Routard.com, guides de voyage en ligne



Pour vous abonner
à la lettre du routard
indiquez votre adresse e-mail

La pluie comme une délivrance

La pluie comme une délivrance

Après cinq jours magiques passés sur une autre planète où des arches se rejoignent au-dessus de nos têtes, où des labyrinthes secrets mènent vers des cirques de sable oubliés de tous, l'unique véhicule rescapé nous rejoint au puits de Tokou. Il reste à regagner la civilisation. Mais l'itinéraire est exceptionnel, compte tenu de la saison. Entassés à sept dans la dernière Toyota - un Touareg nigérien, deux Toubous, un Arabe noir et trois Occidentaux - nous avons dû abandonner tout le superflu. En allant vers le sud et la capitale du Ouaddaï, Abéché, nous comptons croiser tous les Arabes nomades du sud du Tchad qui remontent pour leur transhumance annuelle, gagnant sur les pâturages du désert, au début de l'été et de la saison des pluies. Au début, nous ne rencontrons que l'un ou l'autre gamin noir aux traits fins, perdu seul dans l'immensité nue, sans eau. Comme ils courent vers nous, un bidon vide à la main, n'ayant pas bu depuis des jours, nous leur offrons de nos réserves. Mais je sais qu'il s'agit d'éclaireurs avant le grand moukhal, des milliers de nomades qui se déplacent avec femmes en palanquins montés sur des chameaux, enfants, chevaux, zébus, chèvres et moutons… À Kalaït, leur pression se fait plus forte. Toutes les heures, des troupeaux apparaissent à l'horizon. Des flaques d'eau éparses signalent les premières pluies de la mousson, le kharif arabe, que tous attendent. Dans deux semaines au plus, le désert sera noir de monde et bruissera des bruits des campements. Oui, mais dans deux semaines… Indistinctement, l'air devient plus moite. Au bout de quinze jours de voyage au cœur du Sahara en été, le ciel se couvre de nuages sombres. Après une petite tornade brève de vent de sable, quelques gouttes tombent furtivement, aussitôt bues par le sol craquelé. Pas de chance, c'est à ce moment précis qu'apparaît Abéché, la capitale de l'est du Tchad, avec ses châteaux d'eau et ses minarets qui égratignent l'horizon. Francis est particulièrement ému : il est né là, une trentaine d'années plus tôt. Nous retrouvons même bientôt sa maison d'enfance, dont il a conservé une photo - seul petit Blanc à 1 500 km à la ronde - qui ne le quitte pas. Il est pourtant temps, déjà, de joindre la piste d'atterrissage bardée de sacs de sable et de barbelés. Le Cessna, venu nous chercher à la bordure du Soudan, vient de passer au ras des maisons en banco, agitant ses ailes pour signaler que le rêve a une fin. Nomades du Monde (l'association de Philippe Frey) : frey.fil@free.fr

Retour à l'accueil...


Photo : Philippe Frey



 



Accès rapide : Contact, Recrutement, Maroc, Lisbonne, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Tunisie, Madrid, Chine, Thaïlande, Egypte, Canada, Sénégal, Marrakech, Etats-unis
Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Turquie, Venise, New-York, Seychelles, Japon, Paris, Budapest
Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Lyon, Nice, Marseille, Croatie