En moto

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Les voyages à moto ne sont plus une aventure. La fiabilité des machines, leurs excellentes aptitudes (pour les trails) à affronter toutes les difficultés imaginables mettent désormais à la portée de beaucoup les continents lointains. Parallèlement à l’évolution des machines, les équipements ont eux aussi progressé, utilisant désormais les matériaux les plus sophistiqués pour vous protéger du froid, de la pluie et des chutes. Un long voyage ne s’improvise cependant pas. Du choix de votre machine à la répartition des bagages ou la préparation de la partie cycle, il convient de prendre le temps de ne rien négliger, la piste ou la route vous le ferait payer à un mauvais moment. Le monde tend les bras aux motards épris de liberté. Faites des économies, offrez-vous une moto et lancez-vous. Vous ne pourrez pas être déçu !

Quelles motos pour voyager ?

Certains vous diront que l’on peut faire le tour du monde à moto. Pourquoi pas ? Encore faut-il avoir beaucoup de temps… Toutes les motos ne sont pas taillées pour le voyage, il faut le savoir. Les super-sportives, les sportives, les machines de grand tourisme, par exemple. Trop typées, elles ne pourront s’adapter facilement aux imprévus que vous rencontrerez. En fait, seuls les trails peuvent merveilleusement conjuguer les avantages du dromadaire et du pur-sang.
Dans la vaste gamme des trails actuels, les modèles japonais ont tendance à bénéficier d’une meilleure finition. Que ce soit chez Honda, Yamaha, Suzuki ou Kawasaki, vous aurez le choix entre différentes cylindrées. Il faut oublier les 125 cc, trop fragiles. Si vous souhaitez malgré tout utiliser un petit cube, évitez les trails au moteur deux-temps, trop fragiles quand il est confronté à de la mauvaise essence, et réclamant, de par leur consommation, une capacité d’essence trop importante. À partir de 250 cc, vous trouverez quelques motos destinées aux raids ou voyages (Yamaha 250 TTR, Suzuki DR 350, ou encore Cagiva T4 350).
Si vous souhaitez partir loin et longtemps, optez plutôt pour une moto d’au moins 600 cc, offrant un rapport performance-consommation remarquable. Là, le choix est vaste (Honda Dominator, Yamaha XTZ 660, Suzuki DR…) ; toutes ces machines voient chaque année ou presque leurs cylindrées augmenter. Ces machines équipées d’un moteur monocylindre sont fiables. Elles sont directement dérivées des machines des rallyes africains et ont fait leurs preuves. Outre le fait de bénéficier d’un moteur monocylindre, ces motos relativement simples de conception, donc simples d’entretien, peuvent facilement se voir adapter des réservoirs de grande capacité (15 l et plus), sabot de protection moteur, fourche et amortisseurs plus performants. Elles représentent donc le meilleur choix.
Depuis quelques années, une seconde génération de trails a vu le jour : Yamaha Super Ténéré, Kawasaki KLE, Honda Transalp ou Africa Twin, Cagiva Elefant, BMW Paris-Dakar… Ces motos sont équipées de moteurs bicylindres, plus robustes, plus puissants mais plus complexes et plus lourds. Ce sont des motos qui correspondent mieux à un usage routier mais qui peuvent éventuellement emprunter des pistes. Attention, des pistes mais pas des passages accidentés demandant éventuellement de pousser la moto ! Elles sont bien trop grosses pour cela.
Pour cerner exactement vos besoins et comparer les différentes machines du marché, vous pouvez acheter Moto Verte, Moto Crampons, Moto Revue ou Moto Journal qui font régulièrement paraître des comparatifs des différents trails. Une fois votre choix fait, attendez le moment du Salon pour acheter, non pas le modèle à venir, mais celui de l’année.

À propos du moteur

Si vous partez loin, offrez-vous une moto neuve. Vous éviterez d’éventuels problèmes. Si vos moyens ne vous permettent que l’achat d’une moto d’occasion, éliminez de votre choix celles qui ont déjà roulé sur les pistes et celles équipées d’un kit augmentant la cylindrée et la puissance. Même si vous achetez votre machine à un particulier, vous pouvez, moyennant quelques centaines de francs, faire vérifier l’état du moteur chez un professionnel. Un bon investissement ! Les moteurs actuels sont performants et fiables d’origine. Ne touchez donc à rien de ce côté.
Un excellent rodage est une chose importante. Pendant les 3 000 premiers kilomètres (si la moto est neuve), roulez tranquillement, sans solliciter le moteur, en accélérant progressivement. Il faut vidanger le moteur au bout de 1 000 km (toujours avec une excellente huile) et nettoyer le filtre à air. Par la suite, surtout si vous roulez en groupe et donc dans la poussière de quelqu’un, il faudra nettoyer chaque jour le filtre à air et vidanger, selon la qualité de l’huile, le moteur tous les 3 ou 4 000 km. Sur route, vous pourrez porter ce chiffre à 5 000 km.
Suivant les pays que vous traverserez - froids ou chauds - il vous faudra monter ou descendre d’un point l’indice thermique de vos bougies et prévoir un éventuel filtre à essence pour retenir les impuretés qui pourraient boucher votre carburateur. Votre concessionnaire vous sera sur ce point d’un bon conseil.
Chaque jour, tout comme pour la partie cycle, il est bon de faire le tour de votre moteur et de vérifier l’état des joints, de surveiller d’éventuelles fuites… Prenez également chaque jour le temps de faire chauffer votre moteur avant de partir. Les quelques minutes perdues ne sont rien par rapport à une casse due à un mauvais traitement.
Dernier point, surtout si vous achetez une moto d’occasion, informez-vous des opérations mécaniques prévues par le constructeur, que vous devez régulièrement effectuer (chaîne de distribution à 30 000 km pour les gros monocylindres…), de manière à vous faire expédier au bout du monde les pièces de rechange. Lors d’un tel travail, quel qu’il soit, prenez le soin de changer systématiquement tous les joints. Une petite dépense qui vous mettra à l’abri de bien des complications.

La préparation de la partie cycle

Tout comme le moteur d’une moto neuve, une partie cycle doit être rodée, permettant à toutes les pièces mécaniques de bien s’emboîter. Au bout de quelques centaines de kilomètres, il convient de resserrer aussi bien les rayons des roues que toute la visserie de la machine.
Si vous achetez une moto d’occasion, vous devez vérifier que le cadre n’est pas faussé (faire rouler la moto dans la poussière ou dans du plâtre ; les traces des roues avant et arrière doivent être alignées). Vérifiez également qu’il n’a pas été soudé. Une moto ayant roulé en tout-terrain aura, à coup sûr, souffert. Mieux vaut éviter.
Avant votre départ, pensez éventuellement à échanger l’amortisseur d’origine contre un modèle performant (Ohlins) et faites vidanger la fourche en l’adaptant à votre chargement et aux terrains que vous allez rencontrer. Contactez un professionnel, de préférence.
Prenez le temps d’assurer toute la visserie par une petite goutte de Loctite qui empêche les vibrations de desserrer la boulonnerie. Utilisez des écrous Nylstop.
Assurez le sélecteur et la pédale de frein au cadre au moyen d’un petit câble d’acier. S’ils se desserrent, vous ne les perdrez pas !
Soignez également le passage des câbles en les protégeant éventuellement de la chaleur par des feuilles d’amiante. Il est inutile d’installer des graisseurs au niveau de l’articulation du bras oscillant ; en revanche, il ne faut pas oublier d’y introduire régulièrement quelques coups de pompe à graisse. L’achat d’un gros sabot de protection moteur est un bon investissement. Prévoir un trou pour desserrer le bouchon de vidange moteur.
De même, surtout si vous possédez un moteur bicylindre, investissez dans un pare-cylindre qui protégera le moteur en cas de chute. Une grille de protection de phare est également très pratique.
Autres petites modifications qui rendront bien service : une plaque d’immatriculation souple, un gros feu antibrouillard arrière pour être bien vu, même dans la poussière et un bouchon d’essence antivol.
Soignez particulièrement les points d’ancrage ou de fixation d’un éventuel gros réservoir. C’est très important. Dans la préparation de votre moto, n’ayez pas peur de faire dans le costaud. Vous ne courez pas le Paris-Dakar. Pour aller loin et revenir, votre machine doit pouvoir encaisser le pire, même les accidents.
Au niveau des roues, il faut vérifier, si vous achetez une moto d’occasion, que les jantes ne sont ni voilées ni fêlées et que la surface des disques de freins n’est pas rayée.
Lors d’un raid, le montage d’un Bib Mousse Michelin est la meilleure des choses à faire. Les mousses qui vous épargnent les crevaisons tiendront la distance d’Alger au Cap à condition que vous les ménagiez. Ne roulez pas trop vite (130 km/h maxi), freinez et accélérez progressivement. Elles supportent mal les températures élevées. Le montage de ces mousses est délicat et mieux vaut le faire chez un spécialiste du pneu.

Quel outillage emporter ?

Quelle que soit la quantité d’outillage et de pièces que vous emporterez avec vous, il vous manquera toujours quelque chose. Plutôt que de vous charger comme un baudet, partez avec une moto en parfait état et faites-vous expédier un lot de pièces (pneus, chaîne, pignon, couronne, piston, plaquettes de freins…) de temps en temps, de manière à toujours avoir une moto en bon état et voyager tranquille. Pour parer au plus urgent, vous pouvez néanmoins, dans une sacoche de plombier fixée à l’arrière de la machine emporter les éléments suivants
- manuel d’atelier de la moto ;
- levier d’embrayage et de frein et cocottes (qui peuvent être fixées sur le guidon) ;
- clé à rayon ;
- pompe, manomètre, éventuellement boîte à rustines, produit de dissolution et râpes si les pneus sont équipés de chambre à air. Lors d’une crevaison, vérifiez bien au remontage qu’il ne reste rien dans le pneu et que des rayons détendus ne sont pas à l’origine du mal ;
- pince-étau et pince multiprise. La pince-étau peut être fixée sur le cadre et maintenue par des rondelles de chambres à air ;
- démonte-pneu ;
- clé à bougie qui peut être couplée à la clé permettant de démonter la roue arrière ;
- boîte de cliquets, douilles, embouts BTR, tournevis cruciformes, plats, rallonge et cardan permettant de démonter toute la visserie de la moto ;
- lame de scie et couteau multilames ;
- lampe de poche, ou mieux, lampe frontale (celle des spéléologues, dans les magasins de sport) ;
- fil de fer, fil électrique, scotch américain et rondelles de chambre à air. De quoi rafistoler pas mal de choses ;
- ampoules et cosses ;
- filtre à air de rechange.
Pour le reste, Inch Allah !

Le pilote et son équipement

Un long voyage à moto n’est pas toujours une partie de plaisir. Entre la réparation d’un pneu au cœur de l’Afrique ou le franchissement d’une rivière en crue au milieu d’une forêt en plein hiver, la variété des difficultés est vaste. Il faut donc posséder une bonne condition physique. Avant votre départ, faites du vélo, de la natation, roulez à moto… surveillez votre alimentation, n’abusez ni des graisses, ni de l’alcool. Si vous empruntez un peu de piste, si vous allez en Afrique, par exemple, optez pour un casque intégral de cross, permettant une excellente aération. Vous y adjoindrez d’excellentes lunettes de cross (Scott, Oakley, Rod, JT, Swans) et un demi-masque protégeant le nez de la pluie, des arbustes et des projections. Si vous ne faites que de la route et que vous craignez le froid, prenez un casque intégral (Shoei, Araï, FM, Bieffe, Nava…). Un casque de bonne qualité, qu’il s’agisse d’un intégral de cross ou d’un intégral de route, coûte très cher. C’est votre seule protection, alors ne mégotez pas. Évitez les « jets » qui ne protègent pas la mâchoire et les écrans fumés qui abîment les yeux. Préférez-leur une bonne paire de lunettes de soleil achetée chez un opticien. Par contre, pour les lunettes complétant le casque de cross, prenez quelques écrans de rechange. L’idéal est d’en avoir deux paires. Une pour rouler en plein soleil (verres teintés) et l’autre pour le matin, tôt, et le soir (verres transparents).

Même sous le soleil, conservez votre équipement. Il est désormais possible de s’offrir des équipements adaptés à toutes les conditions météo, grâce à l’emploi de Gore-Tex, Kevlar, Macrolon, alliant confort du pilote, protection contre la pluie et le froid et protection face aux chutes. Comme pour les casques, de tels équipements disponibles chez Dainese, Roxy Motomod, Furygan… coûtent cher, mais dureront très longtemps. Suivant votre destination, une combinaison de pluie, légère, pourra compléter cet équipement. Si la pluie n’est qu’occasionnelle, les bons vieux sacs poubelles enfilés sur les vêtements feront bien l’affaire. Pour la route comme pour des raids en tout-terrain, les bottes de cross demeurent ce qui se fait de mieux pour ceux qui voyagent loin. Alpinestars, Sidi, JT proposent des modèles très souples et très confortables. Attention, prenez des modèles enduro aux semelles crantées, plus accrocheuses que les cross lisses.

L’achat d’une ceinture de maintien pour les reins est obligatoire. Il en existe de nombreuses. Là aussi Roxy, JT… et tous les fournisseurs d’équipement de tout-terrain en proposent de très performantes. Dernier achat indispensable, des gants de cross, très pratiques, souples et protecteurs. Vous pourrez éventuellement leur adjoindre une paire de gants de vaisselle (eh oui !), très amples, en cas de pluie.

Lorsque vous roulez, pensez aux éventuels insectes. Protégez-vous le cou, en fermant votre veste ou en mettant un foulard. Ne roulez jamais sans casque, sans gants et en short !
Comme votre moto, vos équipements doivent être rodés avant votre départ, que ce soient les gants, les bottes ou autres.

La pharmacie

Selon les pays traversés, vous ne trouverez peut-être pas facilement une pharmacie. Voici un minimum de produits médicaux bien utiles :
- compresses stériles ;
- antiseptique cutané : Betadine jaune, Hexomedine… N.B. : Il existe des compresses imprégnées d’alcool à 70o, d’arnica (pour les contusions)… donc directement utilisables : Pharmadose ;
- bandes de gaze, pansements, Elastoplast pour les ampoules, bandes de contention (pour les entorses), compresses Coalgan pour stopper les saignements (plaies superficielles, nez) ;
- pansements gras, Biafine crème, en cas de brûlures ;
- collyre antiseptique (Biocidan) ;
- antidiarrhéique (Imodium) sur ordonnance, ou un verre de Ricard pur ! En cas de diarrhée, pensez à boire du Coca pour réhydrater l’organisme ;
- antiseptique intestinal (Ercefuryl, sur ordonnance) ;
- antalgique : Doliprane, Efferalgan, aspirine. En cas d’entorse, par exemple, préférez l’aspirine qui présente des propriétés anti-inflammatoires ;
- pastilles de sel pour le désert ;
- désinfectant de l’eau de boisson : Hydroclonazone, Micropur ;
- écran total solaire.

Voyager en moto-train

Cette formule permet de voyager dans le même train que sa moto. Le coût varie selon la période de départ, la bleue restant la plus favorable. Un service gratuit de parking existe pour 24 h. 

Les 10 commandements de Cyril Neveu pour bien voyager en Afrique

Cyril Neveu est à la fois organisateur du rallye de Tunisie, recordman de participation moto au Paris-Dakar, qu’il a remporté cinq fois, et passionné par les voyages et l’aventure. Autant de raisons d’en faire votre professeur. Il vous livre ses 10 conseils pour bien voyager en Afrique.
1. Ne roulez jamais de nuit. C’est une règle qu’il ne faut pas enfreindre, même sur le goudron qui est très dangereux en Afrique, du fait de son état moyen. La nuit, vous trouverez sur votre chemin des voitures, cyclomoteurs, vélos sans lumière et vous risquez de percuter des animaux.
2. Faites justement attention aux animaux, surtout au lever et au coucher du soleil. Ils traversent n’importe où et leur contact se termine toujours mal pour le pilote et sa moto.
3. Levez-vous tôt, vers 5 h, de manière à pouvoir partir vers 6 h et profiter pleinement de la journée. De plus, à cette heure matinale, l’Afrique est superbe. En partant tôt, on roule à la fraîche, c’est agréable (pour le moteur aussi), cela laisse du temps pour réagir avant la nuit en cas de problème. Enfin, cela permet de s’arrêter vers 13 h. À cet instant, le soleil est haut, éblouissant, et il empêche le motard de voir le relief. Il faut donc mettre à profit cet arrêt pour se reposer.
4. Aménagez le chargement de votre moto intelligemment en pensant à mettre dans un petit sac vos affaires les plus précieuses que vous emporterez toujours avec vous. L’occasion fait le larron. Un sac un peu sale tentera moins les voleurs qu’un modèle fluo…
5. Ne quittez jamais la piste principale.
6. Munissez-vous d’une boussole que vous mettrez autour du cou et faites régulièrement le point pour ne pas perdre le nord. Il est également facile de se repérer avec le soleil. Si vous prenez un cap à 180o plein sud et que le soleil est à votre droite, faites en sorte qu’il le soit toujours. Si vous devez faire du hors piste, ce qui est fortement déconseillé, roulez au pas, le danger est omniprésent.
7. Ne partez jamais seul. S’il vous arrive le moindre problème, vous serez beaucoup plus vulnérable. Si cela est possible, faites-vous accompagner d’un 4x4 qui emportera de l’eau et de l’essence en quantité largement suffisante pour vous permettre le droit à l’erreur. À ce sujet, dès que vous pouvez faire le complément d’essence, n’hésitez pas. C’est une denrée relativement rare en Afrique et il vaut mieux être prévoyant surtout si vous devez rouler dans du sable mou.
8. Équipez-vous comme si vous participiez à un rallye. Il existe différents équipements adaptés à la compétition (Dainese) qui protègent les épaules, les coudes, les avant-bras et le dos. Ces équipements intègrent également des pare-pierres et des gourdes d’un litre ou deux permettant de boire en roulant, par l’intermédiaire d’une pipette. Il est sûrement plus grisant de rouler en tee-shirt et sans casque mais, en cas de chute, c’est beaucoup moins protecteur… Pensez avant de partir à vous faire vacciner contre le tétanos.
9. Soyez cool, que ce soit avec les commerçants, les douaniers, ne vous énervez pas, même si les choses ne vont pas très vite. Respectez le mode de vie des populations qui vous accueillent. L’Afrique est une école de patience. Ne l’oubliez jamais.
10. Soyez débrouillard. Les motos actuelles sont fiables. N’ayez pas peur de partir. On arrive toujours à se débrouiller, que ce soit pour manger, dormir, trouver un peu d’essence. Achetez une carte Michelin, ce sont les meilleures. Renseignez-vous avant de traverser de vastes étendues. Signalez votre départ à la police, prenez le temps de vérifier l’état de votre moto. L’Afrique et surtout le désert sont un peu comme la mer et ses traversées. Toute erreur est facturée.

Les bagages et leur chargement

Au moment de trier vos affaires pour partir, souvenez-vous qu’un petit sac de lessive remplace avantageusement 3 jeans et 10 tee-shirts !
Il fut un temps où les aventuriers fabriquaient leurs réservoirs, porte-bagages… cette époque est un peu révolue. Il existe d’excellents équipements chez les professionnels. Profitez-en.
Si malgré tout vous fabriquez votre porte-bagages évitez l’aluminium au profit de l’acier. Celui-ci pourra être ressoudé aux quatre coins du monde par n’importe quel artisan. Votre porte-bagages doit reposer en partie sur des jambes de force situées au niveau des repose-pieds, de manière à renforcer l’ensemble.
Un chargement idéal doit permettre une bonne répartition des charges. La réalité ne permet pas de faire ce que l’on veut. Il faut donc partir de l’arrière. Sur votre solide porte-bagages, fixez une grosse cantine en aluminium, autour de laquelle vous pourrez installer soit des valises, soit des jerricanes d’eau ou d’essence. Vous pourrez éventuellement mettre sur cette cantine votre tente ou votre duvet et des objets légers.
Si vous préférez un gros sac aux cantines, fixez-le solidement aux moyens de tendeurs (type sandows), emballez-le éventuellement dans un grand sac poubelle pour le protéger de la pluie.
Quel que soit votre choix, mettez toujours les objets lourds à la base du porte-bagages et ne mettez rien de fragile sur les côtés du sac. En cas de chute, ils seraient trop exposés. Si vous devez emporter bon nombre d’affaires, vous pouvez également acheter des sacoches cavalières qui prendront place de part et d’autre de la moto, derrière vous. Vous y mettrez vos affaires les plus importantes ou celles que vous utiliserez le plus souvent, de manière à ne pas avoir à tout décharger chaque fois.
Pour ceux qui ne peuvent partir sans leurs nounours, collection de livres de poche, il est possible de rajouter à ce chargement une sacoche-réservoir. Il en existe de très nombreuses, tout comme les sacoches cavalières. Elles permettent d’y fourrer appareil photo, baladeur, papiers, carte, bougie, médicaments…. Bref, un truc très pratique qui se démonte rapidement de la moto. Enfin, outre votre veste multipoche, vous pouvez également vous offrir soit un petit sac à dos soit une grosse sacoche banane qui se fixe autour de la taille ou les deux. Vous y mettrez votre argent, vos papiers… ce qui vous tient le plus à cœur. Ne chargez pas trop le sac à dos, vous risqueriez de mettre à rude épreuve votre dos et vos épaules.
Une fois que vous avez opté pour des solutions, prenez le temps de vérifier si le pot ne brûle pas les sacoches cavalières et si la sacoche réservoir ne gêne pas le rayon de braquage… Faites un essai avec tous vos bagages remplis. Un essai suffisamment long pour rectifier les éventuels problèmes. N’oubliez pas d’adapter la suspension au surcroît de poids. Prévoyez aussi les chargements-déchargements fréquents. Il y a toujours moyen de gagner du temps en réfléchissant aux passages des sangles.
Dernier conseil : prenez le temps de ranger chaque jour méticuleusement vos affaires, toujours dans le même ordre. Vous y gagnerez !



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