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Matériel photo


Choix du matériel photo

Paysages, visages, couleurs, lumières et ambiances, la photo représente la mémoire de votre échappée belle. Une image vaut mille discours, dit-on. Surtout, elle en suscite mille autres. À plus forte raison, lorsqu’elle évoque le voyage. Votre voyage. Quelle que soit votre approche (dilettante ou passionnée), sachez que la plupart des appareils permettent aujourd’hui de réaliser des photos techniquement parfaites. Davantage que le matériel emporté, c’est donc votre regard sur le monde qui signera la réussite de vos images. Que vous vous contentiez d’un simple compact ou que vous préfériez le reflex, la pratique migratrice impose pourtant certains choix d’équipement et la connaissance de deux ou trois trucs et combines. Suivez le guide…

… Image numérique

Il y a quelques années, les appareils photo numériques ressemblaient encore à des gadgets pour « technophiles » fortunés. Depuis, les choses ont bien évolué et l’on trouve, pour moins de 300 euros, des compacts sans pellicule capable d’afficher une image en plein écran sur un ordinateur ou un téléviseur. Mieux, des modèles plus performants (aux alentours de 800 euros) associés à une imprimante couleur à moins de 250 eurospermettent de produire des documents de qualité comparable voire supérieure à de classiques tirages 10 x 15 cm ! Encore mieux, certains caméscopes numériques (à partir de 1 000 euros) disposent d’une fonction destinée à enregistrer plus de cinq cents images fixes sur une cassette vidéo. Images que l’on pourra, là aussi, relire sur son ordinateur, son téléviseur ou encore sur un petit écran incorporé à cristaux liquides d’une dizaine de centimètres.
Et alors ? Qu’est-ce que ça change pour le routard allergique aux fils (électriques) à la patte ? Beaucoup de choses… Car la dernière solution évoquée, par exemple, n’est pas très éloignée du carnet de voyage idéal combinant image animée, son (qualité CD, s’il vous plaît !) et image fixe. Le tout dans un appareil plus petit et plus léger que n’importe quel reflex 24 x 36 ! À terme, la mort du Polaroid pour qui accepte d’emporter aux antipodes un ordinateur et une imprimante portables. Mais le numérique ouvre également bien d’autres horizons à ceux qui aiment manipuler le texte et l’image : de la photo instantanée au repérage, de l’audio-visuel sur écran à la publication d’images sur Internet. Sans parler de la touche de convivialité rajoutée par le petit écran magique…
Si les outils restent encore relativement onéreux à l’achat, il ne faut pas oublier que leur coût d’exploitation est pratiquement nul puisqu’ils se passent de pellicules et de développements. Les plus grands fabricants de matériel photo ou informatique proposent aujourd’hui une solution numérique à leur catalogue. Difficile toutefois de conseiller telle ou telle référence, car les modèles sont très rapidement renouvelés et leurs successeurs affichent souvent un prix moins élevé et de meilleures performances. Par ailleurs, les champs d’action offerts par l’image numérique étant très vastes, le choix d’un appareil est directement lié à son usage et à votre sensibilité à la chose informatique. Impossible pourtant de rester de marbre face à cette révolution. La curiosité est un joli défaut…

- La définition : l'appareil photo numérique convertit la lumière qu'il reçoit en codage informatique. Il analyse point par point l'image qu'il doit restituer. Plus le nombre de points d'analyse (pixels) est important, mieux les détails seront restitués. Choisissez la définition en pixels de votre appareil en fonction de vos besoins. Pour effectuer des tirages au format 10x15, un appareil de 1, voire 2 millions de pixels (MPix) suffit. Si vous souhaitez augmenter le format de vos tirages ou réaliser des agrandissements d'une partie de l'image, optez pour des appareils à 3 ou 4 MPix.
- Le stockage des photos : les appareils numériques emmagasinent les photos mais leur capacité de stockage est souvent assez limitée. Quand la mémoire est saturée, vous avez la possibilité de transférer vos photos sur votre ordinateur ou de changer de mémoire amovible. Prenez vos précautions si vous partez pour un long voyage.
- Notre choix : à partir de 220 euros : Olympus Camedia C-150 et C-350, HP PhotoSmart 735, Sony Cyber-shot DSC-P52 et P72, Kodak EasyShare DX 6340 et Canon PowerShot A60 et A70. À partir de 500 euros : Sharp VE-CG 40, Fuji FinePix F410 et F700, Canon Digital IXUS II et IXUS 400, Nikon Coolpix 4300, Olympus µ400 Digital et Sony Cyber-shot DSC-P10. Au-delà de 800 euros : Pentax Optio 550 et Olympus Camedia C-5050.

Jetables : les appareils de la dernière chance

Ne souriez pas… Ces produits initialement conçus par les hommes du marketing des grands fabricants de films photographiques, Fuji en tête, peuvent présenter un intérêt pour le voyageur : conditions de prises de vues difficiles où vous hésiteriez à sortir votre équipement « normal », risques de vol, ou encore panne de piles ou de pellicules. La qualité des photos est correcte si l’on ne dépasse pas le format 10 x 15 cm (les négatifs couleur ISO 400 et 800 ont fait d’énormes progrès), et certains répondent à des usages très particuliers comme la photo sous-marine jusqu’à quelques mètres de profondeur (Agfa, Fuji et Kodak). De 7 à 20 euros.

Advanced Photo System : attendre et voir…

Près de cinq ans après son lancement officiel, le nouveau format de films APS présente un bilan mitigé : rien de bien neuf sous le soleil, hormis quelques appareils comme le minuscule Canon Ixus L-1, les reflex Canon EOS IX et Nikon Pronea 600i (compatibles avec les optiques 24 x 36 de leurs marques respectives), ou encore le reflex étanche à objectifs interchangeables Minolta VeCtis S-1. Pour le reste, l’APS déçoit un peu : matériel, films et développement plus chers, qualité d’image légèrement en retrait par rapport au 24 x 36 et fonctions « intelligentes » trop souvent inexploitées (changement de film en cours de prise de vues, enregistrement de données optiques et magnétiques destinées à améliorer le traitement, etc.).
Au chapitre des avantages, il faut toutefois noter un chargement simplifié et une sécurité accrue. Le négatif reste en effet protégé dans sa cartouche, même après traitement. Il est donc impossible de développer une pellicule vierge, de voiler les photos déjà réalisées en ouvrant le dos par mégarde ou encore d’exposer un film deux fois.

Compacts : l’image sans souci

- Sélection : épris de qualité, mais pas sûr d’avoir la fibre photographique ? Partez compact. Entièrement automatiques, ces appareils ne demandent aucune connaissance en photo. Et si d’aventure, vous vous prenez au jeu, ce minuscule compagnon complètera utilement un équipement reflex. Bref, un choix sûr, sous réserve d’appliquer ces quelques conseils. D’abord, fuyez les formats autres que le 24 x 36 ou l’Advanced Photo System (110, 126, Disc, Instamatic, etc.) et les modèles à mise au point fixe (fix focus). Ceux-ci sont parfois capables de produire des tirages 10 x 15 cm acceptables, mais vous risqueriez d’être très déçu avec de plus forts agrandissements.
- Caractéristiques : le terrain étant dégrossi, reste encore une bonne centaine de références dont les atouts oscillent entre gadget et fonction de confort. Cadrage assisté, intervallomètre, double retardateur, tout cela ne sert qu’à compliquer l’emploi d’un appareil qui doit, avant tout, être facile à utiliser. En revanche, vérifiez la présence d’un flash doté d’un dispositif atténuant les yeux rouges, pouvant être déclenché en lumière naturelle pour éclairer un contre-jour et même annulable afin de conserver une ambiance nocturne ou photographier dans un musée. Au niveau optique, choisissez plutôt un objectif de focale fixe (28 mm, pour cadrer large en intérieur) ou un bifocal (35 mm pour le paysage et 70 mm pour le portrait). Éliminez les zooms de forte amplitude (type 35-105 mm), presque toujours médiocres et peu lumineux.
- Encombrement : faut-il le rappeler, un compact incapable de se glisser dans une poche ne mérite plus cette appellation. Conséquence : poids et taille ne doivent pas dépasser 200 g et 12 x 7 x 4 cm. Seule entorse à cette règle : les appareils fonctionnant sous l’eau ou étanches aux projections d’eau. Souvent excellents et bien utiles si vous voyagez en conditions difficiles (mousson, neige, mer, désert, etc.).
- Pratique : rares sont les modèles qui peuvent être chargés avec du film diapo car ce dernier supporte mal les erreurs d’exposition. Utilisez donc de préférence du négatif couleur ISO 400 qui sera plus à l’aise sur des scènes d’action, avec des lumières complexes ou dans des paysages contrastés.
- Philosophie : le compact est l’appareil de tous les instants. Ayez-le donc toujours à portée de la main dans une petite sacoche de ceinture avec un film vierge et un jeu de piles neuves. Des contraintes minimum pour être à même de saisir les moindres murmures de la planète.
- Notre choix : à partir de 45 euros : Canon BF-10, Kodak Advantix T60, Konica Z-UP 70e, Nikon AF 250 SV et Fuji Zoom 60W. À partir de 100 euros : Canon Prima zoom 80u, Olympus Superzoom 105G, Minolta Zoom 110, Nikon Lite Touch Zoom 100W et Pentax Espio 140V. A partir de 200 euros : Minolta Riva Zoom 130, Canon Ixus III et Prima super 90 wide, Fuji Zoom Date 160S et F2.8, Yashica T Zoom et Olympus µ-III Wide 100.

Reflex : l’équipement des pros

- Avantages : frustré de ne pouvoir saisir le panorama faute d’un vrai grand angle ? Déçu de n’avoir pas su croquer en gros plan ce visage souriant de l’autre côté du torrent ? Vous voilà prêt pour le reflex. Principaux atouts par rapport au compact : une qualité nettement supérieure et surtout son caractère modulaire. Système de flashs pour photographier les petites fleurs, objectifs couvrant jusqu’à 180o ou permettant d’isoler l’impala sur fond de savane, le champ d’action est illimité. Seuls inconvénients : l’encombrement et le poids (au moins 1 kg pour une panoplie complète).
- Pratique : autofocus, mesure de la lumière sur plusieurs zones, programmes et intelligence artificielle font aujourd’hui des merveilles pour participer à la réussite de 99 % des images, même dans les situations complexes. Mais l’intérêt du reflex, c’est d’outrepasser ces automatismes pour réaliser des effets spéciaux, contrôler l’exposition ou la profondeur de champ avec précision, ou encore figer le mouvement. Bref, pour aborder la photo de manière plus créative que presse-bouton.
- Critères : il n’existe plus de mauvais reflex chez les grands fabricants (Canon, Minolta, Nikon et Pentax). Les modèles les moins chers avec petit flash incorporé sont d’excellents outils d’initiation. Complétés par un zoom de type 28-80 mm, ils répondent à la plupart des besoins du photographe en voyage. Trois points à surveiller : l’indication du diaphragme et de la vitesse dans le viseur (les HP sont plus confortables pour les porteurs de lunettes), ainsi que la possibilité de débrayer l’automatisme de l’exposition et le codage DX (passer par exemple de ISO 400 à 800 sur un spectacle nocturne de danses à Bali). Les autres caractéristiques (mesure spot, motorisation rapide, etc.) vous faciliteront la vie dans certains cas, mais elles ne sont pas fondamentales.
- Nostalgie : les « anciens » vous parleront avec émotion de ces bons vieux appareils manuels fonctionnant sans piles et robustes au point que l’on pouvait s’en servir pour planter des clous. Il y a du vrai dans ce discours. Mais les « anciens » oublient de préciser qu’il fallait des réflexes de pros pour déclencher vite et que, privées d’énergie, ces antiquités vous demandaient de mesurer vous-même la lumière. Merci le « pif ». La nostalgie ne sied qu’aux reporters aguerris ou à ceux qui partiraient plusieurs mois aux pôles ou dans la forêt amazonienne.
- Notre choix : pour moins de 300 euros, vous trouverez d'excellents appareils pour débuter : Minolta Dynax 4 et 5, Canon EOS 300V et EOS 3000N, Pentax MZ-60, Nikon F55 et F75. Si, ultérieurement, vous souhaitez acquérir un modèle plus cher et plus complet pour une utilisation particulière, vous seriez suffisamment connaisseur pour faire vous-même une sélection correspondant à vos véritables besoins.

Objectifs : faites vos gammes

- Basique : un boîtier et une seule optique type 28-80 mm. En voyage, vous apprécierez cette formule pour sa légèreté, sa compacité et la possibilité de changer de cadrage en un tour de bague. Les zooms ont fait couler beaucoup d’encre il y a quelques années. Aujourd’hui, les modèles haut de gamme n’ont pourtant rien à envier aux focales fixes. Mais l’objectif étant la partie la plus sensible de la chaîne photographique, ne lésinez pas sur sa qualité. Si vous avez un doute, contactez le magazine Chasseur d’Images qui a publié plusieurs centaines de tests fiables disponibles par correspondance (Tel : 05-49-85-49-85). Trois conseils toujours valables : ne vous fiez pas à la marque, préférez les zooms à deux bagues dont le réglage est plus précis et évitez les grandes variations : un 28-200 mm risque bien d’être médiocre. Enfin, si vous avez les moyens, n’hésitez pas à acheter un zoom lumineux (f/2,8 par exemple) afin de déclencher sans trépied, de capter plus facilement des scènes d’action très rapides ou de charger votre appareil avec un film plus fin.
- Complète : un boîtier, un 28-80 mm, un 20 mm, un 200 mm et un multiplicateur de focale (X 1,4 ou X 2). Cette combinaison permet de faire face à toutes les situations. Le 20 mm pour saisir les paysages les plus étendus (champ de 94o), le zoom monté à demeure sur le reflex pour la photo de tous les jours et le 200 mm pour les portraits serrés et les images de grands mammifères. Quant au multiplicateur, vous l’utiliserez occasionnellement avec le 200 mm (jamais avec le zoom !) et idéalement sur pied, pour aller chercher un détail d’architecture, un minuscule morceau de montagne ou un animal très craintif. Cette panoplie optique vous coûtera plus de 2 000 euros, mais elle est digne d’un pro. Équipez-vous donc par étape en commençant par le zoom. Si vous êtes passionné, mieux vaut attendre un peu et acquérir une focale de qualité plutôt que de se précipiter sur un modèle à trois sous. Cartier-Bresson travaillait avec… un 50 mm.
- Spécialisée : deux boîtiers, les focales précédemment citées et quelques objectifs à la vocation plus affirmée. Les amateurs de photo animalière remplaceront le multiplicateur par un vrai 400 mm. De même, si vous aimez mettre en images les insectes et les végétaux en gros plan, optez pour une véritable optique macro, ou encore pour un grand angle à décentrement, très utile en prise de vue d’architecture. Dans ce cas, mieux vaut disposer d’un second reflex qui ne servira qu’à cet usage.

Films : le juste choix

- Règles du jeu : numéro un : emportez énormément de pellicules. Numéro deux : mais seulement les sensibilités nécessaires. Conseiller une quantité ? L’un se contente d’une dizaine de photos par jour alors que l’autre grille trois films. Mieux vaut en prévoir trop plutôt que pas assez. Rien de plus frustrant que de manquer de vues à un moment crucial. D’autant que certains films sont difficiles à trouver (cas des diapos) ou ceux que vous pourriez dénicher peuvent avoir été conservés dans de mauvaises conditions. Enfin, ce n’est pas aux antipodes que vous devez prendre le risque de tester le nouvel Ektachrome ou le dernier Fujicolor. Tenez-vous en aux pellicules que vous connaissez bien en panachant un maximum de deux sensibilités.
- Films fins : ce sont ceux que vous utiliserez le plus couramment. Les émulsions ont fait de tels progrès que la finesse de restitution d’une ISO 100, d’un emploi quasi universel, vaut bien celle des ISO 25 de technologie plus ancienne. En diapo, cette sensibilité pourra toujours être poussée d’un ou deux diaphragmes en cas de besoin.
- Films sensibles : pour les scènes d’intérieur sans flash, les jours de très mauvais temps, les photos de nuit ou les images de spectacle, optez pour un ISO 400 ou 800. Ce type de pellicule doit également être recommandé aux possesseurs de compacts (de préférence en négatif).
- Noir et blanc : cerisiers en fleurs au Japon, marché aux Antilles, le voyage est tout couleur. Si malgré tout, vous souhaitez partir en noir et blanc, n’emportez qu’une ISO 400, la bonne à tout faire du reportage utilisée par les pros du monde entier.
- Conseils : les boîtes de films sont très encombrantes. Dans les pays à taux d’hygrométrie normal, débarrassez-vous des emballages en carton et des cartouches en plastique étanches et rangez vos pellicules par sensibilité dans des boîtes de diapos en prenant soin de noter la date de péremption sur la bande amorce. Pour éviter toute surimpression, rembobinez toujours entièrement le film lorsque ce dernier est complètement exposé.
- Notre bon plan : pour chaque développement et tirage, une pellicule de votre choix vous sera offerte dans les magasins Photo Service, sur présentation de votre Guide du Routard de l'année en cours. De plus vous pourrez bénéficier de 12 % de réduction sur tous vos travaux photos. Ces avantages vous resteront acquis pendant 1 an. Pour plus d'infos cliquez ici Photo Service.

Accessoires : le bric-à-brac du voyageur

La sacoche du photographe migrateur est remplie de trucs et de bidouilles nécessaires ou superflus. Inventaire à la Prévert :
- Entretien : une peau de chamois, une poire aspirante munie d’un pinceau et du papier optique, voilà pour l’essentiel. Au quotidien, contentez-vous de dépoussiérer les lentilles frontales et l’oculaire de visée avec le pinceau et passez un papier optique sec sur les taches grasses (empreintes digitales). Après quelques jours, complétez ce nettoyage avec un papier humide et un coup de chiffon sur le boîtier. Si vous partez dans le désert, n’oubliez pas l’intérieur du dos car le moindre grain de sable risque de rayer toutes vos photos.
- Filtres : il vaut mieux ne pas s’en encombrer. Un filtre à effet ne sauvera jamais une image mal composée ou mal éclairée. Et le classique anti-UV souvent conseillé pour protéger votre objectif détériore toujours sa qualité optique. Choisissez donc plutôt un bon pare-soleil rigide et un bouchon. Seul modèle réellement indispensable : le polarisant qui accentue le bleu du ciel dans les pays ensoleillés et réduit les reflets à la surface de l’eau ou dans une vitrine, ainsi que le voile atmosphérique sur les vastes panoramas. Enfin, pour photographier en intérieur sans flash, un Wratten 80 A corrigera la dominante rouge des ampoules (ou lampes à huile) domestiques.
- Flash : les modèles récents gèrent (plutôt bien) automatiquement l’exposition et sont donc très simples d’emploi. Si la lumière délivrée provoque des ombres très marquées, il est des situations où l’on ne peut pas s’en passer. Utilisateur occasionnel, vous vous contenterez du flash incorporé. Mais si vous souhaitez un éclairage plus élaboré, n’hésitez pas à investir dans une torche puissante (nombre guide d’au moins 32 pour ISO 100) que vous compléterez par un diffuseur (type Lumiquest) ou que vous exploiterez en indirect en envoyant l’éclair sur un mur ou un plafond blanc. Il faut aussi ajouter qu’un flash, guère discret, est souvent perçu comme une véritable agression par le sujet qui se fait enlever son image de façon aussi… éclatante. N’oublions pas qu’il bouleverse totalement l’ambiance lumineuse de la scène photographiée, si bien que l’on est toujours surpris du résultat. On pourra donc décider de s’en passer et choisir un film plus sensible, de l’ordre de 1 000 à 3 200 ISO. Davantage de grain, certes, mais une photo certainement plus naturelle.
- Piles : rageant de tomber en panne de pile en plein cœur de l’Himalaya ! Prévoyez donc (très) large. Les accus au lithium sont plus efficaces au froid et ont une durée de vie plus longue, mais ils sont très difficiles à dénicher à l’étranger. En revanche, les classiques piles bâtons LR6 (ou AA) qui alimentent tous les postes de radio du monde sont souvent disponibles dans le plus éloigné des general stores. Un critère dont vous pourrez tenir compte au moment de l’achat d’un appareil photo.
- Polaroid : son utilisation est à double tranchant. Dans une région peu touchée par le tourisme, il représente effectivement un extraordinaire moyen de communication. Mais il faut l’employer à bon escient. Car lorsque vous aurez donné un tirage à un enfant, le risque est grand de voir débarquer une horde de gamins vous en réclamant d’autres. Et chaque photo Polaroid coûte (très) cher… Quant aux pays plus courus, la magie de l’homme blanc y a fait son temps. Mieux vaut donc prendre l’adresse de ceux dont vous avez tiré le portrait afin de leur envoyer une épreuve dès votre retour (à condition de vraiment le faire !).
- Trépied : les vrais amateurs ne s’en passent à aucun prix. Pour les scènes d’action, il aide à stabiliser un lourd téléobjectif. En paysage, il permet d’obtenir une plus importante profondeur de champ (f/22 au 1/4 s par exemple), de peaufiner un cadrage, d’utiliser des films plus fins ou de déclencher la nuit. Évidemment, cet accessoire est (très) lourd et ne doit être envisagé que si vous partez avec un véhicule. Les randonneurs pédestres peuvent toutefois choisir un modèle de poche avec une minirotule, comme le Manfrotto 809-342 (mais surtout pas un monopode).
- Et encore… déclencheur souple, couteau suisse, bout de ficelle destiné à remplacer une courroie cassée, petite radio FM pour prendre la météo en anglais, sifflet pour appeler au secours ou attirer l’attention, boussole pour connaître la direction du soleil, altimètre, costume et cravate en cas de réception imprévue, jumelles, lampe de poche, cartes géographiques (indispensables), guide, carnet de notes, magnétophone, ordinateur, pharmacie, montre, talkie-walkie, papier essuie-tout, sacs plastique, chiffon, atlas, table horaire, etc. N’emportez pas tout, mais n’oubliez pas de consulter ce pense-bête au moment de la préparation de vos bagages…

Le bagage du photographe

- Portage : sacoche souple ou rigide, veste multipoches, sac banane, que choisir ? Tout dépend de votre destination et de votre manière de voyager. La valise garnie de mousse, très peu pratique, ne se justifie que pour les photographes motorisés empruntant des itinéraires mettant le matériel à rude épreuve (safaris animaliers, pistes défoncées, etc.). Un modèle étanche peut cependant s’avérer nécessaire sur un bateau ou dans le désert. Quoi qu’il en soit, vous devrez impérativement le compléter par un autre bagage. Si vous utilisez des moyens de transport « communs », la sacoche souple permet de ranger beaucoup de choses. Elle est de toute façon très utile, ne serait-ce que pour prendre l’avion. Achetez un grand modèle afin d’y caser tout votre équipement (actuel et à venir) ainsi que deux ou trois livres ou magazines. Dans les autres cas (moto, pirogue ou dos d’éléphant), l’association veste multipoches et sac de ceinture est idéale pour loger un reflex, deux optiques et quelques accessoires sans être gêné dans ses mouvements. Mais ce genre de harnachement doit être proscrit à Rio ou dans le Bronx car il ne passe pas inaperçu.
- Efficacité : ceux qui auront opté pour la dernière solution, rangeront toujours les mêmes choses aux mêmes endroits. Si vous avez l’habitude de chercher vos clés dans votre blouson, imaginez ce que cela donnera avec vingt-deux poches… Dans une sacoche, placez les objets les plus utiles (objectifs et pellicules) sur le dessus. Rares sont les lieux où l’on ne peut pas garder l’appareil autour du cou. Mais si vous vous promenez dans les souks ou le long des avenues animées de Bangkok, n’oubliez pas de fermer votre bagage afin d’éviter les tentations.

Embarquement immédiat

- Enregistrement : votre matériel photo ne doit jamais aller en soute car les risques de perte, de vol, de déroutage ou de détérioration sont trop grands. Les machines à rayons X sont inoffensives pour vos films. Sauf dans certains petits aéroports, et si vous cumulez les doses en multipliant les escales ou en voyageant à plusieurs reprises avec les mêmes films (ceux que vous n’aviez pas terminés lors d’un précédent déplacement). Utilisez donc ces arguments (et votre plus beau sourire) pour tenter de les passer en contrôle visuel dans un sac en plastique transparent. Autre truc : les appareils de sécurité étant généralement garantis sans effet jusqu’à ISO 1000, rangez vos pellicules dans des boîtes d’ISO 3 200 (souvent efficace dans les pays où la langue est un frein au dialogue diplomatique).
- Là-haut : gardez votre boîtier à portée de la main. La banquise au crépuscule, la mer de nuages sur les Andes ou les lagons polynésiens vus du ciel méritent une photo. À l’enregistrement, vous demanderez donc une place éloignée des ailes et opposée au soleil pour éviter le contre-jour. Plaquez le zoom contre le hublot, ouvrez le diaphragme au maximum et déclenchez en automatique. La vitre sale n’arrangera certes pas la qualité de votre optique, mais mieux vaut une image un peu douce que pas d’image du tout.




 



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