Cette île va connaître le même destin " touristique " que Cuba. J'en suis persuadé. Il est temps d'en profiter avant que la foule des " voyages organisés " ne colonise l'endroit. C'est ce que je me répète en buvant mon thé de Ceylan, ce matin. Si le cessez-le-feu, signé le 28 février 2002, entre les forces gouvernementales et les Tigres Tamouls tient… je suis certain que l'endroit deviendra une destination très courue. La population y est excessivement accueillante. Les paysages de toute beauté ont tout pour plaire. Les plages du sud, encore peu construites, échapperont-elles aux grands hôtels bétonnés ? L'arrivée d'un groupe de Français, alors que la salle à manger était hier presque vide, n'est pas étrangère à ces sombres pensées. Nous nous rendons à la gare de Kandy pour prendre des billets de train. 560 roupies pour aller à Nuwaraelyia ! Quatre heures de train pour moins d'un euro ! Décidément, cette destination est vraiment bon marché. Evidemment le train est bondé. Et nous devons faire les cent premiers kilomètres debout, serrés comme dans le métro aux heures de pointe. Heureusement pour nous, les passagers descendant à chaque gare en plus grand nombre que les arrivants, nous nous trouvons des places au bout de deux heures. Nos voisins sont Tamouls. Ils rentrent de Colombo pour visiter leur famille qui travaille dans les plantations de thé de Nuwaraelyia . Ils chantent en jouant du tambourin. Je sort ma caméra et tourne. La voie ferrée longe la montagne, passe de petits ponts enjambant le précipice. Je m'installe dans l'encadrement d'une porte et me penche à l'extérieur pour filmer le train dans les virages. Dans chaque tunnels, les enfants se mettent à hurler comme si nous étions dans un train-fantôme, à une fête foraine !