Collage à Mitte

Collage à Mitte

Mitte, comme son nom l'indique, est en plein centre de Berlin. C'est aussi un quartier artistique et un lieu de résistance à la yuppisation. Certaines parcelles sont encore en friche et ont été aménagées en " jardin commun " ou en parc de jeux pour enfants. A priori, leur existence est menacée par des projets immobiliers, signalés par des panneaux. Eh oui, ma bonne dame, tout fout le camp ! En attendant, il s'y passe encore tout un tas de choses, comme par exemple une soirée collage à laquelle nous participons. C'est une sorte d'événement artistique participatif : il faut apporter des magazines et mettre la main à la pâte. Le principe : une bande d'artistes et leurs amis, des images, des magazines, des ciseaux, de la colle et chacun doit faire une œuvre. Avant de nous mettre à l'ouvrage, nous visitons les lieux : quelques salles où sont exposées les œuvres des personnes qui sont arrivées avant nous. La première salle est plutôt " trash " (autre mot d'ordre définissant la contre-culture berlinoise) : du sexe, du sexe et encore du sexe ; brut de décoffrage, tendance pornographique. Cela me fait un peu penser au " jouissons sans entraves " des années 1970 (en accord avec la tendance seventies des bars de la ville ?) et je ne vois pas franchement ce qu'il y a de neuf ni même de subversif. Cela dit, certains collages sont plutôt réussis. Les autres salles sont plus " soft " (ça, ce n'est pas vraiment un mot berlinois !). L'événement se passe en musique, de Gainsbourg à l'électro house, tout est permis : il y a vraiment des DJ's partout dans cette ville : formidable ! Après l'effervescence de cette soirée artistique et les imbroglios entre l'organisatrice et un groupe d'artistes espagnols, on file casser la graine sur la Kastanienallee, dans un snack-fast-food à la mode d'ici : sigle Mc Donald inversé, avec un principe ressemblant : on commande, on paye au comptoir et après on s'assied en attendant sa commande, jusqu'à ce qu'on vous appelle ! Mais il faut signaler une différence de taille : la nourriture est plutôt saine (inspiration libanaise et indienne, sandwichs et pizzas). En fait, c'est le principe du fast-food contre-culturel ! Mais où est donc le menu Supersize ? Ensuite, vélo jusqu'au Icon, une boîte où se déroulent des soirées Drum'n'Bass. Le nom de la boîte est projeté partout dans la cour intérieure et les lettres se détachent sur le trottoir et sur les plantes qui dégoulinent le long des murs. La salle, au sous-sol, est immense, rien à voir avec les boîtes à chaussures parisiennes. Sur les murs, projection de diapos : ici, le visuel et l'auditif se mélangent tout naturellement. On avait prévu de terminer la nuit au Maria, à Ostbahnhof, un club situé en bord de Spree, qui diffuse, selon les nuits, de la techno ou de la house. Mais nous n'en verrons que les abords… la soirée fut absolument réussie, paraît-il !


Photo : Laure Delmoly


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