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El
Nariz del Diablo : sur un train perché
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Laure de Charette
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Avec
son parcours sinueux tracé en pleine cordillère des Andes,
le Nariz del Diablo est réputé pour être l'un des
trains les plus périlleux du monde. Surnommée ainsi parce
qu'elle passe par un rocher qui, selon la légende populaire, a
un petit air du démon, l'unique ligne ferroviaire d'Équateur
fut construite au début du XXe siècle pour relier Guayaquil,
sur la côte, à Quito, la capitale perchée à
2 800 m d'altitude. Entre les deux villes, le convoi escaladait
à faible allure les montagnes équatoriennes. De Bucay à
Alausi, le train empruntait, en marche avant, puis à reculons,
un ingénieux zigzag pour lui permettre de se hisser au sommet des
plateaux : en moins de 60 km, le Nez du Diable passait de 300
à 2 600 m d'altitude. Ce système reste décrit
comme un modèle d'ingénierie ferroviaire. Victime de son
âge canonique et du phénomène météorologique
el Niño qui frappe le pays régulièrement, la voie
n'est aujourd'hui plus utilisable que sur un seul tronçon, entre
Riobamba et Alausi (soit environ 100 km). Utilisé à
la fois pour le transport des voyageurs et des marchandises, ce train
est divisé en plusieurs classes : les deux premières
sont composées de sièges plus ou moins confortables, la
troisième de bancs en bois installés dans les wagons de
marchandises, et la quatrième consiste à grimper sur les
wagons et à s'asseoir à même la tôle, histoire
d'ajouter un peu plus de piment à ce voyage au ras des falaises.
Ce que ne manquent pas de faire les touristes qui s'y entassent à
plusieurs dizaines pour pouvoir profiter d'une vue imprenable sur les
paysages andins.
L'aller-retour entre Riobamba et Alausi avec un prolongement jusqu'au
site du Nariz del Diablo dure entre cinq et douze heures, selon le nombre
de déraillements et le temps qu'il faut à l'équipage
pour remettre la machine en place. Les billets (environ 15 $ l'aller-retour
pour les touristes) peuvent s'acheter le matin même du départ
en gare de Riobamba. Si vous souhaitez faire le voyage sur le toit du
train, pensez à bien vous couvrir le matin (un poncho, voire plus
par temps de pluie) et à vous cramponner fermement pendant le trajet !
Lima-Huancayo :
le train le plus haut du monde
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PromPerú
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4 829 m.
Le train qui mène de Lima à Huancayo est champion du monde
de la hauteur. Le tren de la Sierra défie les Andes péruviennes,
et, au bout d'une ascension brutale sur les pentes des Andes, se retrouve
sur le toit du monde ou presque. Cette ligne fut conçue pendant
la deuxième moitié du XIXe siècle dans le but de
faciliter l'exploitation des ressources minières du centre du pays.
Le projet fut confié à un ingénieur américain,
Henry Meiggs, qui assurait « pouvoir tracer un chemin de fer
là où les lamas pouvaient passer ». Il aura fallu
près de quarante ans de travaux acharnés pour permettre
aux locomotives de rattraper les lamas. L'État péruvien
faillit se ruiner et, après la mort de plusieurs milliers d'ouvriers,
dut faire appel à de la main-d'œuvre chinoise pour achever
la ligne. Le train de la Sierra quitte la gare de Desamparados de Lima,
sur le littoral pacifique. Sur 335 km, il franchit 54 ponts, 68 tunnels,
négocie pas moins de 1 154 virages dont une vingtaine de zigzags,
et passe du niveau de la mer à des sommets aussi hauts que le Mont
Blanc. Falaises et canyons font progressivement place aux cimes enneigées
des Andes. À Ticlio, son point culminant, le train passe à
4 829 m d'altitude. C'est là le passage ferroviaire le
plus élevé du monde. Pour compenser la raréfaction
de l'oxygène, la présence d'une bouteille d'air oxygéné
est obligatoire sur chaque voyage. On sert également aux passagers
une tasse de thé de coca, le remède des Péruviens
pour surmonter le mal de montagne.
Après dix années d'interruption, le train de la Sierra a
repris du service il y a quelques années, mais ses sorties restent
limitées à un ou deux voyages par mois. Le trajet aller-retour
entre Lima et Huancayo (12 heures) coûte environ 30 €.
Pour plus d'informations, consultez le site
de la compagnie des chemins de fer péruviens.
Tren
a las Nubes : le train des nuages
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Alain Nierga
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En
passant sur les viaducs, au-dessus des précipices, il donne vraiment
l'impression d'aller côtoyer le ciel. Le train qui relie Salta,
dans le nord-ouest de l'Argentine, à San Antonio de Los Cobres
emprunte l'une des voies ferrées les plus spectaculaires au monde.
Sur un parcours de 217 km, le train des nuages se fraie son petit
chemin dans un somptueux décor de montagnes argentées sur
fond de ciel bleu. À plus de 4 000 m d'altitude (la deuxième
ligne la plus haute au monde après le train de la Sierra au Pérou),
il surplombe le vide en se cramponnant à la paroi rocheuse. Pas
moins de 19 tunnels, 30 ponts et deux tronçons en zigzags lui permettent
de venir à bout de l'intraitable cordillère des Andes. Mais
la plus grande attraction de l'œuvre conçue par l'ingénieur
Richard Fontaine Maury (entre 1921 et 1948) reste les 13 viaducs en fer
grâce auxquels la voie se détache des montagnes pour enjamber
des ravins sur plusieurs centaines de mètres. Le plus impressionnant
est assurément le viaduc de la Polvorilla, au terminus de la ligne :
un pont de 224 m long et 36 de haut. À cet endroit, le train
roule à 4 200 m d'altitude.
L'état des viaducs et le mauvais entretien des rails entre Salta
et San Antonio de Los Cobres a récemment contraint les autorités
locales à suspendre le train des nuages, pour une durée
indéterminée…

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