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Mais qui fête-t-on ce jour-là ? Il faut savoir que le Belize est un formidable
patchwork ethnique (créoles, mestizos d’origine maya-espagnole, Indiens
kekchis, Chinois, etc.), dont les Garifunas représentent environ 7 % de
la population.
Ces Noirs caraïbes, que l’on retrouve aussi sur les côtes du Guatemala et du
Honduras, sont les descendants d’esclaves africains et d’Indiens caraïbes. Au
XVIe siècle, les survivants des naufrages de négriers espagnols
s’échouèrent sur l’île de Saint-Vincent, où ils se mêlèrent aux Indiens arawaks,
dont ils adoptèrent la langue, la culture, le mode de vie. C’est de ce métissage
que sont nés les Garifunas ou Caraïbes noirs, en comparaison avec les Arawaks,
les Caraïbes rouges. Aujourd’hui, ils sont les uniques descendants des Arawaks
caribéens, qui furent décimés par la suite. Les Garifunas n’ont pas eu non plus
la vie facile ; au XVIIIe siècle, ils furent déportés par
les troupes britanniques sur l’île de Roatán, au large du Honduras, et des milliers
d’entre eux moururent. Les autres, une dizaine d’années plus tard, rejoignirent
par la mer les côtes d’Amérique centrale, où ils s’installèrent définitivement.
Au Belize, le 19 novembre est la date anniversaire du plus important débarquement
de Garifunas à Stann Creek, en 1832. Bien que cette communauté ne soit
pas majoritaire, et que certains s’alarment de l’oubli progressif de sa culture
(sa langue notamment, le garifuna), elle a su trouver les moyens de faire entendre
sa voix, en se faisant représenter par des institutions comme le Conseil national
des Garifunas. C’est pourquoi le Garifuna Settlement Day (sic) n’est
pas seulement leur fête, mais aussi un jour férié dans tout le Belize.
:: Dangriga s’enflamme au rythme de la punta
Le 19 novembre est une fête nationale, mais ce jour-là, c’est à Dangriga
qu’il faut être. Le reste de l’année, la deuxième ville du pays n’est pas d’un
grand attrait pour le routard : tout juste les plongeurs y voient-ils une
étape, sur la route qui mène à l’îlot de Tobacco Caye ou à ceux du Glover’s
Reef. Mais Dangriga et les villages côtiers qui l’entourent sont le fief culturel
des Garifunas du Belize : attendez-vous donc à vivre ici la fête à son
paroxysme !
La journée commence par une reconstitution, sur la plage, du débarquement des
migrants. La fête s’empare alors des rues de la ville, grâce à l’accessoire
favori des Garifunas : les percus, qu’ils dégainent à toute occasion. Tambours,
bidons trafiqués, carapaces de tortues recyclées, tout dans leurs mains devient
l’instrument de base d’une musique irrésistible, la punta. Des concerts, improvisés
ou non, se succèdent pour rythmer la journée... et forcément, on ne tarde pas
à se trémousser ! Avis aux amateurs : la punta, qui était à l’origine
une danse de la fertilité, se danse à deux, dans un rythme frénétique et avec
des mouvements évocateurs. C’est l’occasion de déguster les plats traditionnels,
comme le « hudut », purée de bananes plantains écrasées, qui accompagne
un poisson cuit dans du lait de coco et les incontournables galettes de manioc.
On assistera aussi, entre un concours de danse et un autre de tambours, à l’élection
d’une « miss Garifuna »...
La commémoration du jour du débarquement des Garifunas au Belize est une grande
fête populaire, et l’occasion idéale de découvrir la culture d’un peuple qui
se bat pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli. C’est aussi, pourquoi pas, une
bonne introduction avant de s’embarquer vers les cayes au large de Dangriga,
point de départ idéal pour une plongée dans la mer des Caraïbes...
:: P’tites adresses à Dangriga
Où dormir ?
- Pal’s Guesthouse, 868 A Magoon Street. Tél. : (00-501)
522-20-95. Un peu excentré, le long de la rivière Havana Creek. Préférez les
chambres avec salle de bains, certaines avec un petit balcon donnant sur la
mer. Accueil garifuna chaleureux.
Où manger ?
- Riverside Café. Tél. : (00-501) 502-34-99. Le long de la rivière,
presque au pied du pont. Ouvert pour les trois repas, mais ferme à 20 h 30.
Fermé le dimanche. Un p’tit resto simple, fréquenté par les routards en partance
vers les cayes (c’est de là que partent les bateaux pour les îles).
Où danser et boire un verre ?
- Griga 2000 Bar, sur Commerce Street, tout près du pont, au
1er étage. Attention, enseigne discrète. Mais demandez, tout
le monde connaît. Ouvert en fin d’après-midi, mais y aller plutôt à partir de
22 h si vous voulez voir l’ambiance. Le spectacle est dans la salle !
Punta rock, évidemment, et reggae bien sûr.
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