Arrivée à Ban Houei Sai, le " village du ruisseau de sable ". C'est un ancien débarcadère de sentiers caravaniers venant du Yunnan. Dans les environs, se trouve un village lantène, Ban Namchang.
Les Lantènes appartiennent à la famille des Sino-Tibétains. Ces derniers habitent en montagne, à une altitude comprise entre 700 et 1 600 m ; leurs maisons sont construites à même le sol. Ils vivent isolés et sont souvent autosuffisants. Ils portent leur sac sur le dos, comme les touristes, d'ailleurs ! Ils sont animistes et sintaistes. Le chaman joue un rôle primordial au cours de cérémonies de guérison, par exemple. Les Lantènes sont polygames. Leur spécialité est le coton, le filage et le tissage du costume traditionnel, bleu indigo. Les jeunes filles portent, à partir de quatorze ans, une pièce métallique dans les cheveux sur laquelle est inscrit " République démocratique du Laos ".
Une grand-mère nous invite dans sa maison. Elle est en train de préparer la soupe de bambou, spécialité laotienne. L'habitation est constituée d'une grande pièce commune avec un lit pour les enfants et une chambre pour les parents. En face, une autre aïeule file le coton devant chez elle. À ses côtés, ils sont quatre ou cinq assis sur des petits tabourets tressés. Seule la vieille femme est occupée, les autres nous regardent avec étonnement. Mais ce qui transparaît le plus, c'est cette nonchalance que l'on retrouvera tout au long du voyage : les gens sont calmes, humbles et surtout imperturbables.
Chaque minorité vit dans un village isolé avec son propre dialecte : leur régime d'autosubsistance, constitué essentiellement par la riziculture, la casse, la cueillette et le petit élevage, permet cet isolement. La rencontre entre les villages se fait exceptionnellement pendant le nouvel an laotien, en avril, après le ramassage du riz ou lors de fiançailles.