Les vieux bâtiments du palais sont occupés par nombre de commerces et de petits bars. Du coup, le moindre boui-boui prend un cachet phénoménal. Mais en l'occurrence, on voit bien que les gérants ont fait des efforts considérables pour rendre leur affaire mignonne.
Je m'installe avec une bière au " Ghetto ". Des tables sont disposées dans une cour intérieure. Des lampions, des photophores entre les vieilles pierres… C'est adorable.
Quant aux Dalmates, bien bronzés, férocement dragueurs, ils circulent sur des Vespa sans casque. On sent ici que l'Italie est juste en face…
Au même titre qu'il n'y a pas de physique croate type (plutôt blonds au nord, plutôt bruns au sud), il semble qu'il n'y ait pas d'identité croate. Le nord est sous influence autrichienne, le sud sous influence vénitienne… Même la cuisine n'offre pas de spécialité. Les bureks, sorte de feuilleté au fromage sont bosniaques et quand je me régale de pâtes aux fruits de mer, je sais d'où cela vient…
Malgré tout, je suis charmée par l'endroit. Longue promenade sur la colline qui jouxte la ville. Pinède odorante, calme religieux… Les odeurs et cette plénitude resteront mes meilleurs souvenirs. Les parfums sont d'une intensité remarquable et je me rappelle que mon plus grand regret en partant a été de songer aux odeurs insipides de Paris quand tout là-bas était si parfumé…