Nord-Ouest de l’Argentine, sur la route des Andes

Olivier Page
par Olivier Page

14 novembre 2011

Olivier Page et Bertrand Deschamps

L’Argentine ne se résume pas à la trépidante Buenos Aires, ni à l’immense Pampa, ni encore aux fracassantes chutes d’Iguazu. Il y a une vie au-dessus de la Patagonie plate et sans fin.

Ce sont les montagnes et les contreforts de la Cordillère des Andes, où cohabitent, sous le même ciel pur, vignes, neiges, oliviers et cactus, lamas et vaches, platanes et palmiers…Mirage ou miracle de la nature ?

Partons à la découverte de ces vastes paysages cabossés, verts et boisés comme au Chili voisin ou austères, secs et déserts comme en Bolivie. Autour de Salta, Olivier Page, rédacteur au Guide du Routard, a exploré cette Argentine éternelle des confins altiers et frontaliers. Une autre Argentine qui n’est plus vraiment la même, et pas encore tout à fait une autre…

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Purmamarca, Tilcara, Humahuaca, abracadabra !

Olivier Page et Bertrand Deschamps

Les noms sur la carte du nord-ouest argentin ont des consonances étranges, ensorcelantes : Purmamarca, Tilcara, Humahuaca... On a envie d’ajouter « Abracadabra », comme une formule magique. Ces noms invitent d’abord à la curiosité et à l’exploration minutieuse.

Partis de Buenos Aires, on y arrive rapidement, grâce à un vol intérieur d’une compagnie nationale. Location de voiture à l’aéroport de Jujuy (mais on peut aussi choisir Salta), puis soudain surgit la route majestueuse et la grandeur des horizons. Quel émerveillement devant ces paysages verts et verdoyants dans les vallées ! Ils deviennent de plus en plus rocailleux lorsqu’on s’approche du Chili et de la Bolivie : amas de pierres ocre, jaunes, grises, d’arbustes rabougris, de torrents aux eaux folles, de nuages rêveurs dans un ciel bleu très pur.

A 65 km au nord de Jujuy (une petite ville qui se prononce « rourouille »), Purmamarca est un gros village où les petites maisons de pisé et bois de cactus s’harmonisent avec l’environnement et le paysage de la Quebrada de Humahuaca (photo).

Qu’est-ce donc que cette Quebrada ? Une grosse cassure dans le relief, sorte de grand défilé rocheux ondulatoire (el Cerro de los Siete Colores - la montagne aux Sept Couleurs) aux tonalités changeantes : mauve, beige, vert, rose des sables, et terre de Sienne.

Ici, le big-bang à l’origine de la terre andine et argentine a tout laissé dans l’état, et le maître de la création semble avoir quitté son atelier d’artiste en urgence. Œuvre inachevée ! Dieu fatigué ! Regardez la beauté brute d’une quebrada (il y en a plusieurs sur la route) et vous comprendrez que ce n’est pas l’art qui imite la nature, mais le contraire.

Tilcara, le village de l’éternel printemps

Olivier Page et Bertrand Deschamps

A 22 km au nord de Purmamarca, juste après la région de la Paleta del Pintor (la « Palette du Peintre »), où les montagnes aux flancs rocailleux portent les formes et les couleurs du temps, nous sommes déjà à 2 465 m d’altitude. Une petite route conduit au village de Tilcara, « l’étoile filante » en quechua.

Autrefois, avant l’arrivée des conquérants espagnols, la région était peuplée d’ethnies rattachées à la grande famille inca. Si l’empereur Atahualpa revenait sur terre, il pourrait comprendre ce que ce garagiste me dit en langue quechua, alors que je répare mon pneu crevé : « Ce n’est pas parce que l’on a un clou dans le caoutchouc qu’il faut passer à Tilcara comme une flèche !» Bien au contraire, cette petite bourgade en plein essor mérite une halte, notamment pour sa pucará, forteresse de l’époque inca construite au sommet de la colline.

Voilà le plus dynamique village de la Quebrada, stimulé par l’afflux de jeunes routards argentins et de touristes étrangers. Ils viennent nombreux en janvier, à l’occasion du festival Enero tilcareño, mais aussi pendant le carnaval, la Semaine sainte, le festival célébrant la Pachamama (la Mère de la Terre, la grande déesse de la création inca) en août, etc. Juillet, août et septembre sont des mois agréables pour séjourner : la température est la même à Tilcara toute l’année. Une région bénie par la Pachamama.

Humahuaca, l’étoile du Capricorne

Olivier Page et Bertrand Deschamps
Dans un vaste paysage montagneux et pelé, planté sur le côté droit de la route Panaméricaine, un grand panneau vert métallique signale : Tropico del Capricornio, le Tropique du Capricorne ! Mon GPS frémit de joie et indique : 23’’26’16 latitude sud.

Cette ligne invisible, qui enlace la terre comme celle de l’équateur, est plus qu’un repère géographique sur la mappemonde : c’est bel et bien une ligne de fuite, la seule qui comble les esprits vagabonds et les âmes fugitives, assiégées par la sédentarité. Est-ce un hasard si, il y a 2000 ans, le soleil entrait dans la constellation du Capricorne lors du solstice de décembre ? Généreux Tropique du Capricorne, tu nous donnes un avant-goût d’une virée intersidérale dans les galaxies lointaines !

À 41 km de Tilcara, au bord du río Grande, Humahuaca est juchée à presque 3 000 m d’altitude, le long de la fantastique quebrada du même nom. Le bourg a conservé son caractère rustique avec ses ruelles pavées, ses maisons en pisé, ses habitants aux traits andins, portant des churros et des pulls en laine de lama, ses enfants au visage tanné par le vent sec et le soleil.

Quand on a la chance de venir en février, pendant le carnaval, on prend vraiment conscience de la vivacité des traditions même si la civilisation inca a disparu. Dans ce gros bourg, on respire enfin, Buenos Aires l’agitée semble être à des années-lumière. Le flanc andin de l’Argentine a des vertus thérapeutiques et apaisantes. Et ce fut un soulagement lorsque notre téléphone portable, en ces terres extrêmes, cessa de capter les ondes planétaires.

Yavi, terre de vie

Olivier Page et Bertrand Deschamps
L’Argentine se termine au nord-ouest de son territoire par un plateau d’altitude, interminable étendue aride, triste et belle à la fois : c’est l’Altiplano qui annonce déjà les hautes terres lunaires de la Bolivie voisine. Nous sommes à présent à 3442 m d’altitude, hors des sentiers battus. Nous mâchons des feuilles de coca, pour éviter le soroche, le mal d’altitude.

Aucune envie de rester dormir à Villazon, ville-frontière déglinguée, aux pauvres maisons empoussiérées et dénuées de charme. On préfère un village andin, simple et rustique, comme Yavi. C’est déjà la haute solitude de la Bolivie, et ces paysages interminables, dénudés, battus par les vents, avec toutefois quelques ondulations de collines pour égayer cette austère mélancolie.

Yavi consiste en une longue rue principale bordée de maisons en pisé. En contrebas, dans un vallon verdoyant, curieuse apparition que cette petite église attenante au musée local, îlot de fraicheur dans son nid d’arbres. Une nuit à Yavi n’est pas une nuit à Buenos Aires. Elle est plus longue, plus sereine, c’est la terre qui gouverne les esprits, pas le macadam.

Notre pension, comme toutes les maisons de la bourgade, repose sur des murs de terre couleur terre de Sienne naturelle. Des bicoques sommaires mais bien foutues qui ont résisté au temps : des masures écolos avant la lettre. Pas de granit, pas de ciment, rien de tout ça : le pisé est un mélange de terre séchée, de paille, d’un peu de bois, et de je-ne-sais-quoi de liant secret, et hop, le tour est joué. C’est beau, simple et solide.

Cachi, Seclantas, Molinos, dans les vallées Calchaquies

Olivier Page et Bertrand Deschamps
Route au sud de Salta. Des maisons blanches ici et là, sous la lumière andine, une certaine douceur retrouvée au fond d’une vallée apaisante pour le voyageur, des prés et des jardins verdoyants… De retour sur une terre humaine après une excursion sur la lune !

A 2 280 m d’altitude, construite au pied de montagnes qui dépassent les 6 000 m, voici Cachi, un bon gros village surprenant et accueillant, tant la région qui le précède est désertique ! Un oasis de paix et de vie ! On se croirait quelque part en Andalousie ou dans l’Extremadure. Comment être déçu par cette apparition qui ne tient ni du mirage ni du miracle mais de la simple nature ?

A 35 km de Cachi sur la route de Molinos, bâti sur l’autre rive du río Calchaquí, Seclantas est un charmant village aux maisons blanches, noyé dans la lumière des Andes. La vie s’anime à peine autour de la petite place ombragée par un bouquet de palmiers. On a envie de poser son sac dans un des deux petits hôtels à l’ombre de l’église.

À 110 km au nord de Cafayate et 48 km au sud de Cachi, une interminable piste caillouteuse (et pourtant c’est une route nationale) conduit à Molinos. On a cherché les moulins, il n’y en a pas, ni à eau, ni à vent. Ils sont imaginaires probablement, comme dans l’histoire de Don Quichotte…

Encore une autre d’oasis de verdure et de fraîcheur, où se cache un village aux maisons blanches, en pisé ou en bois. La plus belle demeure est une grande maison coloniale, qui abrita le dernier gouverneur de Salta, Nicolás Severo de Isasmendi y Echalar (1753-1837).Très bien restaurée... c’est aujourd’hui un hôtel de charme luxueux. Le fantôme de Don Quichotte y serait à l’aise.

Don Ruiz et ses trois filles

Olivier Page et Bertrand Deschamps
L’imprévu arrive quand tout a été prévu. Il y avait trop de vacarme sous les fenêtres de notre hôtel de Cachi. Du coup, nous avons déguerpi à la campagne, au milieu de nulle part, pour loger dans une très belle hacienda (ici on dit finca) : la Finca La Paya. Un grand domaine verdoyant de plusieurs dizaines d’hectares de cultures, d’arbres fruitiers et de vignes, au cœur d’une zone dépeuplée, rocailleuse et quasi-désertique.

Rond comme un Gargantua argentin, édenté mais l’œil vif, Julio Ruiz Moreno nous reçoit avec quelques mots de français et nous raconte ses années d’études à Montpellier (1964), où il a appris le métier de viticulteur. Rangée au garage, sa vieille Peugeot 504 roule toujours malgré ses 17 ans de carrière.

Issu d’une famille de militaires de Buenos Aires, Don Ruiz est natif de Cafayate où ses grands-parents, des descendants de migrants andalous débarqués en Argentine vers 1700, avaient une propriété. De nombreuses photos attestent de sa jeunesse dorée, de ses relations brillantes et de son amitié avec Fangio, le pilote de légende. Attaché à son domaine, Don Ruiz y passe une retraite sereine en compagnie de sa femme (une historienne), de ses trois filles et de quelques salariés.

L’aînée, Virginia, 33 ans, est ingénieur agronome, spécialisée dans l’œnologie, comme son père. Magdalena, 32 ans, travaille dans le tourisme. Maria Julia, 27 ans, est historienne. Contrairement à ses deux autres sœurs qui se sont mariées dans la chapelle blanche de la Paya, Virginia est toujours célibataire. Elle veille sur son vieux père et gère l'important domaine viticole.

En 2012, le domaine de Don Ruiz produira des vins issus de nouveaux cépages expérimentaux : du Malbec et du Cabernet. Pourquoi ces cépages ? Virginia assure qu’ils sont plus faciles à élever et à produire car plus flexibles et adaptables aux conditions naturelles de la région. La nuit est maintenant tombée, et les orages continuent de gronder au loin. L'électricité ne sera pas rétablie avant quelques heures, et c'est à la lueur des flambeaux que le dîner est servi dans l'élégante salle à manger. Ambiance romantique du bout du monde dans un lieu hors du temps !

Cafayate, autant en emporte le vin

Olivier Page et Bertrand Deschamps
Adossée aux contreforts de la cordillère des Andes, à 1 660 m d’altitude, entourée de magnifiques vignobles, Cafayate (prononcer « cafa-chaté », photo) est un mariage heureux de la nature et de la culture. La main de l’homme a réussi à produire de bons vins sur de hautes terres de rocaille et d’herbages, propices à l’élevage des moutons et des lamas.

Il n’est pas rare que l’œil capte en même temps un sommet enneigé, des cactus, des oliviers et des champs de vigne. Mirage ? Non miracle ! Cafayate est un site exceptionnel au pied des montagnes, une petite ville paisible, fière de son urbanisme colonial espagnol (les rues se coupent à angle droit) et de ses vins, fameux ! Quel bonheur d’y faire escale après des heures de pistes caillouteuses et poussiéreuses !

Le soir, la place centrale animée et ombragée rappelle l’ambiance d’une ville du Sud-Ouest de la France, avec ses terrasses de cafés et ses platanes. Le vin de Cafayate participe à cette douceur. Implanté par les Jésuites au XVIIIe s., le vignoble n’a cessé de croître avec le temps. Moins réputé que celui de Mendoza, le vignoble de Cafayate est classé comme le plus haut vignoble d’altitude d’Amérique latine. Le cépage Torrontes (cousin du Moscatel), rare et savoureux, donne des vins complexes et très floraux.

Les grands domaines viticoles se visitent et organisent des dégustations. La Bodega Nanni propose des vins bio d’altitude, et la Bodega Etchart a séduit les français de Pernod-Ricard qui ont créé une joint-venture avec cette vieille famille argentine implantée dans le vignoble depuis longtemps.

Ricardo et Mirta : le bonheur est dans la glace

Olivier Page et Bertrand Deschamps
Cafayate n’est pas l’île Saint-Louis, mais chez Helados Miranda nous avons trouvé le Berthillon argentin ! Heureux couple de septuagénaires, Ricardo Miranda et son épouse Mirta Bonomi vivent pour et par les glaces. Depuis plus de 32 ans, ils tiennent leur petite boutique immaculée (helados signifie « glaces » en espagnol), au cœur de la ville, où ils confectionnent d’exceptionnels sorbets pour un public nombreux. Ils ont été les premiers dans leur pays à inventer la glace au vin, qui recèle un secret de fabrication que Ricardo ne dévoilera jamais à personne.

Né à Buenos-Aires, Ricardo a étudié à l’école des Beaux-Arts, puis est devenu auteur et scénographe de théâtre. Son style c’était le théâtre d’avant-garde et expérimental. Il a été aussi professeur de dessin et de peinture. Après 10 ans de vie au Brésil où il a dirigé une usine de meubles, il retourne en 1967 en Argentine et s’installe à Cafayate, dans le Far West argentin.

Nouveau tournant dans sa vie aventureuse, il se lance alors dans la fabrication et la vente de glaces avec l’intention de ne jamais aliéner sa liberté. Autodidacte, solitaire, puriste et même puritain des saveurs, il a appris à élaborer de vraies glaces bio à partir des meilleurs fruits et du meilleur cacao, non contaminés par les effets de la chimie.

Personne, même les plus grandes sociétés de glace n’ont réussi à faire aussi bien que la modeste boutique de Ricardo et Mirta. Nous sommes ce soir leurs derniers clients, et dans la nuit chaude de l’été austral, ils s’accordent enfin un peu de repos, assis tendrement sur le banc public des amoureux…

Un grand merci à Bertrand Deschamps, mon ami et co-équipier, qui a toujours le troisième œil pour dénicher, débusquer, découvrir les histoires insolites au fil des voyages.

Fiche pratique

Olivier Page et Bertrand Deschamps
Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Argentine.

Y aller ?

Vol quotidien direct Paris CDG-Buenos Aires avec Air France (moins cher avec correspondances), en continuation avec Aerolineas Argentinas vers Salta et Jujuy.

Nos adresses

Purmamarca

- El Pequeño Inti : Florida, s/n. Tél : 490-80-89. Chambres avec sdb privée à partir de 150 $Ar pour 2 pers (27 €) Bon petit déj inclus. 5 chambres simples et propres autour d’un petit patio carrelé. Accueil familial et sans chichis. On s’y sent bien. Le bon plan routard de ce village touristique.

Humahuaca - La Casa Encantanda (La Maison enchantée) : Buenos Aires, 524. Tel : 42-10-83. lamaisonenchantee@hotmail.com Double 230 $Ar (40 €) avec bains privatifs. Seulement 5 chambres dans cette vieille maison de famille, patinée par le temps et chargée de souvenirs. La propriétaire, une dame joviale, y fait attention et reste très attentive à ses hôtes.

Tilcara

- Casa Colores : Antigua estacion de tren. POR : 155-72-88 -97. Lit en dortoir : 45 $Ar. Chambre double 100 $Ar (17 €). Petit déj en plus. A l’écart du centre (compter 15 min à pied), près de l’ancienne gare ferroviaire de la ville, aujourd’hui désaffectée, cette petite auberge de jeunesse a la particularité d’être simple, propre, bien tenue et à taille humaine.

Yavi

- Posada La Casona : av Campo y Carrera, esquina San Martin. Tel : 42-51-48. mccalizaya@hotmail.com Double 70-90 $Ar (12-15 €) selon confort (salle de bains partagée ou privative). Groupe de maisons en pisé, dans le style local, abritant des petites chambres simples et propres donnant sur un patio. La propriétaire, l’accueillante Monica, connait très bien la région et peut vous renseigner sur les balades à faire.

Cachi

- Finca La Paya : à 10 km au sud de Cachi en direction de Molinos, puis 4 km à l’ouest (bien signalé par un panneau en français). Chambre env 260 $Ar (47 €) avec petit déj. Table d’hôtes autour de 50 $Ar ( 9 €). Une adresse résolument originale, un véritable coup de cœur dans cette région. Le propriétaire (francophone) Julio Ruiz Moreno et sa famille vous accueillent vraiment comme des invités, très chaleureusement. Ils ont su conserver le charme et le style ancien de cette très belle maison de style colonial calchaquí (1878), au cœur d’un paysage sauvage.

Cafayate

- Killa Cafayate Hotel : Colón, 47, Cafayate. À 1 cuadra de la place centrale. Doubles à partir de 360 $Ar (72 €). Internet, wifi. NotTrès bel hôtel soigneusement rénové, meublé et décoré de façon traditionnelle. Ce qui rend le plus attachant cette maison, c’est l’accueil exceptionnel de Martha Chocobar et de sa famille d’origine indienne Calchaqui.

- Helados Miranda : Güemes Norte, 170, Cafayate. Tél 42-11-06. Les meilleures glaces artisanales du grand Ouest !

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