Un djebel au milieu hostile
Claude Hervé-Bazin

L’aridité du milieu a forcé les Berbères à développer d’ingénieux systèmes de captation des eaux. Ils ont ainsi aménagé dans les lits des oueds, asséchés la majeure partie de l’année, des petites digues et des dérivations permettant de remplir des mares de retenue et d’irriguer un temps les cultures.

Les lundi et jeudi, les petits paysans descendent avant l’aube, dans des bus brinquebalants, jusqu’à Tataouine. Cette oasis, dont le nom berbère signifie ''source d’eau'', était fréquentée, autrefois, par les caravanes qui faisaient route vers le Fezzan libyen et le Soudan.

Sur les étals, les récoltes de fruits et légumes voisinent avec des paniers tressés, des piles de laine brute, des tapis, des écheveaux. Au petit matin, le froid est intense et l’épais burnous de laine, emmanché de sa capuche, n’est pas de trop.

Au nord du Djebel Dahar, la bourgade de Matmata est célèbre pour ses habitations troglodytiques (photo). Plusieurs volets de la saga Star Wars ont été tournés dans la région. Les aficionados reconnaîtront sans peine l’architecture des villages de la planète Tatouïne – dont le nom est directement issu de celui de Tataouine… L’hôtel Sidi Driss fait même son biznes autour du thème des ''lieux de tournage''…

De nombreuses familles ont pris l’habitude d’ouvrir leurs portes aux visiteurs. Reste à prendre son temps autour d’un thé pour découvrir leurs intérieurs sans être trop indiscret. De la cour, on accède, en étoile, aux chambres, à la cuisine, à la salle de prière, aux étables ; au-dessus, les greniers et la pièce réservée à la détente des hommes. La roche protège bien : il ne fait jamais moins de 15 °C l’hiver et plus de 25 °C en été.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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