Pour toujours la route des vacances

La nationale 7


© Thierry Dubois / www.nationale7.com

« Route des vacances
Qui traverse la Bourgogne et la Provence
Qui fait d’Paris un p’tit faubourg d’Valence
Et la banlieue d’Saint-Paul de Vence

On est heureux Nationale 7. »

Ô combien représentative d’une époque, cette chanson de Charles Trenet a été écrite en 1955, lorsque l’élévation du niveau de vie provoquait ses premiers effets, notamment en permettant à la majorité des Français de prendre le large afin de profiter des congés payés. S’entassant souvent dans des voitures exiguës, des familles de la partie nord de la France se ruaient alors sur la Nationale 7 en direction de la Côte d’Azur. Gageons que cette route restera chargée de cette histoire encore longtemps, même si l’autoroute lui a ravi nombre d’automobilistes et si son nom change.

Eh oui, la RN7 subit un sort partagé par d’autres routes nationales. En 2005, l’État a décidé de se désengager de l’entretien d’une grande moitié des 38 000 kilomètres de voies dont elle avait la charge. Ce sont les départements qui prennent le relais, l’État n’étant plus responsable que d’axes considérés d'intérêt national ou européen. Quelques changements de noms : D607 (Seine-et-Marne), D307 (Rhône), D907 (entre Orange et Avignon), D7N (Bouches-du-Rhône), DN7 (Var), D6007 (Alpes-Maritimes).

Le trajet

Heureux qui, comme les voyageurs peu pressés, peut admirer le long de la nationale 7 quelques-uns des plus beaux paysages que comptent la France. Parmi eux le pont-canal de Briare (Loiret) – fameux aqueduc qui enjambe la Loire –, les gorges de la Loire (Loire), les monts du Beaujolais (Rhône), le massif de l’Estérel (Var), la Corniche d’Or (Alpes-Maritimes)…
La nationale 7 est longue de 996 kilomètres – le nom du célèbre jeu des 1 000 bornes se référerait à cette distance. Elle part du point zéro inscrit dans la pierre sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, traverse la forêt de Fontainebleau, puis file ensuite vers Nevers, Moulins, Roanne et atteint Lyon.

Cette portion de la RN7 a été souvent confondue avec la RN5 et la RN6, qui relient ensemble Fontainebleau à Lyon via Auxerre et Mâcon. Après Lyon, étape prisée des gastronomes (plusieurs grands restaurants se trouvent en ville, mais aussi dans les environs, au bord de la route), on prend la partie de la nationale 7 qui a le plus fait rêver les vacanciers : la mer n’est plus très loin !

Suivant le cours du Rhône par Vienne, Valence, Montélimar, Avignon, elle s’oriente ensuite vers Aix-en-Provence et Brignoles. « Quand est-ce qu’on arrive ? » braillaient les enfants. Du calme, voici Fréjus et la Méditerranée ! Après viennent Cannes, Nice et enfin Menton, ville-frontière formant le point final de l’illustre voie.

La nationale 7 a été surnommée la « route bleue » par une association de professionnels du tourisme dans les années 1930. Quoique, pour être précis c’est seulement le tronçon Roanne-Menton qui a ainsi été qualifié. De plus, il contournait Lyon et Vienne en passant par Saint-Étienne et les monts du Forez.

Liens

Consultez nos fiches Île-de-France, Bourgogne, Lyon, Ardèche-Drôme, Provence, Côte d’Azur.

Un site de passionnés à ne pas contourner : www.nationale7.com. On y trouve notamment des informations sur des rallyes organisés sur le thème de la RN7.

Livres

La route Paris-Côte d’Azur, de Thierry Dubois, Éditions Drivers, 2003.
Formidable ouvrage délicieusement nostalgique, superbement illustré par l’auteur dont les dessins raviront les fans des dessinateurs de la bd franco-belge tels que Jidéhem. Avec également des photographies en nombre et des textes aussi pointus qu’agréables.

Nationale 7, un road-trip à la française, de Albéric d'Hardivilliers et Matthieu Raffard, Éditions Transboréal, 2008.
Le carnet de route de voyageurs au long cours partis à la découverte d’une route « bien de chez nous », histoire de varier les plaisirs !

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