La Drôme, en automne

La Drôme, en automne
Le Poët-Laval CETEDP / www.dromeprovencale.fr

Considérée comme la porte du Sud, la Drôme offre de belles opportunités d’escapade en toute saison. Du côté de Montélimar et de Nyons, amateurs de vieilles pierres et gourmets seront à la fête, de village en village, au cœur d’une nature généreuse. Un week-end reposant et revigorant, à 3 h de TGV de la frénésie parisienne.

Un break revigorant

Envie d’un break avant d’affronter l’hiver ? Pour se ressourcer sans partir trop loin, la Drôme, et plus particulièrement la Drôme provençale, au sud du département, est une escapade de choix.

Certes, en cette saison, les champs de lavande n’embaument pas l’atmosphère, pas plus que les melons sur les marchés, mais la région a bien d’autres attraits : des villages perchés aux ruelles pleines de charme, des châteaux médiévaux et des petits chemins de campagne, où il fait bon se balader, au cœur de la garrigue et des vignes parées de leurs couleurs d’automne.

Enfin, la région est un paradis pour les gourmets, pour qui chaque étape est l’occasion de déguster une spécialité locale : olives, truffes, nougat, miel de lavande, côte du Rhône ou encore picodons. Entre Montélimar et Nyons, en passant par Le Poët-Laval, Grignan et La Garde-Adhémar, l’itinéraire promet bien des plaisirs aux promeneurs automnaux.

La porte du soleil

Installée sur la mythique Nationale 7, Montélimar est depuis longtemps considérée comme la porte du soleil. Là, la Drôme se fait provençale.

Comme pour marquer symboliquement ce passage vers le Sud, la cité s’est choisi une spécialité pleine de douceur : le nougat. En périphérie, plusieurs fabriques artisanales attendent les gourmands. Sur les hauteurs de la ville, se dresse le château des Adhémar, un bel exemple d’architecture romane méridionale.

Pour se plonger complètement dans l’atmosphère médiévale, rendez-vous au Poët-Laval, à l’est de Montélimar. Avec son château, son donjon et ses maisons de pierre, l’ancienne commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est stratégiquement installée sur une colline dominant les alentours.

Le village, qui a conservé son temple protestant (transformé en musée), est le point de départ d’un grand sentier de randonnée : « Sur les pas des Huguenots », qui mène jusqu’en Allemagne.

Le chemin passe par Dieulefit, un joli village connu pour ses potiers et ses picodons, ces fromages de chèvre dont le goût varie selon qu’ils sont crémeux ou secs, macérés dans l’huile d’olive ou parfumés aux herbes.

Plus au sud, un autre village médiéval se profile : Taulignan. Le bourg fortifié a perdu son château, détruit à la Révolution, mais possède toujours ses remparts et onze des quatorze tours édifiées au 14e siècle.

Sur la place principale, l’atelier-musée de la Soie rappelle que la cité était autrefois un haut-lieu de production de la précieuse étoffe. Autour de Taulignan, il y a de belles balades à faire, entre les vignes, la garrigue, les champs de lavandin et les chênes truffiers.

Nyons, sur la route de l’olive

En poursuivant vers le sud, le paysage se fait de plus en plus méridional. Nous voici à Nyons, sur la terre des oliviers. C’est ici que l’on produit la tanche, considérée comme une des meilleures olives noires du monde.

Cette année, l’AOC olives noires et huile d’olive de Nyons célèbre ses 20 ans d’existence. C’est l’appellation oléicole la plus septentrionale de France. Le 20 décembre, la fête de l’Olive piquée de Nyons conclura l’année avec des animations et la dégustation des premières olives de l’année.

Une fête qui devrait être quelque peu ternie par la récolte catastrophique de 2014, due aux attaques d’une mouche et d’une météo calamiteuse : plus de 70 % de pertes sont annoncées, et il n’y aura pas d’olives de bouche cette année…

En février, a lieu une autre fête, celle de l’Alicoque : on y déguste l’huile nouvelle sur des croûtons frottés à l’ail. Sur les hauteurs qui dominent la cité, la ferme Brès est une excellente adresse pour se fournir en olives, en huile et en affinade, une délicieuse crème d’olives noires (le tout bio).

On trouve également de bons produits sur le marché provençal qui se tient tous les jeudis matins dans le centre-ville de Nyons : olives, bien sûr, mais aussi miel et picodons.

Côté patrimoine, la ville de Nyons vaut aussi le détour, avec son pont roman de 605 ans d’âge jeté sur l’Eygues, sa place des Arcades, son château féodal et ses ruelles pavées.

A 10 minutes de route, le joli village de Vinsobres surplombe un paysage de vignes. Son vin rouge a obtenu son AOC en 2006. Et c’est bien sûr ici qu’est née en 1908 la fameuse croquette de Vinsobres, un biscuit riche en amandes.

Entre vignes et châteaux

En passant par Valréas, on arrive ensuite à Grignan, un charmant village dominé par son château Renaissance, bâti sur un promontoire rocheux. La figure de la marquise de Sévigné plane sur les lieux. La célèbre épistolière y fit trois longs séjours chez sa fille, la comtesse de Grignan, et finit sa vie ici.

Si, en été, les rues sont envahies par les touristes, une fois l’automne venu, le calme règne et il fait bon s’attarder à la terrasse d’un café, si le soleil est au rendez-vous et le mistral aux abonnés absents.

À 18 km plus au sud, un autre château impressionnant, au cœur d’un vaste espace boisé, surplombe le village de Suze-la-Rousse. L’université du Vin y est installée, et des visites sur le thème du vin sont organisées un samedi par mois.

Pour les « travaux pratiques », on pourra faire une halte à la cave La Suzienne, en contrebas du château. La coopérative propose une sélection de vins des trois appellations principales : côtes du Rhône, côtes du Rhône Villages et Grignan-les-Adhémar (toute récente puisqu’elle ne date que de 2010).

Mais la vigne n’est pas le seul trésor de la région. Le sol calcaire offre un terrain idéal pour la culture du « diamant noir », la truffe noire du Tricastin. Sa récolte a lieu en hiver et un marché aux truffes se tient à Saint-Paul-Trois-Châteaux (ainsi qu’à Taulignan) tous les dimanches matins de novembre à mars. Les passionnés de la « rabasse » (truffe, en provençal) ne manqueront pas d’aller visiter la Maison de la truffe.

Enfin, avant de remonter sur Montélimar pour conclure cette escapade drômoise, un arrêt s’impose à La Garde-Adhémar. Le bourg médiéval, perché lui aussi sur un éperon rocheux, a conservé ses remparts, son église romane et ses ruelles étroites, qui serpentent entre des maisons de pierre.

À 2 km du village, le Val des Nymphes invite au repos et à la sérénité. Non loin de la chapelle romane, en écoutant couler l’eau de source à l’ombre des grands chênes, on s’attendrait presque à voir apparaître les nymphes qui étaient vénérées ici aux temps anciens. Un lieu magique.

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Ardèche-Drôme

Agence de développement touristique de la Drôme

Comité d’expansion touristique et économique de la Drôme provençale

Comment y aller et se déplacer

Depuis Paris, il faut environ trois heures de TGV pour rallier Montélimar. Après, le plus simple est de louer une voiture pour sillonner la région.

Où dormir ?

- Hôtel La Caravelle : 8, rue des Antignans, Nyons. À deux pas du centre, une grande maison contemporaine avec des chambres d’un bon confort. Doubles 66-99 €.

- Côté Patio : 4, rue du Grand Faubourg, Grignan.  Au cœur du village de Grignan, dans une maison du 18e siècle, ces chambres d’hôtes ont un charme fou. L’accueil est parfait et le petit déjeuner succulent ! À partir de 95 € pour 2 personnes (petit déj inclus).

Trouvez votre hébergement dans la Drôme

Où manger ?

- Le Colonel Moutarde : 6, rue du Chemin-Neuf, Montélimar. Rien à voir avec le Cluedo, c’est le surnom du patron ! Une cuisine généreuse et franche servie dans un décor de bistrot qui fait chaud au cœur. Menus à partir de 13,50 €.

- Le Manoir de la Roseraie : 1, chemin des Grands-Prés, Grignan. Ce restaurant gastronomique fait honneur aux produits du terroir. Une cuisine raffinée dans un décor superbe. Service parfait et chaleureux. Dîner à partir de 29 €. Un excellent rapport qualité-prix.

- D’un Goût à l’Autre : 21, rue des Déportés, Nyons. Ce petit resto par la taille sert une cuisine de saison créative à prix doux. Formules 18,50-24,50 €.

Texte : Olivia Le Sidaner

Mise en ligne :

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