Alsace : randonnées dans le Haut-Rhin

Alsace : randonnées dans le Haut-Rhin
Ammerschwihr © Mellow10 - Fotolia

Les environs de la vallée de Guebwiller présentent une grande richesse d’itinéraires pour les randonneurs de tous niveaux, en plein cœur du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Entre la route des Crêtes, celle des vins d’Alsace et la ligne de front de la Première Guerre mondiale, cette région combine nature, viticulture et histoire pour le plus grand plaisir des amateurs de tourisme vert, gastronomique et de mémoire. Qu’ils se baladent à pied, à vélo, à cheval, à ski, en raquettes ou même… en poussette, certains circuits étant accessibles aux familles. En route !

Balades au cœur du vignoble alsacien

Balades au cœur du vignoble alsacien
Route des vins d'Alsace © Mellow10 - Fotolia

La célèbre route des vins d’Alsace, qui s’étire sur 170 kilomètres, compte une cinquantaine de sentiers viticoles. Ils permettent de s’immerger au cœur des cépages et de mieux comprendre le travail des vignerons, grâce à des visites guidées ou des pancartes explicatives.

Au sud de la région, autour de Guebwiller, les propositions sont légion. Cette commune abrite, par exemple, le domaine viticole Schlumberger (140 hectares), le deuxième plus étendu de France en un seul tenant. Il offre une belle vue sur la plaine d’Alsace, la Forêt Noire et les Alpes Bernoises.

Moins vaste mais également réputé, Eguisheim et ses grands crus, à déguster après une promenade de deux heures. Les randonneurs appréciant les bonnes bouteilles peuvent aussi concilier plaisirs de la marche et des papilles à Westhalten, Soultzmatt, Pfaffenheim ou encore Wuenheim.

Ce dernier se trouve en contrebas du site de l’Hartmannswillerkopf, tout près d’un cimetière fortifié médiéval du XVe siècle et du château d’Ollwiller. Quant au sentier viticole d’Orschwihr, il ne laisse personne sur le bord de la route des vins, puisqu’il est accessible aux promeneurs avec poussette.

Hartmannswillerkopf, une randonnée pour mémoire

Hartmannswillerkopf, une randonnée pour mémoire
Mémorial du Vieil Armand © Pierre Violet - Fotolia

Le sentier forestier serpente tranquillement entre les arbres, talus, trous de terre et buissons. Le vent souffle doucement dans les feuilles, les oiseaux chantent... Difficile de deviner que la butte Hartmannswillerkopf était surnommée, il y a cent ans, « la mangeuse d’homme » ou « la montagne de la mort » par les Poilus.

Et pourtant, en observant de plus près, les remblais du chemin laissent deviner le tracé des tranchées, ponctué de cratères d’obus, et les ronces s’avèrent être des amas de fils barbelés rouillés.

Comment imaginer le fracas assourdissant de la mitraille et des bombardements de la Première Guerre mondiale ? Elle a dévasté les environs, rasé les bois, creusé des cicatrices profondes dans cet éperon rocheux qui domine, du haut de ses 956 mètres, la plaine d’Alsace. Un emplacement stratégique âprement disputé, en particulier en 1915, année sanglante où le sommet changea huit fois de camp…

Des 90 kilomètres de tranchées, il n’en subsiste que la moitié, dont 25 kilomètres praticables. Celles des Allemands sont les plus pérennes, car maçonnées et bétonnées. Celles des Français, bâties en pierres sèches, terre et rondins, s’estompent. Une parfaite illustration des différences tactiques.

D’un côté, ceux qui voulaient conserver les territoires conquis en 1871 et refusaient de reculer, construisant une solide défense. De l’autre, les troupes à l’offensive, cherchant à gagner le plus de terrain possible : inutile de perdre du temps à consolider des lignes censées être provisoires. Mais la guerre de position s’est finalement imposée à tous. La démarcation apparaît toujours nette et dérisoire : cinquante pas suffisent à traverser le no man’s land instauré entre Allemands et Français !

Au fil des parcours, des panneaux retracent le passé et des casemates ou des abris ont été reconstitués, des galeries renforcées. Les boucles balisées partent du mémorial de l’Hartmannswillerkopf, dédié aux victimes tombées sur le champ de bataille de 25 000 à 30 000 militaires allemands et français. Ouvert tous les jours du 1er mai au 1er novembre, il englobe une crypte abritant les dépouilles de milliers de soldats inconnus et un cimetière où des centaines de croix sont alignées, faisant écho à celle, immense, qui surplombe le site à son sommet.

À l’assaut du Grand Ballon des Vosges

À l’assaut du Grand Ballon des Vosges
Panorama depuis le Grand Ballon © Naj - Fotolia

Le Grand Ballon, point culminant des Vosges, toise, avec ses 1 424 mètres, le parc naturel régional, sillonné par plus de 250 kilomètres de pistes VTT et plus de 450 kilomètres de chemins balisés.

Parmi ceux-ci, le GR5 suit la route des Crêtes, une voie de 80 kilomètres entre Lorraine et Alsace, créée au moment de la Première Guerre mondiale pour approvisionner les troupes et faciliter leurs déplacements. En hiver, elle se transforme en piste de ski de fond. En été, elle est fréquentée par de nombreux randonneurs qui profitent d’une navette bien pratique.

Ils apprécient également les superbes paysages du parc naturel régional des Ballons des Vosges, entre pâturages, lacs, forêts de sapins, fermes auberges, cols et magnifiques panoramas sur la plaine d’Alsace et la Forêt Noire.

C’est le cas, par exemple, des parcours entre Soultz ou Guebwiller et le Grand Ballon, soit respectivement 12 kilomètres en 4 heures, avec près de 600 mètres de dénivelé, ou 23 kilomètres en sept heures avec presque 1 000 mètres de dénivelé.

Enfin, pour une initiation à la randonnée avec raquettes, la station de ski du Markstein est idéale : avis aux amateurs !

Plus d’infos sur www.rando-grandballon.fr.

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne sur l’Alsace

Site officiel du tourisme en Alsace

Site du parc naturel régional des Ballons des Vosges

Les offices du tourisme de Guebwiller, de Soultz et des pays du Florival vendent un topoguide de 18 circuits (14 €), et proposent aussi plus de 50 circuits de randonnées, des conseils et adresses de chalets, refuges ou fermes auberges sur le site : www.rando-grandballon.fr

Site officiel de la route des vins d’Alsace

Adresses

- Domaine du Hirtz :  Lieu-dit du Hirtzenstein, 68700 Wattwiller. Tél. : 03 89 81 00 00. Sur les hauteurs de Wattwiller, cette ancienne auberge, qui fut aussi un centre de vacances, apporte le gîte et le couvert aux randonneurs. Au restaurant, ouvert tous les jours midi et soir, les marcheurs peuvent casser la croûte ou déguster une tarte flambée (à partir de 7,50 €) et d’autres spécialités régionales cuisinées à partir de produits locaux de saison. Les dix studios pour deux personnes ou les douze lodges, tous refaits à neuf et équipés d’une kitchenette, servent de camp de base pour rayonner vers les nombreux sentiers alentour. Studio pour 2 à partir de 70 € ; lodges pour 4 à 8 personnes à partir de 150 €. Menus : 12-23 €.

- Fondation François Schneider : 27, rue de la Première Armée, 68700 Wattwiller. Tél. : 03 89 82 10 10.  Le village de Wattwiller est réputé pour la qualité de ses eaux et son ancienne usine d’embouteillage s’est convertie en centre d’art contemporain, focalisé sur la thématique aquatique. Il constitue une intéressante halte pour les randonneurs, avec son joli musée de sculpture en plein air, ses expos temporaires et son petit café en mezzanine, dont les baies vitrées et la grande terrasse s’ouvrent sur la plaine d’Alsace en contrebas, jusqu’à la Forêt Noire.

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Texte : Stéphanie Condis

Mise en ligne :

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