Dans le train Budapest-Bucarest, le 4 juillet 2002
Nous venons de quitter Bececzksara, ou un truc comme ça, et la blonde et son copain qui n'arrêtaient pas de se bécoter dans notre compartiment sont descendus. Nous sommes à présent seuls, on entend juste les chants et le chahutage des enfants d'une colonie de vacances dans le même wagon. Nous traversons la campagne hongroise, j'ai vu une biche et plusieurs gros lièvres courir dans les champs. J'aime le train. Celui-ci est pourri, il n'y a même pas de wagon-restaurant, mais qu'importe. C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison que j'aime le train. Nous avons quinze heures trente de trajet à tirer, mais je crois que ça va aller, que l'on tiendra le coup. J'aime bien aussi cette idée de traverser des frontières et des paysages, d'essayer de deviner la nationalité des passagers : Allemand ? non, Hongrois. Hongroise ? non, Roumaine. Les gens descendent à chaque arrêt, d'autres montent et nous nous observons.
Notre court séjour hongrois nous a permis de nous poser un peu avant d'attaquer notre sujet. La ville est toujours aussi impressionnante, telle que je l'avais connue en 1998. Peu de gens le savent car tous les Français passent plus facilement un week-end à Prague qu'à Budapest. Mais je crois bien que nous sommes obnubilés par les femmes. Christophe réfléchissait à la façon dont il serait possible de photographier et moi je n'ai cessé d'essayer de cerner un peu quelle pouvait être la vie d'une femme dans ce pays. Tout ça en à peine trente-six heures, c'est dur ! Une chose est sûre cependant, ici la femme est sublimée, belle, sûre d'elle dans ses habits mini-mini et totalement transparents. Nous apprendrons plus tard par la fiancée hongroise de notre copain qu'en fait, elles sont de véritables femmes au foyer, que leur mari n'en fout pas une, et qu'à vingt-cinq ans, si elles ne sont toujours pas mariées, elles ont de sérieuses raisons de s'inquiéter. Notre copain, quant à lui, qui vit depuis deux ans à Budapest, trouve que dans un foyer hongrois, c'est la femme qui porte réellement la culotte. Il serait intéressant de revenir et d'étudier la question. Mais pour le moment, je suis certaine d'une chose : jamais je ne laisserai seul mon mari. Les filles sont bien trop jolies et même s'il ne craque pas sur les blondes, la tentation peut être dangereuse !