, légèrement excentré,
mais desservi par le bus.
- Camping de la Chéneraie : en sortant de Bayonne, sur la N117
direction Pau. Bien tenu et ombragé, bon rapport qualité-prix. Emplacement pour
deux : 16 €. Tél. : 05-59-55-01-31. E.mail : la-cheneraie@wanadoo.fr.
- Hôtel Monbar : 24, rue Panneceau. Tél. : 05-59-59-26-80.
Environ 30 € pour une chambre double. L’une des meilleures adresses de
la ville, un havre de tranquillité.
|