Le village de Khoud![]() En théorie, je devrais toujours être coincé dans mon relais-étape au fond du désert, mais le messie survint sous la forme d'un fourgon bleu, russe, spacieux et robuste. Khovd, capitale de l'Ouest. On prononce le " kh " comme un " rhhhh ". C'est assez grand, peut-être trente mille habitants, des magasins et gargotes en abondance, des rochers aux alentours, de tous les côtés. On est arrivé à 5 h 30 du matin. Khovd est agréable. Ses avenues rectilignes bordées d'arbres (rare !) sont pourvues de trottoirs étroits, timides, mais existants. La ville semble même, et c'est une première, obéir à une esquisse préalable. Ces montagnes toutes blanches à l'Ouest et au Nord, ces rocs acérés à l'Est et au Sud, forment un écrin protecteur, presque maternel, un berceau dans lequel se lovent quartiers administratifs en béton et quartiers de gers, feutre et bois, obéissant à cette immuable dualité des villes mongoles : héritage russe et héritage ancestral. Le matin, j'ai visité les bas-fonds de Khovd, où la terre accueille la putrescence de cadavres de vaches, de chèvres et de chiens malades, dans des états de décomposition assez variés, un éventail, une fresque biologique de la fin. Photo : David Giason |
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