La magie des gestes![]() Côtoyer les Touaregs est un luxe. Chacun de leurs gestes est une petite œuvre d’art à lui seul. Alors j’observe. J’observe Khemiss qui, le dos arqué et les bras tendus en arrière, armé d’une lourde pierre, écrase la carcasse d’une branche morte comme pour la tuer une seconde fois. J’observe Slimane qui, après avoir découpé le mouton au-dessus du sable rugueux, en dépose les lambeaux de chair sur les épines d’un acacia – ainsi séchée, elle servira toute la semaine. J’observe Guedda remplir les casseroles de l’eau gardée par la gorda, cette outre en peau de chèvre cousue méticuleusement. J’observe Khemiss à nouveau qui, malgré le mal de dos qui le gagne, écarte, tout en marchant, les plus grosses pierres du chemin. Un travail de Sisyphe qui, malgré tout, a permis de frayer une voie au fil des innombrables passages. J’observe, ahurie, Abdallah rincer la bouche de son dromadaire à l’aide d’une théière, avant un acte chirurgical d’urgence pour entailler des verrues gênantes, sous les râles stoïques de l’animal.
Photo : Cerise Maréchaud |
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