Tourisme et authenticité : des concepts antagonistes ?
Je me dis qu'au Moyen Âge nos places de foire devaient ressembler à ce foisonnement de vie. Et je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la persistance et la pertinence de cette place. Est-ce qu'elle et ses souks n'existent plus que pour le touriste, est-ce uniquement grâce et par le tourisme qu'un tel lieu existe encore à l'heure où le monde dit moderne, à portée de parabole satellite, fascine les jeunes générations marocaines ? Ces jeunes générations qui préfèrent vivre dans le béton (signe de modernité et donc de progrès) plutôt que de perpétuer les savoirs traditionnels de construction, tel le pisé, utilisés par les rénovateurs (le plus souvent français) de vieilles demeures de la médina que sont les riads. Est-ce donc un monde recomposé, prêt à mettre en pellicule photographique ? Cette question, on peut certainement se la poser partout où le tourisme de masse a posé ses jalons ! Quid de l'authenticité pour une économie fondée sur le tourisme ?
Les Marrakchis, d'après ce que j'ai pu échanger avec quelques-uns d'entre eux sur le sujet, ne perçoivent pas cela comme un antagonisme, mais plutôt comme une évolution et continuent à considérer leur place, autrefois immense marché où paysans du Haut-Atlas et caravaniers du désert venaient vendre leurs marchandises, comme un héritage du passé et le cœur névralgique de leur ville, même si c'est le tourisme qui, aujourd'hui, semble l'inscrire dans la durée.