|
Les Écrans de l’Aventure à Dijon, la biennale (annuelle
!) du carnet de voyages de Clermont-Ferrand, Étonnants Voyageurs à
Saint-Malo, etc. : en France, les festivals de voyage et d’aventure en
tout genre se portent bien. La preuve avec l’un des petits derniers, le
Grand Bivouac, qui a attiré à Albertville plus de 6 000 amateurs
pour son baptême en 2002. Son succès s’explique par des ingrédients
qui font prendre la sauce à tous les coups : des images, du rêve,
de la convivialité et de l’interactivité. Bien sûr,
les invités viennent pour présenter les projections-conférences
de leurs voyages, mais ils sont aussi prêts à discuter de leur
expérience avec le public. Un tel échange rend plus concrète
l’aventure, qui pourrait autrement sembler utopique à ceux qui
n’ont pas encore franchi le pas. Bref, le Grand Bivouac est de ces festivals
qui ragaillardissent, qui donnent la conviction que tout est possible…
Des grands voyageurs, mais aussi des scientifiques, des photographes ou des
aventuriers d’une expédition viendront raconter leurs voyages,
sous forme de projections audiovisuelles, de conférences ou d’expositions
présentées, tout au long du week-end, en différents lieux
d’Albertville. Parmi les invités, on peut citer Jamel Balhi, sorte
de Forrest Gump qui court autour du monde depuis vingt ans ; les membres de
la famille Ducoin, tribu voyageuse dont les rejetons perpétuent la tradition
chacun de leur côté ; le paléontologue Michel Brunet, “
papa ” de notre ancêtre Toumaï, etc. Les sujets iront de la
route du lait, suivie jusqu’aux steppes de Mongolie par deux Chambériens,
à l’étude des glaciers andins et de leurs populations indigènes,
en passant par les photos vivement colorées des maisons “ arc-en-ciel
” d’Arabie, que les femmes peignent traditionnellement de motifs
géométriques multicolores.
Le voyage sera aussi abordé à travers la musique et les contes,
révélateurs de cultures traditionnelles. Un concert sera donné
le vendredi 31 octobre, à 20 h 30 au Dôme Théâtre
(entrée : 22 €). L’occasion de découvrir un aspect
de l’Irak qui n’est malheureusement pas le mieux connu aujourd’hui,
avec le chanteur et musicien Fawzy Al Aiedy, accompagné du Paris-Bagdad
Groove. Les contes seront à l’honneur le lendemain, avec Hawad
, poète touareg né dans le massif de l’Aïr au Niger,
et défenseur de la culture nomade. Il récitera ses poésies
à 14 h, à la Médiathèque, et la séance sera
suivie d’une réflexion sur le nomadisme.
:: Prendre part au bivouac
Le Grand Bivouac n’est pas qu’une tribune offerte aux voyageurs
“ professionnels ”. Chacun peut partager ses expériences,
ou éventuellement préparer sa prochaine expédition. Ce
n’est pas par hasard qu’un “ village ” sous chapiteau
sera dressé, pour accueillir des associations de voyageurs, des professionnels
du voyage à pied et un salon du livre !
Un festival “ off ” invitera les non-professionnels à, eux
aussi, présenter leur passion ou leur combat ; citons l’exemple
d’une équipe d’Albertvillois qui se donne pour mission d’escalader
des sommets équatoriens, tout en apportant un soutien matériel
aux populations locales (samedi 1er novembre, 11 h 30). Cette facette du festival,
ouverte au plus grand nombre, se déroulera dans le bourg médiéval
de Conflans, et l’accès y sera gratuit.
Le dialogue et l’initiation, enfin, seront de mise. Des tables rondes
organisées avec des grands voyageurs permettront d’assouvir sa
curiosité, mais aussi parfois de discuter de sujets sensibles comme celui
du portage ; les voyageurs occidentaux que nous sommes ne savent pas toujours
faire la part des choses, entre le besoin qu’ont les porteurs de travailler
et celui de préserver leur identité culturelle. Samedi 1er novembre
à 14 h, à la Maison Perrier à Conflans. Ceux qui préfèrent
mettre la main à la pâte s’inscriront (à l’avance)
aux ateliers de calligraphie arabe du samedi ou du dimanche, dispensés
gratuitement de 10 h à 12 h à la Médiathèque de
la ville (attention, le nombre de places est limité).
:: P’tites adresses à Albertville
Où se passent les animations ?
Dans toute la ville. Pour s’y retrouver, il faut savoir qu’Albertville
se partage entre un bourg médiéval, Conflans, et une partie plus
moderne sur la rive droite de l’Arly. Un fléchage indiquera les
différents spots du festival, et des navettes gratuites circuleront entre
les plus éloignés.
Où dormir ?
- Chambres d’hôte chez Marie-Claude Hardy : 21 bis, rue
Gabriel-Pérouse, Conflans. Tél. : 04-79-32-00-66. Chambres doubles,
avec douche et w.-c. ou bain, de 35 à 40 € (petit dej’ compris
suivant la saison). Les proprios sont architectes, on vous laisse donc imaginer
ce qu’ils ont fait de cette maison du XVIIe siècle dans le bourg
médiéval. Petit jardin suspendu avec une chouette vue sur les
massifs environnants.
Où manger dans les environs ?
- Les Seize Clochers : 91, chemin des 16-clochers, 73200 Monthion.
Tél. : 04-79-31-30-39. Fermé le lundi et le mercredi soir. Bonne
adresse de terroir dans un petit village hors des circuits touristiques. La
grande salle à l’ancienne domine la Combe de Savoie. Pour compter
les seize clochers, semés dans le paysage, dégottez une table
vers les baies vitrées.
|