La Tunisie, de la Méditerranée aux mers de dunes

Djerba, l’empreinte des siècles

Djerba, l’empreinte des siècles
Claude Hervé-Bazin

Autre témoin immémorial, le petit quartier juif d’Hara Kbira, 300 personnes tout au plus, kipa vissée sur la tête. Il abrite, aux marges d’Houmt Souk, l’une des dernières communautés hébraïques du monde arabe.

À quelques kilomètres dans les terres, Hara Sghira regroupe 300 âmes de plus et la vieille synagogue de la Ghriba (''L’Extraordinaire'', photo). Le bâtiment actuel, aux belles boiseries bleues, ne date que du XIXe siècle, mais le lieu était déjà révéré aux temps romains. Il recèlerait l'une des plus vieilles Torahs du monde.

Alentours, la sécheresse des paysages s’affirme déjà. Il n'y a ici qu'oliviers aux troncs torturés, palmiers dattiers et figuiers de Barbarie, puits isolés et menzel (domaines terriens) aux apparences de forteresses. D'innombrables mosquées aussi. Elles seraient 213, de la superbe Mosquée des Étrangers de Houmt Souk aux sanctuaires campagnards, appartenant pour beaucoup au courant kharidjite de l'islam – une branche dissidente dont Djerba reste, avec le Mzab algérien et Oman, l'un des derniers bastions.

La mosquée d’Oum el-Turkia, au village d’El May, est l’une des plus attachantes. Coiffée d’un minaret haut de 5-6 m, avec des murs épais de 1,50 m, elle a conservé sa forme du XVIe siècle. Plus ancienne, la mosquée forteresse Fadhloun, à Midoun, remonte au XIVe siècle, mais on n’y pénètre plus : elle a été rendue (de force) au culte après la Révolution.

Reste, le vendredi, le plus beau marché de l’île, entre piles de dattes fraîches, d'oranges et de carottes, de choux-fleurs et de navets. Les vieilles femmes y portent le sifsari, une longue cape blanche ornée de bandes de broderie, maintenue sur la tête par un chapeau de paille.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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