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Lisbonne : entre saudade et modernité

Pour les routards qui ne connaissent de Lisbonne que son aspect des années 1980, un seul conseil : retournez découvrir la capitale portugaise. À défaut d’être pris d’un subit excès de saudade, vous serez surpris par le véritable lifting qu’ont connu certains quartiers de la ville, afin d’être la plus belle pour l’Exposition universelle de 1998. Nichée au Far West de l’Europe, Lisbonne a longtemps semblé inaccessible et isolée du reste du continent. Aujourd’hui, elle offre ses atouts à de nombreux visiteurs. Ils y découvrent une capitale aussi résolument tournée vers la mer que vers l’avenir, bercée par les flots et le fado.

Déambulez entre tradition et modernité
© Patrick de FranquevilleLa promenade peut débuter par la praça de Dom Pedro IV, plus couramment appelée le Rossio. C’est sur cette place qu’un fleuriste aurait offert un bouquet d’œillets à un soldat, le 25 avril 1974, en signe de victoire contre la dictature de Salazar. Ce geste s’est vite répété dans la foule en liesse, donnant son nom à la Révolution des Œillets. Poursuivre ensuite par la praça do Comércio, longtemps considérée comme l’une des plus belles places d’Europe.
En plein cœur de la vieille ville, on arrive ensuite dans le quartier du Chiado, un des endroits les plus sympas pour séjourner. Mais attention, la nuit venue, ce petit village de ruelles et de façades lézardées entre en ébullition. Le Bairro Alto, réputé pour ses folles nuits lisboètes, est un espace de liberté unique au Portugal. Ensuite, direction l’Alfama, pour un concentré d’âme portugaise. Longtemps habité par les pêcheurs et les marins, ce quartier, dans lequel il est conseillé de se déplacer à pied, est resté éminemment populaire. Il est d’ailleurs le seul à avoir survécu au tremblement de terre de 1755.
Ne ratez pas non plus le musée Calouste-Gulbenkian. Situé au nord de la ville, niché dans le magnifique parc de Palhavã, il fait partie du plus prestigieux centre culturel d’Europe, la Fondation Gulbenkian.
Allez ensuite vous prendre un bon bol de modernité au parc des Nations. Après avoir accueilli l’Expo de 1998, le parc reste le cœur du vaste projet de réhabilitation urbaine de la zone, avec des attractions comme l’Océanorium. Embarquez dans ce navire-aquarium posé sur l’eau pour passer des heures au milieu des requins, des raies, des manchots et des loutres… Puis passez par le pont Vasco de Gama, qui a battu des records avec ses 13 km dont 8 au-dessus des flots.
Ensuite, direction Belém. Ne pas rater le monastère des Hiéronymites (mosteiro dos Jerónimos, praça do Império), classé au patrimoine mondial de l’humanité, en même temps que la tour de Belém. Que l’on déambule dans l’église, le cloître ou les ailes réservées au logement des prêtres, on n’en finit pas de tomber sur des détails grandioses. Tél. : 21-362-00-34. Plus d’info : www.mosteirojeronimos.pt.

© Patrick de FranquevilleCherchez les azulejos
L’ « azulejaria » consiste à peindre des carreaux de faïence émaillés que l’on assemble en fresques murales. Il s’agit d’un art décoratif typique du Portugal : impossible de passer à côté en visitant Lisbonne.
- Les azulejos ont leur musée. Dans ce Museu nacional do azulejo et convento de Madre de Deus (rua Madre de Deus, 4) et son cloître manuélin commence un voyage onirique dans l’univers des azulejos. Il faut se rendre au premier étage, dans la galerie, pour la Vista panorâmica de Lisboa. Un immense panneau d’azulejos y montre la ville avant le tremblement de terre de 1755. Plus d’infos : www.mnazulejo-ipmuseus.pt. Tél. : 21-810-03-40.
- La Faianças e azulejos do Páteo (rua do Guarda Jóias, 44), un des ateliers les plus typiques de Lisbonne, est à découvrir. Situé dans le quartier d’Ajuda, il offre une visite pleine de convivialité. On passe par le Páteo Alfacinha, joliment restauré, puis par une boulangerie à l’ancienne. Choix de faïences, de panneaux d’azulejos, de carrelages… Tél. : 21-364-21-71.

Imprégnez-vous des airs du fado
Selon la célèbre fadista Amália Rodrigues, le fado est un « état d’esprit ». Difficile à décrire pour les non-lusitaniens : il faut avoir ressenti cet excès de mélancolie nommé saudade pour le comprendre. Pour tenter d’accéder à ce blues portugais, laissez-vous emporter par les rythmes des quelques adresses authentiques qui restent à Lisbonne.
- Dans un style plutôt intimiste, le Clube de Fado (rua São João de Praça, 92-94) est une des maisons de fado les plus réputées de Lisbonne. Située à moins de 300 m de la cathédrale (Sé), cette petite salle reçoit des artistes professionnels de haut niveau. Tél. : 21-885-27-04.
- Vous pouvez ensuite approcher la culture et l’histoire de cette musique avec une visite à la maison-musée du fado et de la guitare portugaise (Casa-Museu do Fado e da Guitarra portuguesa). On y apprend ainsi que le fado de Coimbra est moins connu et plus populaire que le fado lisboète, né dans les tavernes et les auberges mal famées des bas quartiers de la ville.
- Pour rentrer chez vous avec cette musique plein les oreilles, procurez-vous les albums des artistes les plus réputés. En voici une sélection : Amália Rodrigues, qui a longtemps incarné l’image même du fado, ou Carlos do Carmo qui a renoué avec une certaine tendance plus engagée. Parmi les voix masculines, Camané domine la nouvelle génération, alors que la touche de spontanéité et de fraîcheur de Cristina Branco est impressionnante. Elle est connue sur la scène internationale, tout comme Mariza, nouvelle ambassadrice du fado.

Fiche pratique

- Office national de tourisme portugais : 135, boulevard Haussmann, 75008 Paris. Tél. : 01-56-88-31-90. Internet : www.visitportugal.com. M : Miromesnil. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30.

Pour plus d'informations, consultez les fiches Lisbonne et Portugal.

Comment y aller ?

L’avion est la seule solution pour se rendre à Lisbonne le temps d’un week-end. À partir de l’aéroport, de nombreux bus ont pour destination le centre-ville. L’Aero-Bus n° 91 traverse la ville du nord au sud et dessert très bien le centre. Il circule de 7 h 45 à 20 h 45, avec une fréquence de passage toutes les 20 mn.
- Air France : infos et réservations, tél. : 0820-820-820. Internet : www.airfrance.fr. La compagnie dessert Lisbonne avec cinq vols quotidiens au départ de Roissy-Charles-de-Gaulle, à partir de 163 € A/R.
- TAP : infos et réservations, tél. : 0820-319-320. Internet : www.flytap.com. Plusieurs vols par jour entre Paris-Orly, Paris-CDG, Lyon, Marseille, Nice, Toulouse et Lisbonne, à partir de 155 € A/R.
- Easy Jet : pour toute info, tél. : 0899-700-041. Internet : www.easyjet.fr. La compagnie low cost propose des vols au départ de Paris-Charles-de-Gaulle, Lyon, Bâle-Mulhouse et Genève pour Lisbonne.

Où manger ?

- Cervejaria da Trindade : rua Nova da Trindade, 20 C. Tél. : 21-342-35-06. Ouvert tous les jours de 12 h à 1 h 30. Compter autour de 15-25 € pour un repas. Immense brasserie recouverted 'azuleijos anciens. On mange dans un jardin sympa dès les beaux jours. Spécialités de fruits de mer.
- A Morgadinha de Alfama : rua de Regueira, 37. Tél. : 21-886-54-24. Par le haut, accès en tram n° 28 ; en venant de la Baixa, arrêt suivant le miradouro Santa Luzia, puis descendre. Fermé le dimanche. Compter entre 10 et 13 €. L’endroit est minuscule, mais chaleureux à souhait, à l’image de l’accueil. On s’y régale de poisson grillé d’une fraîcheur étonnante, servi avec quelques pommes de terre, et d’un bon vin de pays, avant de terminer par le délicieux arroz doce de la maison. La patronne vous conseillera ensuite un des bars voisins, si vous avez envie d’entendre jouer et chanter les nouvelles stars du fado.

Où dormir ?

- Pensão Ninho das Aguias : costa do Castelo, 74. Tél. : 21-885-40-70. Chambres doubles de 35 à 50 € selon la saison. Incroyable pension hors du temps, accrochée à la colline du château, avec son adorable jardin fleuri dominant le nord de Lisbonne. C’est simple et charmant à la fois, et si peu cher pour un confort suffisant.
- Residencial Praça da Figueira : travessa nova de São Domingos, 9. Tél. : 21-342-43-23. Chambres doubles de 45 à 50 €. Une pension confortable, très bien située (dans le quartier de Santana), où l’on est reçu par un homme jovial et ouvert. Intérieur entièrement rénové. Réserver en été.



Crédits photos :
© Patrick de Franqueville

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