Les oasis de montagne
Claude Hervé-Bazin

Si le Chott el-Djérid est situé au-dessus du niveau de la mer, le plus petit Chott el-Gharsa, étendu au nord de Tozeur, marque le point le plus bas du territoire tunisien : - 17 m. À certaines périodes, on y croise des troupeaux de dromadaires en quête d’une maigre pâture. Plus avant, la route atteint le djebel en-Negueb, formant une étroite dorsale montagneuse.

L’oasis de Chebika s’ancre à son pied, au débouché d’oueds saisonniers. En défi à la chaleur, les palmiers dattiers s’infiltrent dans les anfractuosités de la roche, jusqu’à des poches d’eau où glougloute une chute et coassent les grenouilles ! Le chemin aménagé y pénètre en suivant un étroit canal d’irrigation.

Une succession d’épingles à cheveux aux marges d’un profond canyon permet de rejoindre Tamerza. Comme Chebika, le village, largement détruit par des inondations en 1969, s’est reconstruit à l’abri des colères de l’oued. Les maisons abandonnées redeviennent peu à peu poussière. Seul le blanc marabout a été restauré.

Au-delà, on atteint les profondes gorges de Midès (80 m, photo), où les stands croulent sous des géodes et des fossiles marins arrachés à la montagne. Certains sont authentiques, d’autres embellis au feutre violet !

De là, les possesseurs d’un 4x4 pourront partir en quête de la vieille route romaine et de la mythique piste Rommel, tracée par le maréchal et ses troupes pour échapper aux Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Une ultime incursion dans ce désert tunisien marquant la frontière du grand vide saharien.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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