Grèce : les îles Ioniennes, sous le soleil exactement

par Claude Hervé-Bazin
04 avril 2012

Claude Hervé-Bazin
Gardiennes de la Grèce à l’Ouest, les sept îles Ioniennes ont longtemps vécu entre deux mondes : le grec et l’italien. Loin de les désunir, la mer qui baigne l’archipel – et lui a donné son nom – les a rapprochées. L’histoire, les mythes, en ont fait autant, surtout celui d’Ulysse, roi d’Ithaque, l’une des îles de la mer ionienne.
L’Odyssée d’Homère évoquait la beauté des îles Ioniennes, leur fertilité, leurs vastes plantations d’oliviers. Elles sont toujours là, étalées entre des côtes occidentales abruptes, soulignées de hautes falaises de craie, et des littoraux orientaux plus doux, bordés de plages aux tonalités d’aquarelle. Un voyage maritime, d’île en île, de Corfou à Zante.
L’Odyssée d’Homère évoquait la beauté des îles Ioniennes, leur fertilité, leurs vastes plantations d’oliviers. Elles sont toujours là, étalées entre des côtes occidentales abruptes, soulignées de hautes falaises de craie, et des littoraux orientaux plus doux, bordés de plages aux tonalités d’aquarelle. Un voyage maritime, d’île en île, de Corfou à Zante.
Corfou, le verrou de l’Occident
Corfou cosmopolite
Corfou, une île de villégiature
Leucade, terre de tous les vertiges
L’Odyssée d’Homère et le mystère d’Ithaque
Céphalonie, entre deux eaux
Couleur lagon à Zante
Fiche pratique
Préparez votre voyage en Grèce avec nos partenaires



Corfou, le verrou de l’Occident

Claude Hervé-Bazin
Plus proche de l’Albanie que de la Grèce, Corfou pointe son nez à 100 km de la botte italienne : il était logique qu’elle devienne marchepied sur la route de la Grèce et de l’Orient. Pour sortir de l’Adriatique, les marchands vénitiens d’alors n’ont d’autre choix que de franchir le détroit d’Otrante et de faire escale à Corfou. Leur influence, à l’époque de leur grandeur maritime, s’est diffusée sur l’île. Lorsque certains Corfiotes les appellent à l’aide, en 1386, les marchands s’installent naturellement sur l’île.
La vieille forteresse byzantine, veillant tel un fanal sur son rocher à l’entrée du port de Corfou (photo), s’est très vite agrandie et renforcée sous les Vénitiens. Il s’agit d’abord, au XVe siècle, de mieux résister au développement de l’artillerie ; puis, au siècle suivant, de se garder des appétits Ottomans. Barberousse attaque une première fois en 1537, avec 50 000 hommes ! Un échec. En 1571, peu avant la bataille de Lépante, qui va stopper leur progression en Méditerranée, les Turcs attaquent à nouveau. Les campagnes sont à chaque fois ravagées, mais le bastion tient.
Les meilleurs architectes vénitiens érigent de nouvelles tours, renforcent les murailles côté mer et réalisent la contrafossa, une douve très profonde qui fait du promontoire une île inexpugnable. L’ensemble, classé à l’Unesco, est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre de l’architecture militaire.
C’est à cette même époque qu’est créé le port de Mandraki, au Nord, dominé par une seconde citadelle frappée du lion de Saint-Marc. La population n’a alors pas le droit de sortir des limites qu’elle trace !
La vieille forteresse byzantine, veillant tel un fanal sur son rocher à l’entrée du port de Corfou (photo), s’est très vite agrandie et renforcée sous les Vénitiens. Il s’agit d’abord, au XVe siècle, de mieux résister au développement de l’artillerie ; puis, au siècle suivant, de se garder des appétits Ottomans. Barberousse attaque une première fois en 1537, avec 50 000 hommes ! Un échec. En 1571, peu avant la bataille de Lépante, qui va stopper leur progression en Méditerranée, les Turcs attaquent à nouveau. Les campagnes sont à chaque fois ravagées, mais le bastion tient.
Les meilleurs architectes vénitiens érigent de nouvelles tours, renforcent les murailles côté mer et réalisent la contrafossa, une douve très profonde qui fait du promontoire une île inexpugnable. L’ensemble, classé à l’Unesco, est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre de l’architecture militaire.
C’est à cette même époque qu’est créé le port de Mandraki, au Nord, dominé par une seconde citadelle frappée du lion de Saint-Marc. La population n’a alors pas le droit de sortir des limites qu’elle trace !
Corfou cosmopolite

Claude Hervé-Bazin
Protégée par un mur d’enceinte, la ville a grandi entre les deux forts, et pris des allures italiennes avec ses façades rose pastel et jaunes, ses balcons en fer forgé, ses campaniles, ses fenêtres fermées aux grosses chaleurs et ses ruelles pavées de marbre qu’enjambent des cordes à linge. Ici, la vigne vierge se hisse jusqu’au toit ; là, les mauvaises herbes prospèrent sur les vieux clochers ou les murailles fatiguées.
Au débouché d’un passage voûté, un palmier ombrage une placette. Une fontaine gargouille. Et, sur la pierre des murs, courent une tête de lion, un fauve ailé, un blason, ou des armoiries d’un temps révolu.
La tutelle vénitienne, longue de plus de quatre siècles, a laissé son empreinte sur Corfou. Aujourd’hui, les fanfares locales s’inspirent encore des airs d’opéra italiens ! On les entend régulièrement s’époumoner au kiosque de la Spianada (Esplanade), cette place majestueuse jadis réservée aux parades de la garnison.
Remodelée après la conquête de l’île par Napoléon, elle s’embellit, à l’Ouest, des arcades du Liston (photo), inspirées de celles de la rue de Rivoli, à Paris… On y sirote agréablement un café ou un portokalo (jus d’orange). Au printemps, les fleurs d’oranger embaument l’air d’un parfum suave, entêtant le soir.
Parfois, la sérénité est brisée par des applaudissements : un match de cricket se joue sur le green de la Spianada. Une tradition importée par les Britanniques, qui imposèrent un protectorat aux Îles Ioniennes de 1815 à 1864. Le palais néoclassique de leur premier Haut-Commissaire observe encore la scène... Aujourd’hui, le cricket est enseigné dans les écoles et l’île ne compte pas moins de 11 équipes !
Au débouché d’un passage voûté, un palmier ombrage une placette. Une fontaine gargouille. Et, sur la pierre des murs, courent une tête de lion, un fauve ailé, un blason, ou des armoiries d’un temps révolu.
La tutelle vénitienne, longue de plus de quatre siècles, a laissé son empreinte sur Corfou. Aujourd’hui, les fanfares locales s’inspirent encore des airs d’opéra italiens ! On les entend régulièrement s’époumoner au kiosque de la Spianada (Esplanade), cette place majestueuse jadis réservée aux parades de la garnison.
Remodelée après la conquête de l’île par Napoléon, elle s’embellit, à l’Ouest, des arcades du Liston (photo), inspirées de celles de la rue de Rivoli, à Paris… On y sirote agréablement un café ou un portokalo (jus d’orange). Au printemps, les fleurs d’oranger embaument l’air d’un parfum suave, entêtant le soir.
Parfois, la sérénité est brisée par des applaudissements : un match de cricket se joue sur le green de la Spianada. Une tradition importée par les Britanniques, qui imposèrent un protectorat aux Îles Ioniennes de 1815 à 1864. Le palais néoclassique de leur premier Haut-Commissaire observe encore la scène... Aujourd’hui, le cricket est enseigné dans les écoles et l’île ne compte pas moins de 11 équipes !
Corfou, une île de villégiature

Claude Hervé-Bazin
La verdeur des pentes de Corfou, tapissées de cyprès altiers, trahit bien la relative profusion de l’eau sur cette île où prospèrent jardins, vignes et oliviers. Ces derniers, aux troncs plus corpulents que partout ailleurs en Grèce, seraient plus de 2 millions !
En partie redessinée par les Vénitiens, l’île offre à l’Ouest un visage plus accidenté, marqué par des falaises impressionnantes. À Paleokastritsa, des îlots flottent sur le bleu profond de la mer Ionienne. En retrait, les rochers enserrent une anse et sa petite plage baignée par des eaux turquoise.
À l’Est, les paysages se font plus doux. D’autres îlots, parfois grands comme des radeaux, y esquissent d’attachantes parenthèses temporelles. Celui de Vlacherna (photo) s’est vu doter au XVIIe siècle d’un adorable petit monastère aux tuiles rousses, veillé par un court clocher vénitien et un cyprès solitaire. De la digue, des caïques permettent de gagner Pontikonissi, l’île de la Souris. Sous le couvert d’autres cyprès, se serre une chapelle byzantine toute simple, presque millénaire.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’aristocratie européenne découvre la douceur du climat de Corfou, qui devient à la mode. Elizabeth d’Autriche – la fameuse Sissi du cinéma – se fait bâtir un palais digne des rêves les plus scintillants. L’Achilléion, entouré de jardins en terrasses dominant merveilleusement la mer, se couvre de statues, de moulages, de moulures et autres motifs néo-grecs.
Neuf ans après la mort de l’impératrice, assassinée en 1898, Guillaume II d’Allemagne, grand amateur d’archéologie, rachète la propriété. Son cousin par alliance, le prince Philippe, ex-prince de Grèce et de Danemark, aujourd’hui époux de la reine Elizabeth II, est né à deux pas, en 1921, à la Villa Mon Repos…
En partie redessinée par les Vénitiens, l’île offre à l’Ouest un visage plus accidenté, marqué par des falaises impressionnantes. À Paleokastritsa, des îlots flottent sur le bleu profond de la mer Ionienne. En retrait, les rochers enserrent une anse et sa petite plage baignée par des eaux turquoise.
À l’Est, les paysages se font plus doux. D’autres îlots, parfois grands comme des radeaux, y esquissent d’attachantes parenthèses temporelles. Celui de Vlacherna (photo) s’est vu doter au XVIIe siècle d’un adorable petit monastère aux tuiles rousses, veillé par un court clocher vénitien et un cyprès solitaire. De la digue, des caïques permettent de gagner Pontikonissi, l’île de la Souris. Sous le couvert d’autres cyprès, se serre une chapelle byzantine toute simple, presque millénaire.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’aristocratie européenne découvre la douceur du climat de Corfou, qui devient à la mode. Elizabeth d’Autriche – la fameuse Sissi du cinéma – se fait bâtir un palais digne des rêves les plus scintillants. L’Achilléion, entouré de jardins en terrasses dominant merveilleusement la mer, se couvre de statues, de moulages, de moulures et autres motifs néo-grecs.
Neuf ans après la mort de l’impératrice, assassinée en 1898, Guillaume II d’Allemagne, grand amateur d’archéologie, rachète la propriété. Son cousin par alliance, le prince Philippe, ex-prince de Grèce et de Danemark, aujourd’hui époux de la reine Elizabeth II, est né à deux pas, en 1921, à la Villa Mon Repos…
Leucade, terre de tous les vertiges

Claude Hervé-Bazin
Au sud de Corfou, Leucade s’inscrit à part : la plus rêche, la moins fertile des îles Ioniennes, elle est aussi la moins insulaire. Seul un chenal peu profond, franchi par une chaussée, la sépare du continent. Ce passage stratégique, aménagé par les Corinthiens vers le VIIe siècle avant J.-C. s’est retrouvé placé sous la garde de fortifications.
Certains auteurs, s’appuyant sur les courants violents qui traversent le détroit, y ont situé l’antre mythologique des monstres marins Charybde et Scylla – le quitte ou double des marins antiques, condamnés à être dévorés ou sauvés.
À l’ouest, région peu peuplée, les falaises de craie forment une infranchissable palissade naturelle. Les particules calcaires, dissoutes par l’action continue des vagues, réfractent sublimement la lumière, donnant à la mer des teintes turquoise plus intenses que celles de bien des lagons.
À la pointe Sud, le saut de Leucade était déjà fort célèbre dans la haute Antiquité, époque où il marquait la fin du monde connu et le début du royaume des morts. Cet à-pic vertigineux, haut de 72 m, était couronné par un temple dédié à Apollon, où se déroulait un bien étrange rituel : le katapontismos (saut en mer). Certains historiens affirment que les prêtres se précipitaient dans le vide lors d’une fête annuelle ; pour d’autres il s’agissait de personnes mises à l’épreuve.
La poétesse Sappho, désespérée de n’avoir su se faire aimer, aurait traversé la Grèce pour se jeter du haut de ce promontoire, où elle serait morte. Plus qu’un saut vers le néant, l’exercice avait pour rôle de guérir les déceptions sentimentales... Pour éviter une issue funeste, des plumes étaient été attachées au soupirant, tandis que des bateliers attendaient en bas sa réapparition !
Certains auteurs, s’appuyant sur les courants violents qui traversent le détroit, y ont situé l’antre mythologique des monstres marins Charybde et Scylla – le quitte ou double des marins antiques, condamnés à être dévorés ou sauvés.
À l’ouest, région peu peuplée, les falaises de craie forment une infranchissable palissade naturelle. Les particules calcaires, dissoutes par l’action continue des vagues, réfractent sublimement la lumière, donnant à la mer des teintes turquoise plus intenses que celles de bien des lagons.
À la pointe Sud, le saut de Leucade était déjà fort célèbre dans la haute Antiquité, époque où il marquait la fin du monde connu et le début du royaume des morts. Cet à-pic vertigineux, haut de 72 m, était couronné par un temple dédié à Apollon, où se déroulait un bien étrange rituel : le katapontismos (saut en mer). Certains historiens affirment que les prêtres se précipitaient dans le vide lors d’une fête annuelle ; pour d’autres il s’agissait de personnes mises à l’épreuve.
La poétesse Sappho, désespérée de n’avoir su se faire aimer, aurait traversé la Grèce pour se jeter du haut de ce promontoire, où elle serait morte. Plus qu’un saut vers le néant, l’exercice avait pour rôle de guérir les déceptions sentimentales... Pour éviter une issue funeste, des plumes étaient été attachées au soupirant, tandis que des bateliers attendaient en bas sa réapparition !
L’Odyssée d’Homère et le mystère d’Ithaque

Claude Hervé-Bazin
Les îles Ioniennes sont baignées par l’histoire d’Ulysse, narrée dans l’Odyssée d’Homère. Au premier abord, les choses semblent simples : juste au sud de Leucade flotte une petite île rocailleuse baptisée du nom d’Ithaque. La voilà donc, la patrie du héros d’entre les héros ? On y cherche le prétendu « palais d’Ulysse », que certains ont voulu voir se matérialiser parmi les ruines informes de Pilikata.
L’imagination ne suffit pas à donner vie au site et l’archéologie piétine. On trouve aussi sur l’île plusieurs « grottes des Nymphes », dont une a livré des restes de trépieds de cuivre. Serait-ce le trésor remis par le roi Alkinoos à Ulysse, lors de son ultime escale au pays des Phéaciens – presque unanimement identifié à Corfou ? La datation au carbone 14 a révélé qu’ils remontaient « seulement » aux IXe-VIIIe siècles av. J.-C.
Certaines îles voisines revendiquent elles aussi l’honneur d’être la patrie d’Ulysse. Et si Ithaque avait été un royaume composé de deux ou trois îles ? Les spécialistes admettent une telle possibilité. À ce titre, Céphalonie (photo) serait la mieux placée. Sa position géographique correspond bien aux descriptions d’Homère. On y a trouvé d’importants vestiges mycéniens, dont une tombe du XIIe siècle av. J.-C. – la plus grande mise au jour à l’ouest de la Grèce, que d’aucuns ont attribuée à Ulysse. On a même situé son royaume sur la péninsule de Paliki, face au soleil couchant.
Mais Leucade possède, elle aussi, des ruines mycéniennes à Nidri, et ce lien aisé au continent qui, selon d’autres exégètes, caractérise l’Ithaque homérique... Dans l’attente de nouvelles découvertes, tout reste possible… y compris qu’Ithaque n’ait jamais eu de roi portant le nom d’Ulysse !
L’imagination ne suffit pas à donner vie au site et l’archéologie piétine. On trouve aussi sur l’île plusieurs « grottes des Nymphes », dont une a livré des restes de trépieds de cuivre. Serait-ce le trésor remis par le roi Alkinoos à Ulysse, lors de son ultime escale au pays des Phéaciens – presque unanimement identifié à Corfou ? La datation au carbone 14 a révélé qu’ils remontaient « seulement » aux IXe-VIIIe siècles av. J.-C.
Certaines îles voisines revendiquent elles aussi l’honneur d’être la patrie d’Ulysse. Et si Ithaque avait été un royaume composé de deux ou trois îles ? Les spécialistes admettent une telle possibilité. À ce titre, Céphalonie (photo) serait la mieux placée. Sa position géographique correspond bien aux descriptions d’Homère. On y a trouvé d’importants vestiges mycéniens, dont une tombe du XIIe siècle av. J.-C. – la plus grande mise au jour à l’ouest de la Grèce, que d’aucuns ont attribuée à Ulysse. On a même situé son royaume sur la péninsule de Paliki, face au soleil couchant.
Mais Leucade possède, elle aussi, des ruines mycéniennes à Nidri, et ce lien aisé au continent qui, selon d’autres exégètes, caractérise l’Ithaque homérique... Dans l’attente de nouvelles découvertes, tout reste possible… y compris qu’Ithaque n’ait jamais eu de roi portant le nom d’Ulysse !
Céphalonie, entre deux eaux

Claude Hervé-Bazin
Un facteur naturel complique le travail des archéologues : la sismicité. Les îles Ioniennes, Corfou exceptée, forment en effet la zone la plus touchée par les tremblements de terre dans toute l’Eurasie occidentale. Seize séismes importants, supérieurs à 6 sur l’échelle de Richter, ont été enregistrés durant le dernier siècle. Le plus violent (7,2), en 1953, a en grande partie détruit Ithaque, Céphalonie et Zante, provoquant la mort de près de 500 personnes.
À Céphalonie, les séismes ont favorisé la pénétration des eaux de ruissellement qui ont creusé, au fil du temps, un vaste réseau de grottes, de galeries et de rivières souterraines – en partie étendu sous le niveau de la mer. Étrangement, les eaux marines, pénétrant dans le système à l’ouest de l’île par les katavothrès (gouffres), ressortent à l’Est, en grande partie débarrassées de leur salinité !
Le séisme de 1953 a mis au jour l’une des deux principales résurgences, le lac de Mélissani, dont la voûte s’est effondrée, laissant les rayons du soleil pénétrer l’antre aux heures chaudes et illuminer sa surface d’un bleu d’une rare intensité.
Ébranlée elle aussi par les secousses, la forteresse vénitienne d’Assos (XVIe, photo) s’agrippe au sommet d’un puissant promontoire relié à l’île principale par un isthme étroit. Un site majestueux, entre pins parasols, bouquets de santolines et buissons jaunes, d’où se détache un panorama sans pareil sur la baie, profonde.
Plus loin, les chèvres broutent au flanc des falaises, au-dessus de la plage de Myrtos, à la blancheur aussi éblouissante que trompeuse : pas de sable sous le pied, mais des petits galets presque ronds, polis comme des billes, baignés par une eau toujours turquoise.
À Céphalonie, les séismes ont favorisé la pénétration des eaux de ruissellement qui ont creusé, au fil du temps, un vaste réseau de grottes, de galeries et de rivières souterraines – en partie étendu sous le niveau de la mer. Étrangement, les eaux marines, pénétrant dans le système à l’ouest de l’île par les katavothrès (gouffres), ressortent à l’Est, en grande partie débarrassées de leur salinité !
Le séisme de 1953 a mis au jour l’une des deux principales résurgences, le lac de Mélissani, dont la voûte s’est effondrée, laissant les rayons du soleil pénétrer l’antre aux heures chaudes et illuminer sa surface d’un bleu d’une rare intensité.
Ébranlée elle aussi par les secousses, la forteresse vénitienne d’Assos (XVIe, photo) s’agrippe au sommet d’un puissant promontoire relié à l’île principale par un isthme étroit. Un site majestueux, entre pins parasols, bouquets de santolines et buissons jaunes, d’où se détache un panorama sans pareil sur la baie, profonde.
Plus loin, les chèvres broutent au flanc des falaises, au-dessus de la plage de Myrtos, à la blancheur aussi éblouissante que trompeuse : pas de sable sous le pied, mais des petits galets presque ronds, polis comme des billes, baignés par une eau toujours turquoise.
Couleur lagon à Zante

Claude Hervé-Bazin
Pas de ferry direct, depuis Céphalonie, pour rejoindre Zante (Zakynthos). La plus méridionale des îles Ioniennes – la plus belle disent certains – ne se laisse aborder que par le petit port de Kyllíni, perdu au nord-ouest du Péloponnèse.
Les Vénitiens, tombés sous le charme de l’île, l’avaient baptisée « fleur du Levant ». Le printemps la recouvre de coquelicots et de boutons d’or. Moins accidentée, plus fertile, Zante est occupée à l’Est par une large plaine couverte d’oliviers. Vers Vassilikos, leurs troncs énormes laissent imaginer le nombre invraisemblable d’hivers qu’ils ont passés.
Zante se distingue des autres îles Ioniennes par ses plages de sable. La plus connue est inaccessible, mais de toute beauté. Nichée au creux d’un cirque de falaises, la baie du Naufrage doit son nom à l’épave rouillée du Panagiotis, un petit cargo de contrebande échoué à la suite d’une course-poursuite avec les gardes-côtes.
Vue d’en haut, l’intensité des eaux dépasse celle des lagons polynésiens. Cette incroyable luminosité est due aux très fines particules de craie arrachées aux falaises par les vagues, qui filtrent le spectre lumineux en ne laissant passer que le bleu.
D’autres tapis de sable se déroulent sur la côte Est, à Alykès, et au Sud dans la baie de Langanas, site du premier parc national marin grec. Cinq kilomètres de sable tiède, où la plus importante colonie reproductrice de tortues carets (caouannes) de Méditerranée doit slalomer entre les chaises longues pour venir pondre…
L’inaction du gouvernement, couplée au déferlement de dizaines de milliers de party-goers anglais, menace la survie des tortues. Seul le secteur de Sekania, racheté par le WWF, échappe à leur emprise. Là, profitant des nuits estivales les plus sombres, les femelles déposent près de 200 œufs dans un trou creusé à 50 cm de profondeur, dans la partie supérieure de la plage. Deux mois plus tard, les jeunes tortues entameront leur course incertaine vers la mer.
Les Vénitiens, tombés sous le charme de l’île, l’avaient baptisée « fleur du Levant ». Le printemps la recouvre de coquelicots et de boutons d’or. Moins accidentée, plus fertile, Zante est occupée à l’Est par une large plaine couverte d’oliviers. Vers Vassilikos, leurs troncs énormes laissent imaginer le nombre invraisemblable d’hivers qu’ils ont passés.
Zante se distingue des autres îles Ioniennes par ses plages de sable. La plus connue est inaccessible, mais de toute beauté. Nichée au creux d’un cirque de falaises, la baie du Naufrage doit son nom à l’épave rouillée du Panagiotis, un petit cargo de contrebande échoué à la suite d’une course-poursuite avec les gardes-côtes.
Vue d’en haut, l’intensité des eaux dépasse celle des lagons polynésiens. Cette incroyable luminosité est due aux très fines particules de craie arrachées aux falaises par les vagues, qui filtrent le spectre lumineux en ne laissant passer que le bleu.
D’autres tapis de sable se déroulent sur la côte Est, à Alykès, et au Sud dans la baie de Langanas, site du premier parc national marin grec. Cinq kilomètres de sable tiède, où la plus importante colonie reproductrice de tortues carets (caouannes) de Méditerranée doit slalomer entre les chaises longues pour venir pondre…
L’inaction du gouvernement, couplée au déferlement de dizaines de milliers de party-goers anglais, menace la survie des tortues. Seul le secteur de Sekania, racheté par le WWF, échappe à leur emprise. Là, profitant des nuits estivales les plus sombres, les femelles déposent près de 200 œufs dans un trou creusé à 50 cm de profondeur, dans la partie supérieure de la plage. Deux mois plus tard, les jeunes tortues entameront leur course incertaine vers la mer.
Fiche pratique

Claude Hervé-Bazin
Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Grèce.
Comment y aller ?
On peut gagner Corfou facilement en avion via Athènes avec Olympic Air ou Aegean Airways ; la première vole également vers Céphalonie et Zante.
Chaque île est desservie par un ou plusieurs ferries, mais toutes ne sont pas reliées entre elles. Il vous faudra donc régulièrement revenir sur le continent pour poursuivre votre découverte.
Ainsi, on ne peut rejoindre Ithaque que depuis Patras et Zante. Et cette dernière n’est pas reliée à Céphalonie (il faut transiter à Kyllíni, au Péloponnèse). Enfin, Leucade se visite surtout depuis la terre, puisqu’une chaussée y mène depuis le continent.
Où se poser ?
Pour un court séjour, mieux vaut privilégier une seule île. Corfou semble un choix naturel, quoique Zante s’y prête bien également. Pour voir tout l’archipel, il est préférable d’être véhiculé et de faire des sauts de puce en ferry.
De Corfou, les amateurs d’antiquités feront une excursion en Albanie (30 min de bateau) pour aller visiter la cité de Butrint, classée à l’Unesco.
Climat
Le printemps revient avec le mois d'avril et la floraison atteint son maximum au mois de mai. Les premières grosses chaleurs débutent en juin, mais l'influence du vent permet d'éviter la canicule (29° C de moyenne quand même en août, jusqu’à 35° C certains jours). Le début de l’automne est particulièrement agréable, l’hiver doux bien que pluvieux. Les amateurs de bains de mer viendront en août : l’eau atteint alors 24° C !
Sur place, Corfou possède un assez bon réseau de bus, avec des passages toutes les 20-30 min entre 7h et 22h, sur la route principale (moins fréquent le dimanche).
Où dormir ?
Comme partout en Grèce, les petites pensions familiales abondent. Les tarifs y sont particulièrement abordables au printemps et à l’automne (30-50 € la double), mais ils grimpent largement en juillet-août – ils peuvent même alors doubler !
On trouve aussi un grand nombre d’appartements en location, comme l’excellent Oceanis, à Barbati, près de la ville de Corfou, d’où l’on domine la baie . Dans le créneau luxe, à Corfou toujours, misez sans crainte sur le Delfino Blu Boutique Hotel avec ses studios, suites et appartements pouvant accueillir 6 personnes. Attention, de très nombreux établissements ne sont ouverts que d’avril ou mai à septembre ou octobre.
En allant voir les falaises de Paleokastritsa, prenez votre courage à deux mains et descendez les 142 marches menant jusqu’au mignon bar La Grotta, niché au creux des rochers, où l’on peut se baigner. Divin. Il ne restera plus qu’à remonter !
Liens utiles
www.visitgreece.gr
Le site officiel du tourisme en Grèce.
druine.free.fr/corfou/
Un guide personnel de Corfou, assez complet et en français.
www.holidaycorfu.org
Guide privé de l’île (en anglais), avec des galeries de photos.
www.kefalonia-ithaca.com
Un guide également privé consacré à Céphalonie et Ithaque, avec des photos et des infos sur les lieux à visiter (en anglais).
www.zakynthos.net.gr
Guide commercial de Zante, avec quelques infos de fond (version française).
Comment y aller ?
On peut gagner Corfou facilement en avion via Athènes avec Olympic Air ou Aegean Airways ; la première vole également vers Céphalonie et Zante.
Chaque île est desservie par un ou plusieurs ferries, mais toutes ne sont pas reliées entre elles. Il vous faudra donc régulièrement revenir sur le continent pour poursuivre votre découverte.
Ainsi, on ne peut rejoindre Ithaque que depuis Patras et Zante. Et cette dernière n’est pas reliée à Céphalonie (il faut transiter à Kyllíni, au Péloponnèse). Enfin, Leucade se visite surtout depuis la terre, puisqu’une chaussée y mène depuis le continent.
Où se poser ?
Pour un court séjour, mieux vaut privilégier une seule île. Corfou semble un choix naturel, quoique Zante s’y prête bien également. Pour voir tout l’archipel, il est préférable d’être véhiculé et de faire des sauts de puce en ferry.
De Corfou, les amateurs d’antiquités feront une excursion en Albanie (30 min de bateau) pour aller visiter la cité de Butrint, classée à l’Unesco.
Climat
Le printemps revient avec le mois d'avril et la floraison atteint son maximum au mois de mai. Les premières grosses chaleurs débutent en juin, mais l'influence du vent permet d'éviter la canicule (29° C de moyenne quand même en août, jusqu’à 35° C certains jours). Le début de l’automne est particulièrement agréable, l’hiver doux bien que pluvieux. Les amateurs de bains de mer viendront en août : l’eau atteint alors 24° C !
Sur place, Corfou possède un assez bon réseau de bus, avec des passages toutes les 20-30 min entre 7h et 22h, sur la route principale (moins fréquent le dimanche).
Où dormir ?
Comme partout en Grèce, les petites pensions familiales abondent. Les tarifs y sont particulièrement abordables au printemps et à l’automne (30-50 € la double), mais ils grimpent largement en juillet-août – ils peuvent même alors doubler !
On trouve aussi un grand nombre d’appartements en location, comme l’excellent Oceanis, à Barbati, près de la ville de Corfou, d’où l’on domine la baie . Dans le créneau luxe, à Corfou toujours, misez sans crainte sur le Delfino Blu Boutique Hotel avec ses studios, suites et appartements pouvant accueillir 6 personnes. Attention, de très nombreux établissements ne sont ouverts que d’avril ou mai à septembre ou octobre.
En allant voir les falaises de Paleokastritsa, prenez votre courage à deux mains et descendez les 142 marches menant jusqu’au mignon bar La Grotta, niché au creux des rochers, où l’on peut se baigner. Divin. Il ne restera plus qu’à remonter !
Liens utiles
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Le site officiel du tourisme en Grèce.
druine.free.fr/corfou/
Un guide personnel de Corfou, assez complet et en français.
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Guide privé de l’île (en anglais), avec des galeries de photos.
www.kefalonia-ithaca.com
Un guide également privé consacré à Céphalonie et Ithaque, avec des photos et des infos sur les lieux à visiter (en anglais).
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Les îles grecques font rêver le monde entier, elles forment une destination touristique de premier plan, en Europe comme dans le monde. Du Dodécanèse aux îles Ioniennes, en passant par les Cyclades,...

Les Météores, icônes de la Grèce
Paysage parmi les plus impressionnants du pays, les Météores font partie des sites les plus visités de Grèce. Impossible, il est vrai, de résister à l’attrait de ces monastères perchés entre ciel et...

Ioánnina et les Zagoria : la Grèce secrète de l’Épire intérieure
C’est l’un des secrets les mieux gardés de la Grèce : l’Épire intérieure, une région méconnue et pourtant splendide, que l’on découvre au départ de Ioánnina, sa petite capitale.
Pas de maisons...

Grèce : 5 destinations pour l’été
Au-delà d’Athènes et des Cyclades, la Grèce regorge de trésors aux quatre coins du pays, de la plaine de Thessalie à la Crète, des îles ioniennes à celles du Dodécanèse, en passant par la péninsule du...
Infos pratiques
Bons plans voyage Grèce

Croisières en Grèce : vivez l’été sur l’eau
Naviguez au cœur des îles grecques (Cyclades, Ioniennes, Dodécanèse) à bord de bateaux à taille humaine. Itinéraires sur mesure, avec équipage ou en location, et conseils d’experts Filovent pour une croisière inoubliable.
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