Excursion dans le désert
Claude Hervé-Bazin

Quelques campements de luxe, avec douche intégrée, font bon ménage avec des options plus rustiques, aux matelas de sable et aux couches invariablement saupoudrées. Au Camp Méhari, tapi à l’ombre d’une grande dune, on s’oublie sous les étoiles et devant un feu de bois où chauffe le thé. Bien souvent, flûtes et tambourins sont de sortie. À l’heure du coucher, quelques coups de pied et l’âtre, simple trou, est rebouché.

Au matin, il faut se tirer des limbes du sommeil pour assister au réveil du désert. Du froid bleuté de la nuit émerge un blanc grisé, bientôt enflammé par les premiers rayons repeignant les dunes d’orangé. Les ombres soulignent les formes, les transcendent, donnant l’illusion de houles homériques.

Patinant dans le sable, on se hisse, chaussures pleines, vers des crêtes instables où courent les traces fugaces du chacal ou du fennec. Les mouches se réveillent, elles aussi, suivent pas à pas… L’or du levant devient peu à peu argent : le soleil grimpe au firmament, dispensant sa chaleur, d’abord bienvenue. Déjà, il faut retrouver l’ombre, rebrousser chemin jusqu’au campement.

À l’ouest, les pistes buttent sur une tache bleue. Peu d’eau, pourtant, mais un immense tapis blanc, souvent sale, parfois immaculé. Voici la célèbre plaine saline (sebkha) du Chott El Jérid, longue d’une centaine de kilomètres.

Aucune dune. Aucune végétation ici, même ténue. Une mince couche de sel et de sable agglomérés recouvre le lit du lac évaporé la majeure partie de l’année. La croûte, dure au dessus, est molle en dessous. Les cadavres de camions et bus bordant la route de Kébili à Tozeur en témoignent...

Texte : Claude Hervé-Bazin

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