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Sortie du Xinjiang et entrée dans la vraie Chine

Sortie du Xinjiang et entrée dans la vraie Chine

De nombreux bus relient tous les jours Hotan à Urumqi à travers la nouvelle « autoroute » du désert, en fait une mince ligne de bitume à travers les sables. Il faut près de vingt-quatre heures pour boucler le trajet, et la plupart des arrêts se font avant de traverser le désert. Mais en attrapant le premier bus, tôt le matin, je peux encore profiter de quelques heures de soleil en attaquant le désert. Les paysages sont rocailleux dans un premier temps, puis le sable se dresse en hautes falaises façonnées par les eaux des Tian-Shan avant de se muer réellement en dunes infinies. J'aimerais passer plus de temps dans ce désert, sur les traces de Sven Hedin, à la recherche des ruines englouties de cités millénaires. Je ne reste à Urumqi que le temps de prendre un billet de train pour le Gansu, à Dunhuang, pour une incursion dans les espaces désertiques du bassin du Tarim, entre les marches du Takla-Makan et du Gobi. Dunhuang, c'est déjà presque la Chine. On croise beaucoup moins d'Ouïghours, la majorité de la ville est chinoise, mais quelques restaurants, à la manière de notre Occident, annoncent « muslims welcome » ou mieux, « restaurant muslim friendly ». Comme à Turpan, le bouddhisme a laissé ici d'impressionnantes traces, mais les caves de Mogao sont d'un intérêt cent fois supérieur aux caves des dix mille bouddhas près de la capitale ouïghour. Seules dix-sept grottes sont ouvertes au public, les autres contenant de spécimens d'art tantrique jugés immoraux par le parti. On y trouve les deux plus grands bouddhas intérieurs au monde, enfouis dans des grottes et mesurant respectivement 26 m et 36 m. La curiosité de Dunhuang, c'est aussi et encore le désert. Juste au sud de la ville s'étendent de vastes dunes, dont la plus haute atteint plus de 1 700 m de haut. De quoi randonner toute une journée sur les crêtes de sable d'une finesse incomparable. Je me tourne une dernière fois vers l'Ouest et l'Asie centrale que je quitte à regret. À l'Est s'étend la véritable Chine que je dois traverser jusqu'à Shanghai. Impossible de s'y tromper d'ailleurs. Ce petit bout de désert se distingue aussi par les petits trains, les hordes de chameaux pour touristes, et les indécollables vendeurs de cartes postales…

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Photo : Hervé Kerros



 



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