Connaissez-vous ces anecdotes sur Paris ?

De l’époque médiévale, classique ou moderne, la capitale a hérité nombre de merveilles. Mais Paris ne se limite pas aux monuments connus de tous. De jour comme de nuit, il faut l’arpenter et l’explorer pour découvrir ses recoins secrets. Car qui connait réellement les dessous de Paris et ses histoires ?
Pour son édition 2011, le guide du Routard « Paris » a déniché des anecdotes insolites et méconnues, des perles qui donnent tout leur sel et toute leur âme aux quartiers de Paname.

En guise d’apéritif, routard.com vous offre quelques-unes des nombreuses anecdotes du Routard Paris 2011. Pour les découvrir, c’est simple : il suffit d’effleurer d’un coup de souris les petits routards de la carte de Paris !
Hemingway K.O. !
En 1929, on installa un ring de boxe au Falstaff, bar à bières qui existe toujours au 42, rue du Montparnasse. Hemingway combattait aux poings le journaliste, très baraqué, Callaghan. Scott Fitzgerald était l’arbitre. Ivre mort, Fitzgerald oublia de sonner la fin du combat ! Très amoché, Hemingway lui en voudra longtemps.
Péage au petit pont
Pendant tout le Moyen-âge, ce pont, qui donnait accès à l’île de la Cité, était payant. Une tradition permettait aux troubadours, jongleurs ou acrobates de traverser gratuitement à condition de montrer leur talent aux gens d’armes. Certains dompteurs utilisaient de singes. D’où l’expression « payer en monnaie de singe »… quand on ne paie pas.
Pique, puce...
Le quartier de Picpus vient d’une étrange épidémie de boutons qui toucha une bonne partie des habitants du secteur au XVIe s. Cet étrange nom propre est aujourd’hui attribué à un cimetière, une rue et un boulevard.
La scandaleuse statue de Balzac
Sur le boulevard Raspail, entre le boulevard du Montparnasse et la rue Vavin, admirez cette fabuleuse statue de Balzac. Elle fut commandée à Rodin par Zola, président de la Société des gens de lettres. Il l’habilla en robe de chambre. Scandale ! Il fallut attendre 48 ans pour qu’on l’installât. Un bien moindre mal puisque Rodin l’avait aussi sculpté… complètement nu  !
Le pendule de Foucault
Physicien et astronome, Léon Foucault entreprend une expérience dans la cave de son appartement parisien. Louis Napoléon Bonaparte, ayant eu connaissance des travaux du scientifique, lui demande de réaliser son expérience dans un lieu prestigieux ; ce sera le Panthéon. Cette sphère de 47 kg, suspendue à un fil de 67 m, prouve la rotation de la Terre sur elle-même. Malgré l’impression d’optique, la sphère ne pivote pas. Elle oscille toujours dans le même plan. C’est le cadran et donc la Terre en dessous qui tournent sur eux-mêmes.
L’homme qui parlait aux chevaux
Xaviel Ruel était camelot et vendait de la bonneterie rue de Rivoli, dans de grands parapluies. En 1855, il aperçut une calèche tirée par des chevaux emballés. Aussitôt, il se jeta sur l’attelage et réussit à arrêter leur course effrénée. A l’intérieur, il découvrit Eugénie de Montijo, épouse de l’empereur. Napoléon III lui donna suffisamment d’argent pour s’offrir le bâtiment qui deviendra le Bazar de l’Hôtel de Ville.
Les boutiques de Satan
Au 19eme siècle, rue Chanoinesse, la boutique d’un barbier jouxtait celle d’un charcutier. Le premier rasait gratis les indigents. Un jour, on aperçut un chien tenant un fémur entre ses crocs. Le barbier tranchait la gorge des sans-famille. La viande était ensuite transformée en pâtés par le charcutier. Tous deux furent pendus. A l’emplacement des boutiques, on trouve aujourd’hui le garage de la police.
Rien n’est parfait !
Si vous comptez les statues des saints à la base de la tour gauche de Notre-Dame, vous en trouverez 10. Par contre, en bas du clocher droit, on n’en compte que 9. Pourquoi, alors que cette façade est un des chefs d’oeuvre de symétrie ? Parce que, selon les bâtisseurs de cathédrale, rien n’est parfait sur terre. La perfection n’existe qu’au ciel…
Il s’appelait Ravaillac
Ce pauvre Henri IV n’eut pas de chance : cela faisait 50 ans qu’un roi précédent avait commandé l’élargissement de la rue de la Ferronnerie mais les travaux ne furent jamais réalisés. Résultat : le carrosse bloqué par les embouteillages. Ravaillac passe à l’acte. Curieux personnage que ce Ravaillac : ultra-catholique, il considère que la politique d’Henri IV n’est qu’une attaque contre le pape. Il quitte alors Angoulême pour Paris décidé à assassiner le roi. Pour ce forfait, il utilisa un couteau de Nontron (Dordogne) toujours fabriqué aujourd’hui.
Aux innocents les mains pleines !
La rue Saint-Denis eut de tout temps vocation au commerce des charmes, le cimetière des Innocents étant l’un des lieux de prédilection pour le racolage. Les prostituées furent toujours un casse-tête pour les autorités. Charlemagne tenta en vain de les chasser. Saint Louis, excédé par ces « femmes folieuses de leur corps », les bouta hors de l’enceinte de Philippe Auguste. De cette époque vient le mot « bordel ». En effet, les prostituées se construisirent extra-muros des baraques en « bords » (terme pour planches) et les clients ne tardèrent pas à appeler « bordes » ces maisons et « filles bordelières » celles qui y logeaient.
Protection rapprochée
En 1858, Napoléon III échappa à un attentat fomenté par Orsini et les anarchistes. Voilà pourquoi Garnier créa une rampe sécurisée uniquement destinée au fiacre de l’empereur, à l’Opéra (coté rue Scribe). Quand il mettait pied à terre, il n’était plus visible de l’extérieur. Cette rampe existe toujours.
Le premier aviateur délinquant
En 1919, un certain Védrines décida d’atterrir sur le toit des Galeries Lafayette. Le directeur avait promis une prime de 25 000F, pour promouvoir son magasin, malgré l’interdiction de la préfecture de Police. La piste mesurait… 28m. Il n’eut guère le temps de profiter de son argent puisqu’il mourra 3 mois plus tard.
La Joconde voyageuse
Pendant la dernière guerre, le célèbre tableau faisait partie des 50 oeuvres prestigieuses qui quittèrent Paris pour fuir les bombardements. Elle fit 3 allers-retours à Chambord. Au total, 5446 caisses quittèrent les musées. Paris ne fut jamais bombardé. Par contre, en juin 44, deux avions américains s’écrasèrent à proximité du château... Ouf !
Des ingénieurs qui n’avaient pas froid aux yeux !
En 1908, on se décida à faire passer le métro sous la Seine, entre Saint-Michel et Cité (ligne 4). Très vite, le sol trop boueux empêcha la traversée. On décida alors de geler le sol à -24 C. Il fallut donc installer une usine à glaçons sur les quais. 10 mois pour avancer de 14 m. Cette incroyable technique fut couronnée de succès.
Le sexe du Centaure
A l’angle de la rue du Cherche-Midi et de la rue de Sèvres, vous ne pouvez pas manquer l’imposant centaure de César. L’animal, mi-homme mi-cheval, fut sculpté en souvenir de Picasso. Il a l’avantage d’avoir deux sexes, un devant et un derrière, ce qui est effectivement bien pratique ! Quoique  ! Mais en tout cas, vraiment rien à voir avec celui des anges !
Le plus grand banquet du monde
En 1900, les 20 277 maires de France furent invités à un déjeuner organisé par Potel et Chabot, dans les jardins des Tuileries. 7 km de tables furent dressées. Le repas comportait 6 plats (donc 125 000 assiettes !), 2400 faisans, 2000 kilo de saumon et 3.5 tonnes de boeuf. A l’époque, on buvait sacrément : 50 000 bouteilles donc 2.5 litres par personne (et aucun point retiré  !). Les ordres étaient transmis aux maîtres d’hôtel par des cyclistes. Le repas se déroula, sans aucun heurt, en 1 h 25.
Marronnier
Dans la presse, il s’agit d’un article que l’on ressort quand l’actualité est creuse. Sur la tombe des gardes suisses (entre la Concorde et la Seine) fleurissait un marronnier, chaque année, au printemps. Un article relatait la floraison et annonçait la fin de l’hiver. Un évènement banal mais attendu par les lecteurs
Tentative de séduction
En 1940, après la débâcle de notre armée, Hitler essaya de se créer une bonne image auprès des Français. Eh oui ! L’aiglon était enterré à Vienne, près de sa famille maternelle. Le Führer fit transférer ses cendres aux Invalides auprès de son père Napoléon. La cérémonie, totalement contrôlée par l’armée allemande n’incita aucun Français à changer d’avis sur le dictateur du Reich.
La télévision française, une histoire allemande
Les premiers studios furent installés rue Cognacq-Jay, à Paris 7ème. La télévision commença à émettre véritablement en 1943, grâce à l’occupant germanique. Les programmes étaient destinés à distraire les soldats allemands dans les hôpitaux. Ces studios sont toujours en activité aujourd’hui.
Les véritables inventeurs de la tour
Contrairement à Guillotin, qui n’a jamais revendiqué la paternité de la création qu’on lui attribue, Eiffel était fier de l’oeuvre qui rendit son nom célèbre, et on peut le comprendre ! Mais la tour Eiffel n’a pas vraiment été conçue par l’ami Gustave… En effet, ce sont deux ingénieurs des ateliers de Gustave Eiffel, Koechlin et Nouguier, qui conçoivent l’idée d’une très haute tour de fer. Eiffel leur achète le brevet, remanie un peu le projet et le présente à l’Exposition universelle. Sur 107 projets présentés, il remportera le premier prix, financera le projet et son nom sera pour toujours associé à la Tour.
Paris liberada
Le 24 août 1944, le général Leclerc ordonne au capitaine Dronne d’aller sur Paris, en éclaireur. Arrivé à la porte d’Italie, avec ses trois half-tracks, la colonne se dirige vers l’Hôtel de ville insurgé. Les trois soldats seront accueillis par Léo Hamon du Conseil National de la Résistance. Dans ses mémoires, ce dernier évoquera sa stupéfaction d’accueillir les premiers soldats français qui ne parlaient… qu’espagnol. C’étaient des Républicains qui avaient fui l’Espagne franquiste !
Parc Georges Brassens 15e
Georges Brassens a longtemps souffert de terribles coliques néphrétiques. En 1967, il subit une deuxième intervention aux reins. Après 1968, quand on lui demanda ce qu’il faisait, lui, l’anarcho-libertaire, pendant les événements, il répondit malicieusement : « des calculs »...
Père Lachaise 20e
Si vous n’avez peur de rien, ne craignez ni les fantômes ni les vampires, passez une nuit chez la princesse Demidoff-Strogonoff. Difficile de manquer son mausolée, qui soutient la falaise où serpente le chemin des Chèvres. Une légende promet à qui viendrait vivre dans le caveau un paquet appréciable de roubles. Elle attire parfois des candidatures folkloriques de postulants. La dernière remonte à 1983. Tentez votre chance !
Boulevard Voltaire 11e
Eugène Murer, pâtissier boulevard Voltaire, nourrissait ses amis impressionnistes tous les mercredis. Un jour, il acheta un tableau à Sisley, sans le sou, et organisa une tombola dans sa boutique. La gagnante, voyant le tableau impressionniste, demanda à l’échanger contre deux religieuses (les gâteaux !). Ses héritiers doivent encore s’en mordre les doigts...
Pigalle 18e
Du temps des maisons closes, les flics de la Brigade mondaine avaient choisi, comme symbole de leur fonction, l’œil mythique arboré par les détectives privés américains de l’agence Pinkerton. Ils portaient donc une épinglette en forme d’œil au revers de la veste pour entrer discrètement dans ces lieux de débauche et observer ce qui s’y passait. De là est née l’expression « rentrer à l’œil » !
Canal Saint-Martin 10e
Difficile de ne pas évoquer l’hôtel du Nord et sa passerelle, lieu immortalisé par Marcel Carné en 1938 grâce à Arletty et Louis Jouvet. « Atmosphère, atmosphère ! », oui, bien sûr... Mais savez-vous que la scène fut tournée dans un décor reconstitué aux studios de Boulogne-Billancourt ? Un décor gigantesque de 70 m de profondeur, avec un vrai canal, le tout signé Alexandre Trauner, un maître qu’admirait Picasso. Quant à l’hôtel lui-même, il est aujourd’hui transformé en resto branché.