En Savoie, redécouvrir la Maurienne

En Savoie, redécouvrir la Maurienne
Village d'Albiez - Alban Pernet / Maurienne Tourisme

Pas besoin de s’évader aux 4 coins du globe pour avoir son lot de découvertes et de dépaysement. Cette évidence, la Maurienne l’illustre bien, dès que l’on s’écarte de l’axe autoroutier. Ici, les espaces sauvages et les stations ne sont pas encore convoités  par la clientèle huppée, qui préfère les strass et les paillettes de la Tarentaise. Une aubaine pour le porte-monnaie !

La plus méridionale de vallées de Savoie

La Maurienne ? La plus méridionale des vallées de Savoie traverse les Alpes sur 120 km entre Aiton et Bonneval-sur-Arc, au pied du col de l’Iseran, où la rivière de l’Arc prend sa source. Au nord, le parc de la Vanoise sépare la Tarentaise de la vallée de la Maurienne.

Mitoyenne de l’Isère à l’ouest et des Hautes-Alpes au sud, elle jouxte l’Italie à l’est. Voie de passage connue depuis l’Antiquité pour rejoindre l’Italie, la vallée s’industrialise dès la fin du XIXe s, faisant de la Maurienne une terre d’immigration comme d’émigration jusque dans les années 1960.

Aux dénominations peu parlantes que sont la Basse, la Moyenne et la Haute-Maurienne, on a préféré vous livrer quelques sites évocateurs, à nos yeux les plus emblématiques de cette vallée. Des musées et des sites passionnants à côté desquels on passe souvent trop vite quand on ne s’autorise aucune embardée à l’écart de l’A43.

Un bon Filon

À Saint-Georges d’Hurtières, dans un paysage extraordinaire, Le Grand Filon plonge les visiteurs dans les entrailles d’une mine de fer (la seule de la région) qui a fonctionné pendant plus de 700 ans.

La scénographie, moderne et interactive, ne fait pas l’impasse sur le réseau de galeries, qui fait 22 km en tout  !  Pas de panique, vous n'aurez pas à le parcourir en entier. Super pour toute la famille, à partir des vacances de Pâques et jusqu’à la Toussaint.

À deux pas, poursuivez sur l’un des sentiers de randonnée balisés qui traversent le massif des Hurtières (sentier des mines, hameau des Aberus ou circuit des Batteries par les crêtes pour ceux qui sont en jambe).  

La ville de saint Jean-Baptiste

Saint-Jean-de-Maurienne est un carrefour obligé avant de plonger vers les espaces sauvages de la Haute-Maurienne ou de s’élever vers l’une des stations de ski.

Le rayonnement de cette petite ville aux façades colorées a d’abord été spirituel : au Moyen Âge, une cathédrale est élevée par Gontran, duc de Bourgogne (et petit-fils de Clovis), pour abriter 3 doigts de saint Jean-Baptiste rapportés d’Alexandrie par sainte Thècle.

La ville, qui doit son nom au saint dont elle abrite les reliques sacrées, devient le siège d’un évêché. Et l’aura de la cité se poursuit en devenant le berceau de la Maison de Savoie.

Quant aux doigts qui auraient baptisé Jésus, ils sont devenus le symbole de la ville ; conservés dans la salle du trésor (ne se visite pas), ils sont présentés une fois par an, lors de la fête du pain, le 1er jeudi du mois d’août.

Aujourd’hui, le pèlerinage vers Saint-Jean-de-Maurienne rassemble plutôt les sportifs, ces cyclo-grimpeurs qui partent à l’assaut des cols de Glandon, Croix-de-Fer, Chaussy ou Madeleine.

Opinel superstar

Ici, la vedette, c’est l’Opinel ! Le mythique couteau savoyard, né dans l'atelier de Gévoudaz dans le village d'Albiez, a son musée à Saint-Jean : instructif et gratuit, il livre moult explications sur la réussite de cette entreprise familiale fondée en 1890 par Joseph Opinel, formé au métier de forgeron-taillandier. Pas si étonnant dans une région où les mines de fer sont exploitées depuis des siècles !

d'Le musée permet de visiter l’ancienne forge et l’atelier qui a fonctionné jusqu’en 1986. Si l’usine a déménagé à Chambéry depuis belle lurette, la florissante entreprise est restée dans le giron familial. L’arrière-petit-fils du fondateur en tient les rennes. Incontournable, la boutique présente une large gamme de couteaux à tous les prix.

Villages, hameaux et beaufort

Tout autour de Saint-Jean-de-Maurienne, on a le béguin pour le chapelet de villages et de hameaux qui s’égrènent à flanc de montagne, jusqu’aux stations de sports d’hiver. On les rejoint en s’engouffrant dans la vallée de l’Arvan, au sud de Saint-Jean-de-Maurienne. 

Depuis 10 ans, 6 stations reliées entre elles forment le domaine des Sybelles : Les Bettières, Le Corbier, La Toussuire, Saint-Jean d’Arves, Saint-Sorlin d’Arves et Saint-Colomban-des-Villards, village autrefois isolé et qui s’est démené pour que naisse la liaison « Sybelles ». Avec 310 km de pistes, c’est le plus grand domaine skiable de la Maurienne.

En face des aiguilles d’Arves, Saint-Sorlin d’Arves (forcément) et ses 14 hameaux fait partie de ces stations de 1re génération : l’homogénéité architecturale s’y est maintenue comme « l’esprit village », pendant que le ski prenait son essor à partir des années 50.

Si la glisse occupe une place prépondérante, toute la montagne n’a pas été balisée par les remontées mécaniques. À 2 600 m d’altitude, au point culminant du domaine, la vue est magnifique.

D’un côté les majestueuses aiguilles d’Arves, acérées comme des griffes, le glacier de l’Étendard, le râteau de la Meije, la Combe de Savoie ; de l’autre, par temps clair, le Mont Blanc. Un paysage qui en impose, mais des pistes variées où se feront plaisir les skieurs confirmés comme les néophytes.

Pour se remettre, il y a toujours la fondue, mélange de 3 incontournables fromages, dont le beaufort, fabriqué sur place, dans une fromagerie coopérative (située à l’entrée du village).

L’Appellation d’origine protégée (AOP) beaufort s’étend sur la quasi-totalité de la vallée de la Maurienne ! Les caves d’affinage se visitent le matin, du lundi au samedi. Vous y trouverez le meilleur rapport qualité/prix.

Une halte à Saint-Michel-de-Maurienne

Saint-Michel-de-Maurienne n’est qu’à une quinzaine de kilomètres de Saint-Jean-de-Maurienne ! Son intérêt ? Le musée de l’Épopée de l’aluminium dans les Alpes (Espace Alu). C’est pointu vu comme ça, mais ça nous a passionné, sans qu’on y connaisse grand chose !

L’histoire de l’aluminium en Maurienne permet d’appréhender l’histoire industrielle de la vallée, intimement liée à celle de l’aluminium. L’aspect scientifique est au top, mais l’exposition vivante et ludique instruit chacun à son niveau. Une belle réussite !

Sculpture sur glace, ski et rando à Valloire

Cap sur le photogénique village de Valloire, au pied du mythique col du Galibier pour le concours international de sculptures sur neige, qui a lieu en janvier (jusqu’au 24 en 2014). On reste pantois devant ces magistrales œuvres éphémères ! La version estivale, c’est le concours de sculpture géante sur paille et foin (du 7 au 12 juillet 2014). Tout aussi impressionnant !

La station de Jean-Baptiste Grange, champion du monde de slalom, ne séduit pas que pour ses pentes enneigées. Le rythme est plus paisible en randonnée, cornaqué par les dociles lamas de Gilles, qui obéissent au doigt et à l’œil aux adultes comme aux bambins. Une balade de quelques heures, haute en couleurs !

Dans un autre registre, venez admirer la remarquable église baroque du XVIIe s, l’une des plus belles de la Maurienne. À l’image de cette église, chaque chapelle des 17 hameaux de Valloire renferme un retable, véritable catéchisme en images.

La Haute-Maurienne, terre sauvage

En poussant jusqu’en Haute-Maurienne, plus loin encore dans la vallée, on pénètre sur un territoire de plus en plus sauvage. Dans les villages, se dressent d’authentiques maisons en pierre de taille et toits de lauze. De quoi avoir l’imagination vagabonde : il en faut peu pour s’imaginer au cœur du film Belle et Sébastien. Certaines séquences ont été tournées dans le coin.

Enfin, à côté d’Aussois, les forts de l’Esseillon forment l’un des ensembles fortifiés les plus spectaculaires des Alpes. Construits entre 1819 et 1833 pour se défendre des Français (avant le rattachement de la Savoie à la France en 1860). Le plus élevé des 4 forts, le fort Marie-Christine, a été converti en gîte d’étape.

Fiche pratique

Pour préparer votre voyage, consultez notre guide en ligne Alpes

Maurienne Tourisme

Comment y aller ?

Accès : en TGV direct depuis Paris-Gare de Lyon jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne. Meilleur temps de parcours : 3 h 40. Également quelques trains directs en saison jusqu’à Saint-Michel, à 17 km de Valloire. Les bus assurent ensuite la liaison avec les stations de montagne.

Adresses coups de cœur :

- L’Alpe : sous le télésiège du Plan du Moulin express, St Sorlin d’Arves. Tél. : 06-81-91-33-12. Tlj 10 h-17 h en saison. Carte env 20 €. Le restaurant d’altitude a été bâti de toutes pièces par le propriétaire, charpentier de métier, qui en a fait un spot de choix face aux aiguilles d’Arves, qu’on admire depuis la vaste terrasse. Quand ça souffle dehors, on se réchauffe la carcasse auprès du poêle. Quelques salades, de revigorantes spécialités savoyardes et des burgers.

- Brasserie Galibier : rue de la Bonne Eau ! Valloire.  Tél. : 04-79-59-04-95. Ouv tlj 16 h-18 h 30 (ainsi que le w-e 10 h-12 h) et présents sur le marché le ven. La bière locale a pris le nom du fameux sommet. C’est ici qu’elle est brassée, par Brice et Pierre-François, deux compères qui, malgré leur adresse postale, ne sucent pas que de la glace (hormis celle du glacier, pour élaborer cette bière artisanale).

- Pour loger en famille en station, la résidence en location à la semaine est une option avantageuse. D’un bon rapport qualité-prix, les résidences Odalys sont bien implantées dans les stations de la Maurienne (5 à St Sorlin d’Arves, 3 à Valloire). Cuisine ou kitchenette pour faire sa tambouille, et piscine pour les résidences les plus récentes (pas forcément plus chères). Les petits plus : réductions dans les écoles de ski (ESF ou ESI) et sur la location de matériel de ski dans les magasins partenaires.

Liens utiles

Fondation Facim : de nombreuses activités culturelles de qualité dans le cadre du label Pays d’art et d’histoire des Hautes vallées de Savoie.

Le Grand Filon 

Office de tourisme de Saint-Jean-de-Maurienne 

Espace Alu 

Office de tourisme de Saint-Sorlin-d’Arves 

Office de tourisme de Valloire 

Lamas de Valloire  

Résidences Odalys 

Texte : Marie Burin des Roziers

Mise en ligne :

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