Île d’Ouessant, l’appel du large

Île d’Ouessant, l’appel du large
© H. Ronné - ADT 29

Vent du large, embruns, côtes déchiquetées battues par les vagues… Ouessant cultive son image d’île sauvage, baignée par les courants de l’Atlantique, à 2 h de bateau de Brest et 1 h du Conquet. La réalité est fidèle à la légende et les amateurs de paysages tourmentés seront comblés, lors de superbes randonnées, notamment sur la côte nord. Mais Ouessant, c’est aussi une histoire et une culture à découvrir, en prenant son temps sur les chemins. Une destination dépaysante, à quelques kilomètres au large des côtes bretonnes.

Ouessant, dernière escale avant l’Amérique

Ouessant, dernière escale avant l’Amérique
Phare de la Jument © Yannick Le Gal - ADT 29

Terre la plus occidentale de la France métropolitaine, Ouessant est pour beaucoup une île mythique. Vigie entre la Manche et l’Atlantique, dernière escale avant l’Amérique, elle est connue par les marins du monde entier passés par le "rail d’Ouessant" : une route maritime située au large de l’île qui compte parmi les plus fréquentées au monde, avec une moyenne de 150 cargos par jour.

Ce bloc rocheux de 8 km sur 4, habité à l’année par environ 850 personnes, est réputé pour ses tempêtes et ses brumes de légende, ses récifs effroyables et meurtriers, baignés par des courants redoutables, comme le Fromveur (la « grande frayeur » en breton), l’un des plus puissants d’Europe.

De quoi cultiver, malgré l’essor touristique, l’image d’une île sauvage et rebelle,  battue par les vents et rabotée par l’érosion, superbe jusque dans son isolement. Bref, de quoi faire fantasmer les voyageurs…

Ouessant, une île préservée

Ouessant, une île préservée
© Stéphane Bidouze - Fotolia

Effroyable, Ouessant ? Loin de là. Faisant partie du parc naturel régional d’Armorique, classée Réserve internationale de la biosphère par l’Unesco, Ouessant est une île protégée qui a su préserver son environnement. Avec une amplitude thermique faible, elle connaît un climat plutôt doux, offrant un refuge aux oiseaux de tout plumage. 

L’île est donc un petit paradis pour les ornithologues qui viennent y observer – surtout en octobre – les oiseaux de mer et les migrateurs, notamment sur les pointes de Pern et Penn Ar Roch : fous de Bassan, mouettes, fulmars, bécasseaux, gravelots…

Les oiseaux marins, comme les goélands et les cormorans huppés, y sont évidemment bien représentés toute l’année, ainsi qu’une foultitude de volatiles, dont la grive, la mésange, les hirondelles… Sans oublier une petite chauve-souris, la pipistrelle, et même des macareux, des petits pingouins, des dauphins ou des phoques. Mais, là, il ne s’agit plus vraiment d’oiseaux.

Ouessant peut également se vanter d’être le berceau du plus petit mouton du monde (moins de 50 cm), à la laine brun foncé, ainsi que d’une race indigène d’abeille noire aux longs poils, ce qui lui permet de transporter le pollen par grand vent. Elle bénéficie d’un environnement protégé, à l’abri des pesticides. Son miel est réputé et Guerlain utilise même sa gelée royale pour un sérum antirides.

Balades sur Ouessant

Balades sur Ouessant
© Jean-Philippe Damiani

Avec ses superbes paysages de landes recouvertes de bruyères et d’ajoncs, ses côtes déchiquetées et ses plages de sable fin, Ouessant fera le bonheur des randonneurs. Cerise sur le gâteau, l’île est relativement épargnée par les voitures, puisque seuls les résidents sont autorisés à y circuler en automobile.

Si l’on peut sillonner les routes d’Ouessant à vélo (location dès l’embarcadère), le sentier côtier est, quant à lui, réservé aux piétons. Long de 45 km, il fait le tour de l’île. Prudence requise en bordure de falaise. L’office de tourisme propose un guide de randonnées pédestres sur l'île, avec quatre itinéraires d'une douzaine de kilomètres environ.

La côte nord se révèle la plus spectaculaire, avec ses amas chaotiques de rochers giflés par les vagues, changeant d'aspect au gré de la lumière. La côte sud, plus douce avec ses criques et ses plages abritées, fait penser à l’Irlande, avec, à l’intérieur des terres, des murets de pierre sèche. Au cœur de l’île se trouve la « capitale » : le petit village de Lampaul où se concentre la plupart des hébergements, commerces et restaurants.

Au nord, la pointe de Pern, avec ses paysages tourmentés de bout du monde, est sans doute le coin le plus impressionnant de l’île, sous le regard vigilant du phare du Créac’h, véritable emblème d’Ouessant. Édifié en 1863, il a une portée de plus de 60 km, ce qui en fait l’un des phares les plus puissants du monde. Époustouflant à la nuit tombée, quand ses rayons balaient la mer déchaînée et les paysages mystérieux de l’île.

Autres balades recommandables : la pointe de Porz-Yusin et sa plage, pour le beau panorama sur la côte nord ; la pointe de Penn ar Ru Meur et sa vue imprenable sur l’étrange île Keller, surmontée d’un petit manoir, propriété privée d’une famille ; la pointe du Stiff et la presqu’île de Cadoran avec un joli point de vue sur la baie de Beninou ; au sud, la presqu’île de Feunten-Velen et ses falaises, pour la belle vue sur la pointe de Pern.

Découvrir la culture ouessantine

Découvrir la culture ouessantine
Ecomusée du Niou © H. Ronné - ADT 29

Ouessant ne saurait se résumer à une collection de paysages. Du fait de son (relatif) isolement, l’île possède une histoire et une culture propres, liées à la mer mais pas à la pêche. En effet, baignée de forts courants, elle n’a jamais développé cette activité.

Les Ouessantins ont longtemps été des agriculteurs (eh oui !) et des éleveurs (plus vraiment aujourd’hui), mais aussi des marins de la marine marchande. Jadis, les hommes quittaient l’île pendant de longs mois et, en attendant leur retour, les femmes devaient assurer la subsistance de la famille. Un dicton disait « à Ouessant, l’homme gagne le pain, mais la femme met le beurre dessus ».

L’écomusée du Niou, installé dans deux maisons traditionnelles, permet de découvrir cet aspect, parmi bien d’autres, de la culture locale, en parcourant un intérieur ouessantin typique. Une spécialité culinaire à découvrir : le ragoût d’agneau mijoté pendant 5 h dans des mottes de bruyère, avec un goût caractéristique de fumé, ou le riz au lait cuit de la même manière.

Éléments importants de la vie ouessantine, les phares dévoilent tous leurs secrets à l’intéressant musée des Phares et Balises, situé au pied du phare du Creac’h. À l’opposé de l’île, le phare du Stiff renferme un musée sur l’histoire de l’île. Situé sur le point culminant d’Ouessant, il offre un beau panorama.

Les plus curieux découvriront Mez-Notariou, un site archéologique occupé de l’âge de bronze à l’époque gallo-romaine. Enfin, on trouve un cromlech à la pointe de Penn Arlan. Ce monument mégalithique, composé de plusieurs menhirs dressés en forme de cercle, daterait de la fin du Néolithique. Comme quoi, la « sauvage » Ouessant est, depuis longtemps, un refuge pour les hommes…

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Bretagne

Finistère Tourisme

Office de tourisme de l’île d’Ouessant

Comment y aller ?

Ouessant est reliée à Brest (2 h) et au Conquet (1 h 15) par la compagnie Penn Ar Bed. Compter 35 € l’aller-retour. Vols quotidiens avec la compagnie Finistair depuis Brest-Guipavas.

Les visiteurs ne peuvent se rendre avec leur voiture sur Ouessant.

Quelques adresses

- Camping municipal Penn ar Bed : Stang ar Glann. Tél. : 02 98 48 84 65

- Auberge de Jeunesse : La Croix-Rouge. Chambres de 2 à 6 lits dans une vieille maison rénovée, située sur les hauteurs d’Ouessant.

- Ti Jan Ar C’hafé : Kernigou. Un petit hôtel joliment décoré aux airs de chambres d’hôtes. Doubles à partir de 69 €.

- Restaurant Ar Piliguet : place de l’Église, à Lampaul. De la terre ou de la mer, une cuisine savoureuse avec une touche d’inventivité, servie dans une maison ouessantine joliment décorée. Une bonne adresse.

Musée des Phares et Balises

Ecomusée du Niou

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Playlist Routard Bretagne

Texte : Jean-Philippe Damiani

Mise en ligne :

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