Nous nous recueillons un moment dans le monastère de Dowa. Un moine, muni d'une immense clef, (qui a 400 ans, prétend-il), nous ouvre les portes d'un temple souterrain où l'on devine des bouddhas couchés. De part et d'autre de la porte peinte, je note deux monstres menaçant, tenant l'un dans sa gueule un éléphant, l'autre un buffle. Mais le plus beau réside dans une statue sculptée à même la roche à l'extérieur du site.
A Ella, nous marquons un stop pour admirer la vue sur une immense falaise. Nous croisons deux " routards " français. Ils nous racontent leur voyage. Lui est consultant, elle travaille dans la pub. Ils s'apprêtent à s'installer au Vietnam. Nous les déposons aux chutes d'eau de Ramboda, malheureusement moins impressionnantes qu'en saison des pluies et poursuivons notre chemin.
La route est longue jusqu'à Matara. Nous faisons un détour pour longer le parc d'Uda Walawe qui ressemble à ces réserves africaines (savane à perte de vue, ponctuée par des pins parasols, arbres morts noyés par de grandes étendues d'eau) mais nous n'apercevons aucun animal sauvage. Il aurait fallu se lever plus tôt. Peu avant Hambantota, nous tombons néanmoins nez à nez avec un énorme varan qui traverse pesamment la route et s'enfuit à l'arrivée d'un camion. Nous nous arrêtons pour manger dans une gargote, puis plus tard pour déguster un délicieux yaourt (kurt) de lait de bufflesse, sur le bord de la route. Nous nous enfonçons ensuite sur une piste pour découvrir le site de Buduruwagala. Moment magique. Les éléphants sauvages ont laissé des empreintes de pas au pied d'un immense bouddha sculpté dans la falaise. Six bodhisattvas (les héritiers de Bouddha qui doivent revenir sur terre un jour, selon notre guide) veillent sur la jungle. Il faudrait avoir un peu plus de temps pour franchir les trois kilomètres qui nous séparent de la forteresse que l'on nous décrit, dans la forêt. Mais nous n'avons pas le temps. Nous cherchons néanmoins, un moment, les crocodiles dans la rivière. En vain. Il se met à pleuvoir. Nous quittons les lieux.